FARALAHY LE RICHE HERITIER
beaucoup. Les femmes dansèrent au son de la musique et du grand tambour, et on chanta les plus jolis airs connus. Faralahy et ses amis étaient allés à la campagne, amenant avec eux des musiciens et des chanteurs. Pendant l'absence du mari, la jeune femme, sur les instances de ses nouvelles amies, alla se baigner dans la rivière. Pendant qu'elle nageait, ses compagnes la plongèrent dans l'eau, et s'enfuirent, persuadées que leur victime était morte. Mais une paysanne qui se troifvait sur l'autre rive, voyant la femme disparaître sous l'eau, se précipita à son secours et la ramena chez elle où elle lui donna tous les soins qu'exigeait son état.
Lorsque Faralahy et ses amis revinrent chez eux, ils passèrent devant la case de la paysanne qui leur donna de l'eau à boire pour étancher leur soif. Faralahy voyant quelqu'un couché, enveloppé dans un lamba, demanda qui dormait là : « C'est un voyageur fatigué qui se repose chez moi, répondit la paysanne. » Les jeunes gens continuèrent ensuite leur route.
Lorsque Faralahy entra chez lui, il vit sa case vide. Il courut chez ses parents chercher sa femme; mais elle ne s'y trouvait pas. Ceux-ci lui dirent qu'elle était allée se baigner avec ses amies et n'était pas revenue avec elles. Faralahy désolé de ne plus retrouver sa chère femme,
Il8 CONTES POPULAIRES MALGACHES
réunit ses esclaves et partit avec eux à sa recherche. Ils rencontrèrent la paysanne qui leur raconta que la femme de Faralahy était venue se baigner dans la rivière avec les jeunes filles de son village, et que celles-ci avaient essayé de la noyer, fort heureusement, elle se trouvait sur l'autre rive et avait pu venir au secours de la jeune femme : « Elle est actuellement dans ma case, ajouta-t-elle , où vous l'avez vue, dormant enveloppée d'un lamba.
C'est à vous-même que j'ai répondu que c'était un voyageur fatigué qui se reposait chez moi. » Faralahy remercia la paysanne et s'empressa d'aller rejoindre sa femme, avec laquelle il retourna dans son village. Il réunit ensuite toutes les jeunes filles et leur reprocha publiquement leur conduite. Puis il partit avec sa femme et ses esclaves et alla s'installer ailleurs où il n'eut plus rien à redouter et put vivre heureux et tranquille.
LA PEAU DE BŒUF DEVENANT UNE VACHE PLEINE l
(Antambahoaka)
Il y avait, dit-on, une peau de bœuf qui devint une vache pleine. Lorsque les bouviers la frappaient, une voix se faisait entendre dans le ventre de la vache, disant : « Pourquoi nous frappez-vous? » Etonnés de cela, les bouviers conduisirent la vache devant le roi et lui firent part de ce qu'ils avaient entendu : « Essayez devant moi, ordonna le roi. » On frappa la vache, et la voix dit : « Pourquoi nous tuez-vous? » Le roi émerveillé de cela s'écria : « Sortez du ventre de la vache et je vous ferai rois. » Immédiatement un homme et une femme vêtus de pourpre 2 sortirent de la vache.
i. Le texte de ce conte m'a été dicté par un Antambahoaka du district de Mananjary.