‹ Contes populaires dAfriqueChapitre 99 sur 107 · XCVI. — HOVA · texte numérisé non relu

XCVI. — HOVA

LE CHAT SAUVAGE ET LE RAT (l)

[E chat sauvage et le rat jouaient ensemble; le rat gardait la maison ; le chat était chasseur. Le chat était absent à la chasse, et le rat avait creusé un trou dans la terre, mais

(i) Dahle, Sprchnciis nf Malngiisy Fi7/.' /o;r, Antananarivo, A^ Kingdon, 1877, in-S, p. 301-302.

le chat ne comprenait pas l'idée du rat. Alors ils se consultèrent et délibérèrent de voler un bœuf.

Ils partirent pour aller voler et ils trouvèrent un bœuf bien gras. Mais le rat fut dépouillé par le chat qui prit la viande pour lui et lui donna les os. Quand tous deux eurent mangé, il restait encore une grande quantité intacte. Le rat demanda un peu de viande, mais le chat ne lui en donna pas ; il ne lui donnaque la peau. Alors le chat coupa le reste de la viande, le sala, le cousit dans un panier, le pendit pour sécher après le montant de la porte et s'en retourna à la chasse.

Lorsque le chat fut parti à la chasse, le rat fit un trou dans le panier et mangea chaque bouchée de viande. Quand le chat revint de lâchasse, il dit:

— Je vais chercher de la viande pour mon souper.

Mais quand il eut descendu le panier, on n'y voyait plus rien. Il fut extrêmement fâché et poursuivit le rat, mais celui-ci courut dans le trou qu'il avait fait et échappa ainsi. Alors il maudit le rat et dit :

— Tant que ma race durera, les rats devront être dévorés par les chats.

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LES VAZIMBA ( l)

|Es gens se levèrent pour se divertir sur le bord de la mer et prirent l'animal ap- ^■^^^ pelé Fananimpetolaha (hydre à sept têtes). Ils passèrent près du serpent appelé Tompodrano et un Vazimba l'envoya en message, disant :

— Va dire à mes parents : voici ce que dit Ravazimba. votre fils ; je suis descendu sous l'eau et je vous envoie saluer; envoyez le sang de quelque créature vivante, avec ses pieds, sa fourrure et sa graisse : si vous le faites, vous serez béni.

Le serpent se mit en route.

C'est pourquoi ces serpents sont appelés par quelques-uns Tampodrano (seigneur de l'eau). On pense que les Vazimba avaient du pouvoir sur eux et rarement on trouve quelqu'un d'assez hardi pour tuer ces reptiles.

Quelque temps après, le Vazimba envoya le Vintsy (petit oiseau bleu) à ses parents en disant :

— Salue nos parents pour moi et dis-leur :

(l) Dahle, Spécimens of Sinlagasy Fvlh-lore, Ant.i!ianarivo, A. KingdoD, 1877, iii-f^, p 294-Z93.

Voici ce que dit Ravazimba : envoyez-moi des poules et une brebis.

Lorsque le Vintsy eut transmis ce message, il retourna vers Ravazimba qui lui dit:

— Puisque vous avez été diligent et sage, Je vous confère un honneur; je placerai sur votre tête une couronne de gloire et je vous revêtirai de bleu jour et nuit. Quand vous aurez des petits, je les élèverai, et ceux qui voudront vous tuer, je les tuerai dans leur jeunesse.

C'est là, croit-on, l'origine de la beauté de cet oiseau et c'est pourquoi nous trouvons toujours son nid sur le bord de l'eau. Jusqu'à ce jour, il n'y a pas beaucoup d'hommes assez hardis pour tuer ou pour manger le Vintsy : quelques-uns croient à ce conte et témoignent beaucoup de respect au petit oiseau appelé Vintsy.

Beaucoup d'habitants de l'Imérina implorent les Vazimba, disant :

— Si vous vouiez me faire prospérer ou me guérir de ma maladie, ou si mes enfants ou ma femme ont des descendants, je vous révérerai, je vous oindrai d'onguent et j'égorgerai des moutons et des poules pour vous les offrir.

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