Contes populaires du Soudan égyptien
A la page io3 du « Sudan Church Notes », n° 24, i5 décembre 1908, l’éditeur dit :
« Nous espérons publier dans les numéros des mois prochains, une série de légendes Dinkas, recueillies par ceux qui travaillent pour la « Church Missionary Society » à Bor.
« De nos jours aucune apologie n’est nécessaire pour publier ce qui pourrait s’appeler histoires enfantines. Les études comparatives de Folklores sont devenues une branche scientifique des connaissances humaines et on peut dire que les
contes de fées sont plus recherchés par nos savants modernes que par nos enfants.
« Pour ceux qui sont anxieux de se rendre compte des progrès faits par le travail des Missionnaires de la station, ces contes peuvent en donner une idée; surtout quand on songe aux progrès faits dans la connaissance intime de la langue des peuples parmi lesquels ils vivent, connaissances qui sont absolument nécessaires pour augmenter leur influence parmi eux.
« Car il est très difficile d’arriver à connaître ces légendes, sans une connaissance parfaite du dialecte; il est même impossible d'en avoir des versions exactes. Tout Dinka connaissant l’arabe et enclin à raconter les légendes de sa tribu, invente souvent pour plaire à celui à qui il raconte. 11 est donc oiseux pour le voyageur qui passe, de prétendre pouvoir recueillir quelques-unes de leurs légendes.
« Ces contes, appris systématiquement
à la génération d’enfants qui grandit, par un vieillard de la tribu, sont jalousement gardés dans leur mémoire. Tout soupçon qu’ils sont demandés par pure curiosité, produit immédiatement le silence. Ceux que nous publions ont été recueillis par lambeaux, dans des moments d’abandon, par les plus jeunes enfants qui, souvent, s'arrêtent soudainement au milieu de leur narration comme s’ils se rappelaient tout d’un coup qu’ils étaient en train de dire des mots défendus .
« Il serait intéressant de comparer ces contes avec d’autres recueillis dans le Soudan. Malgré toutes les variations, presque tous les Folklores semblent de* voir se ramener à une source commune; et, il y a très peu de choses auxquelles les paroles de Salomon ne puissent s’appliquer : « Il n’y a rien de nouveau sous « le soleil ».
Je ne puis rien ajouter à ces observa* tions, sauf que les quelques contes Schillouks et Dinkas que je reproduis ici
m’ont été racontés par des Missionnaires ou par des fonctionnaires civils ou militaires que j’ai rencontrés dans mon voyage sur le Nil Blanc.
Plusieurs des contes Dinkas ne sont même que la traduction de ceux publiés dans le « Sudan Church Notes », traduction que j'ai été autorisé à faire par les éditeurs de cette intéressante publication.
Ce volume contiendra la troisième série de contes que j’aurai recueillis et publiés dans la vallée du Nil.
La première série est intitulée : « Contes populaires inédits de la vallée du Nil, etc. » formant le tome XXXII de la collection « Les littératures populaires de toutes les nations ». Paris, 1895.
La seconde série est intitulée : « Seize Haddouta » contes populaires contés au Caire, etc. Le Caire, 1903.