‹ Contes populaires de la GrandeBretagneChapitre 4 sur 127 · Bréal, les Mythes d'Hercule et de Cocus · texte numérisé non relu

Bréal, les Mythes d'Hercule et de Cocus

5. MM. Baudry et Theil ont donné chacun une traduction d un certain nombre de ces contes. M. Franck a, de son coté, publié un recueil élégamment traduit comprenant des Contes de Grimm, Beckstein, Simrock, etc.

recueils ont été réunis et Ghodzko en a extrait les récits qui composent son livre si attrayant. En Russie, Afanasieff, Khudiakoff, Erlevein, etc., ont rassemblé les contes et légendes populaires ; Rhuibnikoff, Hilferding, Maikoff, ont recueilli les Builinas, c'est-à-dire les cantilènes héroïques de la Russie1, uibiijgraphie En Angleterre, quelques-unes des superstitions pomvrtmnfetira pulaires, principalement celles relatives au groupe des ,mïùi«™s' d°pnîa Fairies, avaient été décrites par d'anciens auteurs, cran c-Brct.gnc parmj iesqliexs nous citerons Gérald le Cambrien (Barry on sïnTpuîsé* Gcrald) *, qui écrivit au xn° siècle Yllineran'um Cambriœ du p^cni livre, et surtout Gervaise de Tilbury, qui composa en 1183 l'ouvrage intitulé Otta impeiialia. Gervaise, devenu le favori de l'empereur d'Allemagne Othon, fut nommé maréchal du royaume d'Arles. C'est en Provence que furent écrits pour distraire l'empereur les OU a imperialia; on les trouve publiés, à la suite des Œuvres do Loibnitz, dans la Collection Scn'ptores rerum Brunsvicarum 3 ; c'est dans le troisième et dernier livre de cet ouvrage que sont mentionnées les légendes populaires de la Provence et de l'Angleterre. On peut aussi consulter avec fruit l'ouvrage de Reginald Scot intitulé : Discovery of Witchcrafle. London, 1651 '. Ce livre, dirigé contre la religion catholique et qui sent le fagot, s'occupe surtout, comme son nom l'indique, de la sor-

1. M. Ralston, du Brilish Muséum, dans ses outrages intitulés : Songsofthe Russian People et Russian Folk Taies (ce dernier traduit en partie par nous en français), nous initie a fond à la littérature populaire russe. — Voy. aussi l'article de M. Rambaud. [Revue des lieux Mondes du 1" juillet 1874.)

S. Voy. sur Gérald le Cambrien, Warton, Histoire de la poésie anglaise, I" vol., p. cm.

3. Voy. Histoire littéraire de la France, xvn, 82-109: — ReiftVnberg. Chronique de Philippe Mowtket, n-vi : — des Gcrvasius von Tilbury, Otia imperialia, et Félix Liebrecht. Hanovre, 1857, in 8'; — Alfred de Noce, Coutumes, mythes et traditions des provinces de France. Paris, 1840; — Kuhn et SchwarU, Sorddeutsvhe Sagen. Lcipsig, 1848; — Berger de Xivrey, Traditions lératotogtques. Paris, 1836.

4. L'édition que je possède n'est qtie la seconde édition. La première est de 1584, et Jacques I" en fit brûler tous les exemplaires qu'il put découvrir à cause des violentes attaques qu il contenait contre le catholicisme. Le livre est d ailleurs très-rare.

cellerie et des formules de la cabale, mais on y trouve quelques allusions utiles à noter sur les superstitions anglaises.

Les ouvrages précédents, la plupart écrits en latin, n'étaient lus que du petit nombre ; encore les érudits auxquels ces ouvrages étaient accessibles ne songeaientils guère à faire des traditions populaires un sujet d'étude. C'est à Walter Scott que revient le mérite d'avoir, dans son pays, attiré l'attention sur les croyances rustiques, en choisissant des légendes écossaises pour sujets de ses célèbres romans; lui-même donna le branle au mouvement en publiant en 1803 ses Minstrelsy of the Scottish Border (Ballades des frontières d'Ecosse) et ses Lettres sur la démonologie.

Une fois le sujet devenu à la mode, les publications et les recherches abondèrent de toutes les parties de la Grande-Bretagne, mais la plupart des auteurs de ces ouvrages, en mettant au jour les traditions conservées dans le peuple, ne poursuivaient qu'un but littéraire; ils écrivaient tantôt pour l'amusement des enfants, tantôt pour satisfaire le goût très- vif que le public avait pris pour les contes. En tout cas, les superstitions populaires n'étaient pour eux qu'un accessoire qu'ils amplifiaient ou modifiaient au caprice de leur imagination. Quel que soit le mérite d'un certain nombre de ces ouvrages nous avons dû les rejeter pour ne nous occuper que de ceux qui nous présentent les superstitions des diverses parties de l'Angleterre dans la forme souvent incorrecte où elles ont été recueillies aux sources populaires.

Contes mythiques âryens. — Les traditions mythiques Angleterre se sont à peu près effac'ées dans les comtés de l'An- propremwn,d' gJeterre. On a presque tout cité quand on a fait connaître Jack le tueur de géants, Tom Hickathrift, Jack et la Tige de

I. Parmi eux nous citerons entre autres : les Contes de Washington Irving; les Histoires des paysans irlandais, par Carleton, etc.

haricot, enfin Tom-Pouce. Encore ce dernier personnage d'origine mythique a-t-il fini par se transformer en un lutin de féerie? Ces contes se trouvent mêlés aux récits de Perrault et de Mme d'Aulnoy dans une foule de livres d'enfants, où ils constituent autant de versions plus ou moins altérées.

Contes de Fairies et autres superstitiotis diverses. — L'ouvrage de Keightley, qui porte pour titre : the Fairy Mythology illustralive of the romances and superstitions of various countries, est un exposé clair et méthodique de tout ce qui a été écrit sur la mythologie féerique; il est en même temps un recueil des contes les plus intéressants parmi ceux de cette nature dans les pays indoeuropéens. On lira aussi avec plaisir : Taies and Popiilar Fictions du même auteur. Pourquoi faut-il que M. Keightley gâte les éloges qu'il mérite par ceux qu'il se décerne dans maints endroits de ses ouvrages ?

En tant que recueils locaux, citons d'abord pour les comtés du Nord : Notes on the Folk-Lore of the Northern counties of England and Borders, par W. Henderson. Cet excellent ouvrage est suivi d'un appendice par le savant Baring Gould, auquel on doit l'important traité intitulé : Curious Myths of the middle âges, souvent cité dans le présent livre1. Au sud-ouest de l'Angleterre, dans les comtés de Devon et de Somerset, Mistress Bray a rapporté (dans une forme non populaire, il est vrai, mais avec beaucoup de charme) les légendes relatives aux Fairies, qui, dans ces comtés, portent le nom de Pixies. Ces ouvrages sont : a Peep at the Piooies et the Borders of the Tamar and the Tavy.

Dans le Cornouailles, théâtre des exploits de Jack the Giant Killer, les légendes de géants et les superstitions de toutes natures, contes de Fairies et autres, peuvent être étudiées dans l'ouvrage de R. Hunt, Popular Romances of the West of England.

1. Rilson a publié des contes de Fairies, mais je n'ai pu me procurer ce recueil, devenu introuvable.

Il convient aussi d'indiquer les chansons et les contes de nourrices, rimes, légendes de lieux et de familles, etc.,... recueillis parle savant James Orchard Halliwell dans : the Nursery Rhymes of England et Popular Rhumes mid Nursery taies. L'autorité qui s'attache au nom de Hallivell dit assez la valeur de ses ouvrages.

Enfin, dans a Handful of Weaiher Folk-Lore par Swainson, on trouve les proverbes, dictons, etc,... relatifs aux mois, aux saisons de l'année, etc...

L'Écosse, surtout dans ses Highlands, est fertile en écmso. traditions populaires de tous les genres et de toutes les époques. Le recueil le plus remarquable de toute l'Angleterre, et qui peut marcher de pair avec les plus fameux des autres pays, est celui de Campbell, West Highlands Popular Taies, h vol. in-12. — Les contes que cet écrivain a recueillis dans une partie des Highlands d'Ecosse sont la plupart écrits dans la vieille langue gaélique. M. Campbell les a accompagnés de la traduction anglaise ; chacun des récits est suivi de notes indiquant les versions et les contes similaires connus de l'auteur. J'en ai reproduit les parties essentielles en y ajoutant mes propres observations. Je ne saurais trop faire l'éloge d'un pareil livre. Son premier mérite est dans la conscience scrupuleuse avec laquelle M. Campbell a recueilli les récits des pâtres et des paysans. Afin d'affirmer l'authenticité du conte, l'auteur donne une sorte de biographie du paysan de qui il le tient, il indique si celui-ci savait ou ne savait pas lire, s'il connaissait ou non l'anglais, de qui il tenait son conte, enfin toutes les circonstances propres à prouver que le récit n'est pas venu d'une source autre que la tradition. M. Campbell, ne se préoccupant que de la fidélité du récit, a résisté au plaisir de fleurir le langage des narrateurs et même au désir naturel d'en dissiper l'obscurité. Ce que le lecteur perd au point de vue du charme littéraire, il le retrouve en sûreté d'informations.

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M. Campbell a réuni, tant en anglais qu'en gaélique, six cent-soixante-cinq contes qu'il publiera un jour ; son ouvrage actuel, bien que n'ayant que quatrevingt-six numéros, contient environ deux cents contes en y comprenant les versions différentes de la même histoire.

Un petit nombre de traditions mythiques populaires en Ecosse se trouvent aussi dans l'ouvrage de M. Chanibers : Popular Rhymes of Scotland, 1 vol. Edimbourg. Ce recueil est excessivement intéressant , il est fait avec le plus grand soin, mais il donne surtout les chansons des nourrices, les rimes populaires, etc,... sujets qui sortent un peu du cadre de ce livre.

On peut aussi consulter : the Popular Superstitions and Festive Amusements of the Hiyhlanders, par Grant Stewart, et the English and Scottish Peasantry, par Allan Cuningham, etc.

Np Le pays de Galles est par excellence une conlrée ou

les traditions populaires se sont conservées longtemps vivaces. Cependant, il n'existe, à ma connaissance du moins, aucun recueil important des contes de cette nature. Un livre fort intéressant a été publié sur celle contrée; c'est le Mabinoyion de lady Guest (3 vol. in-8°. Londres, 18&9). — On nomme Mabinogion les anciens recueils de traditions gailiques. Une noble dame, lady Ouest, a édité, d'après d'anciens manuscrits de la fin du \ve siècle, un certain nombre de romans gallois du \uc et du xme siècle ; ces romans sont les versions des romans anglo-normands du cycle d'Arthur, qui ont été traduits ou imités par toute l'Europe et jusqu'en Islande. Lady Guest réclame pour son pays l'honneur de les avoir le premier mis au jour; elle attribue particulièrement une origine gallique (xvelche) aux célèbres romans de Chroslien de Troyes : le Chevalier au Lion, Parce val le Gallois, Erec et Enide. Bien que contenant des traces évidentes et nombreuses d'anciennes crovan^-

ces mythiques analogues à celles de nos contes, ces romans sont des œuvres littéraires plutôt que populaires, et ne pouvaient dès lors trouver place dans le présent volume. On peut lire avec fruit au sujet du Mabinogion : la Villemarqué : Romans de la Table Ronde. — L'ouvrage le plus important sur la vieille littérature du pays de Galles est intitulé : Myvyryan Archaiology of Wales, mais la lecture n'en est pas abordable, car il est écrit en langue kimrique; une petite partie seulement en a été traduite en anglais.

Les croyances populaires de l'Irlande ont été parfaite- m™*» ment étudiées par M. Patrick Kennedy, notamment dans les livres suivants : Legendary Fictions of the Irish Celtx et F ire Side Slories of Ireland.

Les contes de Fairies et les cauchemars, apparitions, etc., qui hantent le cerveau des Irlandais font l'objet de l'ouvrage que M. Grofton Groker, avec la collaboration de Keightley, a écrit sous le litre de : Fairy Lrgends and Traditions of the South of Ireland. Le livre de M. Croker a eu un succès considérable et il a eu l'honneur d'être traduit par l'un des frères Grimm. Écrits avec beaucoup de talent et d'esprit, les Contes de Croker ne sont pas rigoureusement populaires ; Keightley, dans sa Fairy Mythology. l'avoue loyalement. La forme en appartient à la littérature et il serait imprudent de les analyser de trop près pour en tirer des conclusions; mais ils font connaître dans une forme agréable les personnages ordinaires des croyances féeriques. A ce point de vue, ils sont en général dignes de foi, et les superstitions qu'ils rapportent existent réellement dans le sud de l'Irlande. Parmi les récits que j'ai traduits j'ai eu soin de n'admettre, au risque d'écarler ceux qui sous le rapport littéraire sont les plus intéressants, que les contes qui ne m'ont pas paru contestables. M. Groker a aussi publié les Légendes de Killarney.

Tels sont les éléments dont se compose le présent ouvrage. Ils sont répartis dans les trois groupes dont j'ai parlé plus haut. Chaque conte porte en tète le nom de Pauteur d'où il est tiré et le pays où il a été recueilli. J'ai indiqué dans les notes qui l'accompagnent les rapports qu'il présente avec ceux des autres pays.

J'espère que le présent ouvrage, malgré le petit nombre relatif des récits qu'il contient,, donnera une idée assez complète de la littérature populaire de la Grande-Bretagne, surtout pour les deux premières sections. Un grand nombre des contes anglais ne présentent en effet, suivant les comtés où ils ont été recueillis, que des variantes sans importance, principalement dans la section des Fairies. Quant à la troisième section, pour la faire un peu complète, un volume n'y eût pas suffi si on y avait introduit les ballades sur les personnages historiques ou semi-historiques populaires, tels que le roi Arthur, Robin Hood*, Glym of the Clough, Adam Bell, etc. D'ailleurs, il faut le dire, les Français n'y eussent pas trouvé l'intérêt bien légitime et patriotique qu'y attachent les Anglais.

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