XLVII PRÉFACE
publier ce recueil. Assurément, je pourrais, tou! comme un autre, fournir, de seconde main, force gloses comparatives. Mais ce semblant de tricherie ne répugne. Tout ou rien. C’est pourquoi j'imprime mes textes sans commentaires, en attendant que mes doctes collaborateurs leur consacrent, sans long retard, une étude spéciale et distincte. Le public savant ne perdra donc rien pour atlendre; et je compte qu’il me saura gré de ne point fournir, en apparence, ce que je suis hors d'état de donner réellement.
Certes, voilà une bien longue Préface. Mais je tenais fort à présenter, jusque dans ses moindres détails, mon appareil technique et critique.
Est-il besoin d'ajouter que cette méthode se trouve entachée de maints défauts, et que je les connais niieux que personne ? Je m'abstiendrai pourtant de les sionuler; car je tiens à ne point frustrer les censeurs résolus des voluptès de la découverte personnelle. Si je resle à jamais l’obligé de la critique loyale et féconde, il y a beau temps que laure a perdu sur moi tout pouvoir. C’est pourquoi je laïsserai dire les gens nés pour tout défaire, et pour ne rien faire. Supposé, par impossible, qu’ils m'accordent leur clémence, je n’ex serai pas autrement fier.
PRÉFACE XD
La profonde, lirrémédiable pauvrelè des œuvres, marche souvent de pair avec la stricte observance des règles, bonnes contre le mal, impuissantes pour le bien. La vie, tout est la. La vie dans les créations personnelles des vrais artistes ; la vie dans les vieux récits populaires, retrouvés par les patients collecteurs. On m'a dit parfois que ce recueil compterait dans l'avenir ; car les images évoquées se meuvent et parlent comme des hommes de chair et d'os. Si c’est vrai, j'aurais tort d'en être vain; et l'honneur sera gratuit, comme le don que j'ai reçu. Quid habes quod non accepisti ?
Toujours est-il que l’impression du présent recueil, porte maintenant à huit le nombre des volumes par moi consacrés à la littérature populaire de la Gascogne. Quoi qu’il advienne des rééditions et des recherches complémentaires, le principal de ma täche est accompli.
En finissant, je remercie de grand cœur mes nombreux auxiliaires, conteurs, conseillers, et critiques. Je me déclare surtout l’obligé des censeurs malveillants, à qui je dois la concentration, la régularité de mes efforts, la perception plus nelte de mon but. Gräce à tous ces concours, comme à mon labeur personnel, je puis désormais me vanter d’avoir fait, bien ou mal, inais d'avoir fait, au moins une fois dans ma vie, selon ma tenace volonté.
C’est quelque chose. Mais, Dieu merci, je dois à