‹ Contes populaires de la GrandeBretagneChapitre 92 sur 127 · CONTE LXX · texte numérisé non relu

CONTE LXX

LE PIGEON BLANC COMME LAIT fCaun— f PoFCL.ii Rhtiu or Scotlabd.

II était une fois un homme qui travaillait aux champs; il avait une tomme, un fils et une fille. Un jour il attrapa un lièvre et le rapporta à sa femme en lui ordonnant de le préparer pour son dîner. Pendant que le lièvre était sur le feu, la ménagère y goûta, y goûta encore, tant qu'à la fin il n'en resta plus et qu'elle ne savait plus quoi servir à son homme pour son diner. Alors elle dit à son fils de venir se faire peigner et quand Johnie lui tendit la tête pour être peigné, elle coupa sa tète et jeta Johnie dans le chaudron. Lorsque le laboureur revint pour dîner, sa femme lui servit son fils bien bouilli ; en mangeant ce ragoût le laboureur trouva un pied et dit :

— Mais c'est le pied de Johnie !

— Quelle bêtise! c'est celui du lièvre, dit la ménagère. Après cela, il trouva une main et s'écria :

— Mais c'est la main de Johnie î

— Tu déraisonnes, bonhomme, c'est l'autre pied du lièvre.

Et quand le laboureur eut fini de diner, la petite Katie, sœur de Johnie, rassembla les os et les mit sous une pierre près du chambranle de la porte.

Et de ces ossements naquit un pigeon blanc comme lait, qui déploya ses ailes et s'envola.

Et le pigeon vola jusqu'à ce qu'il arriva près dedeux femmes qui lavaient du linge et il se posa sur une pierre et chanta :

— Piou, piou ! — ma mère m'a tué, — mon père m'a mangé. — Ma sœur a rassemblé mes os, — elle les a mis entre deux pierres blanches comme lait — et je suis devenu, devenu — un pigeon blanc comme lait, — et j'ai déployé mes ailes et je me suis envolé.

— Redis ta chanson, mon bel oiseau, et nous te donnerons de la toile dirent les femmes.

Et le pigeon répéta sa chanson, et quand il eut la toile il vola près d'un homme qui comptait beaucoup d'argent et il 6e percha en chantant :

— Piou, piou, ma mère m'a tué, etc.

— Répète cela, mon gentil oiseau et je te donnerai cet argent, dit l'homme.

Le pigeon répéta : — Piou, piou, etc., et quand il eut l'argent, il vola auprès de deux meuniersquiécrasaientdu blé et chanta :

— Piou, piou, ma mère m'a tué, etc.

— Redis ta chanson, genlil oiseau, et je te donnerai cette meule, dit le meunier.

— Piou, piou, répéta le pigeon, etc.

Et il prit la meule en pierre et ensuite il vola jusqu'à ce qu'il fut descendu sur le toit de la maison paternelle. Alors il lança de petits cailloux dans la cheminée. Katie sortit pour voir ce qu'il y avait et le pigeon lui jeta du linge. Ensuite le père sortit et le pigeon lui jeta de l'argent. Puis sa mère sortit à son tour, mais le pigeon laissa tomber sur elle la meule et la tua. Alors le pigeon s'envola, et dans la suite le Ixmhomme et sa fille vécurent et moururent heureux.

M. Gould (Appendix à l'ouvrage d'Henderson) donne une version de ce conte en Devonshire et en a retrouvé des similaires en Grèce, en Hongrie et dans une chanson languedocienne dont il n'indique pas la provenance.

Ce conte est connu en Allemagne sous le nom de « le Genévrier, » et le chant de l'oiseau en bas-allemand est le même que dans le dialecte écossais. Goethe a introduit cette chanson dans la première partie de Faust. Marguerite est dans sa prison, Faust arrive, un trousseau de clefs à la main devant la porte de fer; il entend Marguerite qui chante :

Ma p.... de mère m'a tuée, Mon coquin de père m'a mangée Et ma petite sœur a jeté mes 09 Sous un saule humide et froid, Et je suis devenue un bel oiseau qui vole! Vole! vole! vole!

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