ARITHMÉTIQUE DES BARBARINS
Un barbarin demanda à emprunter une piastre à un autre barbarin.
Celui-ci lui donna deux pièces de vingt paras chacune. 1
Le lendemain l’emprunteur lui rapporta une pièce de quarante paras.
« Non, non, dit le prêteur, je t’ai prêté deux pièces de vingt paras, je veux deux pièces de vingt paras ».
« Mais celle-ci est une pièce de quarante paras ... ».
« Non, non, deux pièces... je veux deux pièces » .
i . On sait que quarante paras font une piastre c’est-à-dire en monnaie française frs. o. 26.
De moten mot, de discussion en discussion, une querelle s’en suivit où tout le monde, créancier, débiteur et public, parlaient à la fois, personne n'écoutant, selon l’habitude des barbarins.
Ils vont enfin chez le Cadi. Celui-ci, après beaucoup de paroles et de calculs, ayant réussi à démêler la question, prit la pièce de quarante paras et donna au prêteur deux pièces de vingt paras qu’il tira de sa poche pour aplanir le différend.
« Allahou Akbar ! » (Dieu est le plus grand !) dit le barbarin, ce Cadi vaut son pesant d’or. Il sait compter et ne fait de tort à personne. »
CONTE HADANDOWA
(Tribu Somali- Arabe- des bords de la Mer Rouge ) RECUEILLI SUR LE NIL BLEU
Novembre 1908