‹ Contes populaires dAfriqueChapitre 5 sur 107 · LA LEÇON DE MODESTIE · texte numérisé non relu

LA LEÇON DE MODESTIE

(L y avait àCharous un cultivateur qui récoltait beaucoup de blé; après le dépiquage, il mettait son grain en tas et le laissait surplace tout l'été pour faire parade de sa fortune, s'imaginant que personne ne l'égalait. Les habitants des ruines de Selamat qui était à une journée de marche, pouvaient, de chez eux, voir le grain entassé. Une fois,

(1) La région montagneuse du DjebelKefousa s"éiend au sudest de Tripoli dans la direciion de la Tunisie. La population berbère qui l'habite a conservé sa langue et ses doctrines schismatiqaes.

(2) A. de Motylinski, Le Djibcl Nefousa, Paris, E. Leroux. 1898-99, in-8, p. 98-99.

l6 CONTES POPULAIRES d'aFRIQUE

l'homme au blé vint chez le propriétaire du grand moulin à huile et y passa la nuit. Celuici dit à ses nègres :

— Vous allez atteler les chameaux tous ensemble; vous remplirez à la fois tous les paniers et vous ferez descendre d'un seul coup les sept pressoirs.

Au petit jour, les nègres firent ainsi pendant que l'hôtedormait. Quand tous les pressoirs du moulin furent à la fois en mouvement, l'huile descendit avec force en un seul ruisseau et remplit la cuve en grondant comme une rivière.

— Quelle est donc la rivière qui coule ainsi ? dit l'homme au maître du moulin.

— Dors, répondit celui-ci ; ce n'est rien: ce sont seulement les nègres qui ont fait marcher les pressoirs.

Notre homme se leva alors, et revenu chez lui, dit aux siens :

— Ce que nous possédons, nous, n'est rien. A partir de ce jour, il ne laissa plus son blé

dehors.

b) Berbère de Tunisie (i)

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