CONTE XXXV
LE TRÈFLE A QUATRE FEUILLES (Très- Abrégé).
R. HUNT. — (CORISOUAILLES.)
Il n'y a pas longtemps, un fermier qui vivait à Bosfrancon possédait une belle vache rousse et blanche qu'il appelait Daisy (Pâquerette). La vache était si grasse, que ses fanons et ses pis balayaient l'herbe; mais, bien qu'elle eût du lait à remplir un seau, elle ne se laissait pas traire plus d'un gallon. Soudain, au moment oii le lait coulait à flots, Daisy poussait un doux mugissement, dressait les oreilles, et le lait s'arrêtait. Si la vachère persistait à la traire, la vache donnait des coups de pied, renversait le seau, puis, sans cesser de ruminer, redevenait à l'instant aussi tranquille qu'un tronc d'arbre. On aurait dit vraiment que la vache était ensorcelée. Cependant elle ne cessait d'être grasse et donnait toujours autant de lait toute l'année durant ; en outre, chaque chose prospérait chez le fermier, et les autres vaches