‹ Contes populaires malgachesChapitre 51 sur 114 · Le texte de ce conte a été' recueilli à Fianarantsoa · texte numérisé non relu

Le texte de ce conte a été' recueilli à Fianarantsoa

2. Le Dictionnaire Malgache-français (op. laud. p. 3o5) écrit le même mot kinaoly; le P. de la Vaissière ( Vingt ans à Madagascar, p. 1 37 et suivantes) l’écrit kinolo. Cette dernière orthographe est unique. La plus généralement emploj ée est kinoly que nous avons adoptée.

LES KINOLY

qu’il étreint avec ses longues griffes celui qui essaye de lutter avec lui. Il effraie ses ennemis en disant : nous sommes dix mille ici; et l’agresseur s’enfuit de peur d’être pris x.

Les Betsileo disent que c’est un grand bonheur d’avoir vu les grottes qui servent de demeures aux kinoly. Leurs matelas sont en soie, et ils se couchent dessous. Beaucoup de gens affirment qu’ils possèdent pour 10,000 piastres 2 de soie qu’ils vont voler chaque nuit.

On rapporte également qu’une mère devenue kinoly vient souvent rendre visite à ses enfants.

1. Le Père de la Vaissière (op. laud. p. 147) donne de ces êtres fantastiques la description suivante : « On trouve parfois de pauvres hères qui ne sont pas parvenus à effectuer complètement leur transmigration. Ces âmes, dont la métempsycose est à demi manquée, reçoivent un avorton de corps humain qui porte le nom de kinolo (sic). Les Kinolo sont donc plutôt des apparences d’hommes que des hommes véritables. Leur corps, toujours monstrueux en quelque endroit, n’a guère que deux ou trois pieds de haut. Celui-ci est creux et transparent comme une lanterne vénitienne ; cet autre est noir comme du charbon, et massif comme une enclume ; quelques-uns sont percés à jour comme des cribles; d’autres,- vrais squelettes, n’ont que la seule peau et sont munis d’un râtelier de caïman, armé de dents disposées comme dans un râteau. Ils vivent errants dans les maisons abandonnées, ou sous les saillies des grandes roches dont ils habitent les fissures. » Cf. d’autres détails dans Sibree, The oratory, songs, legends and folk-tales ofthe Malagasy, ch. V (Antananarivo Annnal, n°. xv, 1891).

. 2. Cinquante mille francs.

Elle leur demande de la nourriture, des haricots et de la semence de maïs. Mais après avoir emporté les haricots et le maïs, elle ne reviendra plus parce qu’elle a fait griller ces légumes. Si la semence ne pousse pas, quand elle la mettra en terre, on ne la reverra pas. Elle est donc partie pour toujours, la mère, parce que les haricots et le maïs grillés ne pourront pas germer!

Lorsqu’un kinoly passe ou s’arrête sur un terrain, le propriétaire reconnaît sa trace par le grand nombre de mouches qui s’y trouvent, car il aime beaucoup le soleil et les endroits puants. Si les Betsileos affirment cela, c’est que beaucoup d’entre eux l’ont vu. Quelques-uns doutent cependant qu’on puisse devenir kinoly deux ou trois jours après avoir été enterré, lorsque les intestins sont tombés en pourriture. Ils doutent également qu’on soit transformé en kinoly en allant seulement se promener sur la tombe de l’un d’eux 1 ; et ils ne sont pas convaincus de l’authenticité de ce qu’on vient de lire.

i. C’est une croyance bien établie à Madagascar, contrairement à ce qu’en dit ce conte, qu’on devient kinoly en allant se promener sur la tombe d’un de ces êtres fabuleux. Ces tombes, disent les Malgaches, se trouvent dans l'intérieur de l’ile : mais aucun étranger n'a pu encore se les faire montrer.

LE TSY-AOMBY-AOMBY 1

(. Betsimisaraka )

Le tsy-ctomby-aomby (ce n’est pas un bœuf, ce bœuf) a le corps du bœuf sauf la tête qui est sans cornes et le sabot non fendu comme le cheval. Il habite principalement les forêts des environs de Mahavelona 2.

Il est herbivore, insectivore et anthropophage. Sa rapidité de mouvements est incroyable ; quand on le croit ou le sait très loin, il peut vous atteindre quand même immédiatement.

Il attaque l’homme et le poursuit jusqu’à ce

i. J’ai recueilli ce conte à Mahavelona même (tribu des Betsimisaraka) dont les forêts passent pour renfermer cet étrange animal.

2. En français Foulpointe. Petit village situé sur la côte orientale de Madagascar, au nord de Tamatave, où se trouvent les ruines d’un fort construit par les Français au siècle dernier.

qu’il puisse se rassasier de sa chair. Si sa victime humaine essaye de lui échapper en montant sur un arbre, le tsy-aomby-aomby fait la garde autour de l’arbre. Il essaye des ruses pour amener l’homme à descendre. Si aucune d’elles ne réussit, il dirige sur lui un fort jet d’urine. L’homme pour se garer de l’urine du tsy-aombyaomby , lâche l’arbre de ses mains pour protéger sa figure. Mais il perd bientôt l’équilibre et tombe à terre, où il devient la proie de la bête féroce.

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