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principaux conteurs par moi consultés. À mesure qu'ils parlaient, j'écrivais vite, vie, dans le dialecte natal, sauf à collationner ensuite, en attendant de traduire, avec un parti pris de fidélité brutale.
De 185$ à 1667, je recueillis patiemment, sans rien publier, bornant alors mes recherches el mon ambition aux anciens comtès de Fezensac, d’Armagnac, d'Astarac, de Pardiac, de Gaure, de lPIsle- Jourdain, aux vicomtès de Lomagne, de Fezensazuet et de Gimoëz, dont l’ensemble correspond à peu près au département actuel du Gers, un moment appelé le Département d'Armagnac, quand on créa les circonscriptions nouvelles, en 1789.
Mon premier essai, cantonné dans ces limiles, parut, je l'ai déjà dit, en 1867, sous le titre de Contes et Proverbes populaires recueillis en Armagnac. En faisant imprimer à peiit nombre ces textes gascons intraduits, j'aspirais uniquemeni à provoquer des communications et des critiques profitables, tout en pressentant le goût d’un public encore fort peu nombreux.
Le succès dépassa mon attente. Mes compatrioles atlestèrent unanimement ma pleine sincérité. En France, comme à l'étranger, des érudits de première compétence me sommèrent obliseaminent d'activer e! détendre mes recherches. Mais je tenais à ne {ruvailler qu’à loisir. C’est pourquoi mes Contes populaires recueillis en Agenais, traduction française ei
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texte agenais, avec gloses magistrales, de M. Reinhold Kôhler, ne parurent qu’en 1874 (1).
Peu de temps avant celte époque, je tenais encore à borner à peu près mes recherches comme j'ai dit. Mais je cherchais déjà des variantes de faits pour mes contes, dans les règions limitrophes de mon premier domaine, dans les Landes, le Béarn, la Bigorre, le Comminges, le pays de Rivière-Verdun, surtout dans lP’Agenais, le Baxadais, le Condomois et le Bruilhois.
(x) Voici la liste des autres essais, tirés à fort petit nombre, par lesquels je me suis lentement préparé à donner enfin le présent recueil, L'Homme de toutes couleurs, #raduction française d’un conte gascon publié dans la Revue de l’Agenais de 1875, p. 448 et suiv. — Trois contes populaires recueillis à Lectoure, #r«duction française et texte gaseon, em paiois de Lecioure, broch. in-8°. Bordeaux, 1877. — Trois nouveaux contes recueillis à Lectoure, #raduction française, broch. in-8°. Agen, 1880: — Scize superstitions populaires de la Gascogne, #raduction française, broch. in-8°. Agen, 1881. — Deux contes populaires de la Gascogne, /raduction française, broch. in-8°. Agen, 1881. — Quatorze superstitions populaires de la Gascogne, traduction française, broch. in-80. Agen, 1882. — Ces essais avaient surtout pour but de provoquer, de la part des juges compétents, des communicalions et des criliques profitables. Les Contes et Proverbes populaires recueillis en Armagnac (1867) fixent d suffisance l’élat actuel du patois d’'Auch, et les Contes populaires recueillis en Agenais (1874), le patois de ce pays. Quant au langage de ma ville natale, il se manifeste surabondamment dans les Trois contes populaires recueillis à Lectoure, et dans mes Poésies populaires de la Gascogne. Ces deux dernières publications, et les Contes populaires recueillis en Agenais permettent aux romanistes de juger de mes aptitudes de traducteur.
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Je trouvai, dans ces contrées, des indications nouvelles, qui me permirent bientôt de suivre et d'atteindre, sur mon domaine originel et restreint, absolument toutes les variantes récollées des régions voisines,
En même lemps, je rapportais du dehors, et principalement de lAgenais et de ses dépendances, un certain nombre de contes que je supposais alors, et bien à tort, ne pas exister dans lArmagnac, où je devais plus tard les retrouver tous. Plusieurs de ces textes, d’abord restitués par voie de juxtaposition, se trouvèrent plus tard concorder très généralement avec les souvenirs complets de quelques vieillards.
Les grands obstacles étaient désormais aplanis. Néanmoins pour lever quelques scrupules d’inégale importance, je lus d'abord à mes confrères de la Société des Sciences, Lettres et Arts d'Agen, etje publiai ensuite les cing petits recueils de traditions, dont j'ai donné plus haut les titres.
Ces tdionnements aitestent assez, je l'espère, que je me suis préparé de mon mieux, et de longue main, à donner enfin le présent recueil. Toutes les pièces déjà publiées y ont trouvé place, sous une forme généralement identique, et parfois supérieure aux textes primitifs. Quant aux pièces jusqu'à ce jour inédites, je n’en ai irrévocablement arrêté le texte qu'après avoir épuisé les moyens d’information.
On trouvera çà et là, dans ces trois volumes, quelques termes, quelques détails un peu crus, mais