‹ Contes populaires de la Gascogne (volume 3)Chapitre 34 sur 60 · XLVI PRÉFACE · texte numérisé non relu

XLVI PRÉFACE

premier se tait, un second, puis un troisième, etc., continuent volontiers, par des narrations de même ordre. Si, par exemple, tel conteur débute par un récit de « Vengeance » ou de « Châtiment », soye^ à peu près certain que, sur ce thème, les rivaux ne manqueront pas. Pareille chose adviendra, s'il commence en parlant des « Belles persécutées », des « Niais » ou des « Gens habiles n,dun Renard », du « Loup », du « Sabbat », etc., etc.

C'est dans ces habitudes instinctives que fat pris mes subdivisions. Je n'en excepte que Us Traditions gréco -latines, rapprochées à raison des souvenirs qu'elles réveillent, et les groupes intitulés Divers, où j'ai fait entrer toutes les pièces que je ne pouvais mettre ailleurs.

Telles sont les divisions et subdivisions, pour la plupart naturelles, des nombreux éléments de ce recueil

Quant à leur distribution dans ces trois volumes, je l'ai réglée tout à la fois sur le fond et sur la forme des pièces, en partant du sublime, pour descendre jusqu'au familier.

Cest pourquoi mon premier tome est réservé tout entier aux Contes, qui, par la grandiose simplicité des données, par Vhérdisme des caractères, comme par

PRÉFACE XLVH

la hauteur du style, relèvent visiblement de l'épopée. Ce sont les Contes épiques, titre que fat longtemps repoussé, comme prétentieux, mais que j'accepte enfin, pour obéir à ceux dont je subis volontiers l'experte et amicale autorité.

Après ces textes de premier ordre, viennent d'autres Contes, mystiques pour la plupart, et dont le style, encore élevé, se retrouve très généralement dans les traditions superstitieuses. J'ai réuni le tout dans le tome II, intitulé Contes mystiques et Superstitions.

Enfin, l'uniformité du ton des Contes familiers et Récits m'a décidé à leur réserver le troisième et dernier tome. Ici, je le confesse, les lecteurs exclusivement curieux de contes de haut vol, n'auront guère contentement. Je les prie de se souvenir qu'un simple collecteur, tel que moi, est tenu de ne rien négliger de ce qui profite aux mythograploes de profession, sauf à distinguer et classer, au seul point de vue de V esthétique, les diamants de grand prix, les gemmes encore précieuses, et les pierreries plus communes.

Aux textes qui composent chacun de ces trois volumes, je comptais annexer des recherches tout à fait supérieures de mythographie comparée. Cela revient à dire que M. Reinhold Kôlûer, de Weimar, s'était chargé de cette tâche éminemment difficile, en réclamant le concours de M. Gosier, de Bucharest. Mais les gloses promises ne sont pas encore complètement rédigées, et mon éditeur est plus impatient que moi de

Page 1