Conte* allemands, traduction Frank. Didier
i. La Chanson du Chevalier au Ct)gne et de Godefroy de Bouillon, publiée par Hippeau. — Aubry, 187 V 3. Contes populaires de la Russie, colloction Ralston.
désespoir et supplièrent le jeune homme de leur rendre leurs vêtements. 11 y consentit à condition que la plus belle serait sa femme. Trois des Péris reprenant leurs robes s'envolèrent aussitôt et la plus jeune resta au pouvoir du jeune homme, qui l'épousa. Elle lui donna plusieurs enfants et fut aussi bonne mère que fidèle épouse. Mais un jour, la Péri découvrit son vêtement et s'envola sous la forme d'une colombe. — Si nous passons à l'Inde, les Apsaras védiques1 nous rappellent les filles cygnes. Les Apsaras sont les nymphes qui, suivant la mythologie indienne, naquirent de la mer lorsque les Devass et les Asouras la barattèrent pour obtenir l'ambroisie. M . Gould, dans sa remarquable étude 2, les considère comme les personnifications de ces blancs nuages qui semblent suspendus sur le lac azuré des cieux. — Dans le roman des Sept Sages de Home (ou Dolopatlws), qui n'est qu'une des versions du recueil indien des Apologues de Sendabad 3, le dernier récit met en scène un chevalier qui, au bord d'une claire fontaine, rencontre une belle fée dont il obtient sept enfants. Ceux-ci jouant un jour près d'une onde pure, poussés par leur instinct d'origine, se jettent dans l'eau et y deviennent des cygnes blancs. La suite de l'histoire est celle du Chevalier au Cygne et de Lohengrin.et tout porte à croire que ces romans se sont iuspirés à la fois et des vieilles traditions populaires relatives aux filles cygnes et du récit de Dolopathos. — Cox\ dans le récit qu'il nous donne d'après le Vishnu Purana, des actions du dieu Krishna (une des formes de Vishnu), nous montre les filles blanches comme du lait : les Gopias implorant la déesse Bhavani afin de devenir les épouses de Krishna. Pendant qu'elles se baignent dans un ruisseau, Krishna dérobe leurs vêtements et refuse de les leur rendre, à moins qu'elles ne viennent chacune à son tour les lui réclamer secrètement. En d'autres
I. Verlm, trad. Lunglois, p. s<ia. — • La brillante Apsara qui glisse sur les ondes s'approclio de son ornant et le porte au ciel sur son aile d'or. >
j. Voy. r.ould : Curioui Mytht. m. Gould établit aussi un parallèle entre les filles cjjrnes de nos légendes et les personnages de la mythologie grecque. Il cite enfin des conte» similaires chez les Samoyèdea.
3. Voy Roman rfet Sept tign, I.oisoleur-Deslongchamps, p. 131.