LA PEYRE-LONGUE DE SAINTE-COLOMBE
Sainte-Colombe, il y a une autre Pierre longue (menhir), sur la rive gauche du Laudon, et à gauche du chemin qui relie Saint-Sever à Hagetmau. Certains disent qu'une fée aurait déposé là cette pierre, qui saute sur elle-même autant de fois que midi frappe de coups.
Voici ce qu'on croit plus généralement.
Une femme s'en allait un jour à Dax, cette Pierre sur la tête, tout en filant sa quenouille. A Sainte-Colombe, elle rencontra une fée.
— « Femme, où allez-vous?
— Je vais porter cette pierre à Dax.
— Dites donc si à Dieu il plaît (i).
— Que cela lui plaise, ou ne lui plaise pas, Pierre- Longue à Dax ira.
(i) En patois landais, six vers, transcrits d'après l'ortho-
LES PIERRES 381
— Et donc, posez-la par ici.
Tant qu'il ne plaira pas au Bon Dieu, Peyre-Longue ne sortira pas d'ici. »
La femme fit ce qu'ordonnait la fée, et déposa sur la pierre sa quenouille et son fuseau.
On en dit autant à propos d'un tronçon de colonne de marbre, que je crois être un fragment de colonne milliaire, et qui se trouve à un carrefour où se croisent plusieurs chemins, près de Saubusse. Les paysans s'imaginent que cette Peyre-Longue a le pouvoir d'amener la pluie et le beau temps, selon qu'elle est couchée ou debout. En conséquence, ils la couchent ou la redressent, suivant qu'ils désirent l'eau ou le soleil (1).
graphe de Dompnier de Sauviac, dont je ne me rends pas responsable.
— Disets dounc si Diou plats.
— Que pla\i ou né pla\i pas, Peyreloungut d Dax qu'attira.
— Paou\at^ lé aquiou, Tant que né pla\i pas d Diou Peyreloungue ne sourtira pas d'acïou.
(1) Dompnier de Sauviac, Chroniques de la Cité et du Diocèse
d'Acqs, I, p. 21-22.