II. — Djiïrba
CE QUE DEVIENNENT I.ES VIEILLES LUNES (l)
Kn^^n jour lah'med Ou Sliman n Imiladen N|2tj}( suivait un chemin quand il rencontra '*^^'^ un berger qui faisait paître des brebis. Voyant qu'il avait une outre de lait aigre sur ses épaules, il s'approcha de lui.
— Es tu taleb ou non ? lui demanda le berger.
(i) A. de Mûtyliiiski, D/ii/cwiii et texies en di.decle di Djcrba. Paris, 1898, iu-8, p. 24-27.
Il répondit que oui parce qu'il avait soif et voulait boire du lait.
— Eh bien, lui dit le berger, je vais t'interroger sur une question. Si tu me réponds, je te donnerai un agneau ; si tu ne me réponds pas, je te tuerai avec ce bâton comme ces gens que tu vois qui sontdéjà morts.
— Parle-moi, répliqua lah'med, je te répondrai.
Le berger lui dit :
— Dis-moi comment il se fait que la lune, la première nuit, apparaît comme un cheveu, puis augmente chaque nuit jusqu'à devenir grande comme une grosse meule de moulin, puis diminue, et, après être redevenue telle qu'elle était, s'enfuit loin de nous, si bien que nous ne la voyons plus jusqu'à ce qu'il en vienne une autre. Où va cette ancienne lune r
Lorsque lah'med entendit les paroles du berger, il lui dit :
— O ignorant! tu ne sais donc pas qu'on la pile en petits morceaux pour en faire des étoiles!
— Bien parlé, répliqua le berger : et il lui donna ce qu'il lui avait promis : un agneau et du lait aigre.
c) Berbère d'Algérie.