LA QUEUE
CAMPBELL. — (Highlahds.)
Par un temps froid et brumeux, un berger cherchait ses moutons, qu'il avait perdus de vue sur la colline où ils broutaient. Le brouillard rendait la recherche difficile ; pourtant le berger finit par retrouver toutes ses bétes, sauf une seule.
11 courut de tous côtés et la découvrit dans une tourbière, où elle était plus d'à moitié enfoncée. Alors le berger enleva son plaid, se pencha au-dessus du marécage, et attrapant le mouton par la queue, il se mit à tirer. Mais l'animal était alourdi par l'eau et il était impossible de le soulever. Le berger ôta alors son habit et tira tant qu'il put ! le mouton était décidément trop lourd. Redoublant de vigueur, le berger cracha dans ses mains, empoigna fortement la queue de sa bête et la tira de toutes ses forces. La queue se cassa! sans cela le conte eût été bien plus long, ce qui est bien dommage, n'est-il pas vrai?
CONTE XCIL