LE PETIT KOTO
reste la personne de ces nains est fady (sacrée) et malheur à celui qui essayerait de les retenir quand ils regagnent la forêt, avant l'aube ; ou qui voudrait leur faire du mal.
LES KINOLY 1
(Betsileo)
Les Betsileo disent qu'il existe une race d'individus qui deviennent kinoly 2 après leur mort. Voici la description du kinoly : il a les ongles très longs; ilest maigre et édenté, et nasille en parlant. Lorsqu'il mange, la nourriture se rend immédiatement à l'autre extrémité du corps parce qu'il n'a pas de dents pour la saisir et la mâcher. Personne, dit-on, n'a encore pu s'emparer d'un kinoly, même par la force, parce
i. Le texte de ce conte a été recueilli à Fianarantsoa.
2. Le Dictionnaire Malgache-français (op. laud. p. 3o5) écrit le même mot kinaoly; le P. de la Vaissière {Vingt ans à Madagascar, p. 137 et suivantes) l'écrit kinolo. Cette dernière orthographe est unique. La plus généralement employée est kinoly que nous avons adoptée.
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qu'il étreint avec ses longues griffes celui qui essaye de lutter avec lui. Il effraie ses ennemis en disant : nous sommes dix mille ici; et l'agresseur s'enfuit de peur d'être pris '.
Les Betsileo disent que c'est un grand bonheur d'avoir vu les grottes qui servent de demeures aux kinoljr. Leurs matelas sont en soie, et ils se couchent dessous. Beaucoup de gens affirment qu'ils possèdent pour 10,000 piastres 2 de soie qu'ils vont voler chaque nuit.
On rapporte également qu'une mère devenue kinoly vient souvent rendre visite à ses enfants.
1. Le Père de la Vaissière (op. laud. p. 147) donne de ces êtres fantastiques la description suivante : « On trouve parfois de pauvres hères qui ne sont pas parvenus à effectuer complètement leur transmigration. Ces âmes, dont la métempsycose est à demi manquée, reçoivent un avorton de corps humain qui porte le nom de kinolo (sic). Les Kinolo sont donc plutôt des apparences d'hommes que des hommes véritables. Leur corps, toujours monstrueux en quelque endroit, n'a guère que deux ou trois pieds de haut. Celui-ci est creux et transparent comme une lanterne vénitienne ; cet autre est noir comme du charbon, et massif comme une enclume ; quelques-uns sont percés à jour comme des cribles; d'autres, vrais squelettes, n'ont que la seule peau et sdnt munis d'un râtelier de caïman, armé de dents disposées comme dans un râteau. Ils vivent errants dans les maisons abandonnées, ou sous les saillies des grandes roches dont ils habitent les fissures. » Cf. d'autres détails dans Sibree, The oratory, songs, legends and folk-tales ofthe Malagasy, ch. V (Antananarivo Annual, n° xv, 1891).