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Le géant Darafify est célèbre par ses exploits dans l'île

l34 CONTES POPULAIRES MALGACHES

cernent des lacs que le géant leur avait donnés pour en faire des rizières. Pendant une des absences du mari, elles lui furent infidèles. Celui-ci l'apprit, et à son retour les plongea Tune et l'autre dans le lac qui porte leur nom. Elles ont chacune construit un nouveau vil* lage au fond des eaux et y vivent avec leurs bœufs et leurs esclaves. On voit dit-on, les cases au fond du lac lorsque l'eau est tranquille.

entière. On montre, sur la côte orientale principalement, des traces de son passage : une vallée qu'il forma en ouvrant une montagne d'un coup de hache ; un roc immense qu'il creusa en posant son pied dessus;... Fort comme Hercule et justicier aussi comme le fils d'Alcmène, il joue dans le Folk-lore malgache le rôle de bon géant redresseur de torts.

VATOMANDRY " [Betsimisaraka)

Il y avait autrefois à Madagascar, à l'époque où l'eau de mer était douce, un géant qui s'en alla acheter du sel dans un pays au delà de la mer '. Son sel acheté, il l'attacha à une extrémité de son bambou de porteur, et, pour faire contre-poids, mit à l'autre extrémité une pierre énorme. Mais à son retour à Madagascar, en débarquant à la côte orientale de i'ilc, le bambou se rompit. Le sel tomba dans la mer, dont l'eau devint salée, et la pierre, sur le rivage où elle est encore. Le nom du village élevé à cette place est Vatomandry \

i. Le texte de ce conte m'a été dicté par un Bctsimisaraku de Tamatave.

2. En malgache andafy, qui est une abréviation de andafin' ny ranomasina, au delà de la mer. Cette expression désigne tous les pays en dehors de Madagascar.

3. Vato, pierre; mandry, qui repose, qui est immobile, Village assez important de la côte orientale de Madagascar, au sud de Tamatave.

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L'ARBRE SACRÉ ' (Betsimisaraka)

Il y a, dans les cimetières, des ravinala \ Ceux-là seuls qui viennent boire du rhum a sur la tombe de leurs parents 4 peuvent toucher

i. Cette légende m'a été contée par un Betsimisaraka de Tamatave.

2. Le Ravinala ou arbre du voyageur (Urania speciosa) est très commun sur la côte orientale de Madagascar. Cet arbre est d'une grande utilité pour les Malgaches auxquels il fournit presque toutes les pièces qui composent leurs cases. La légende qui a fait surnommer le Ravinala arbre du voyageur, est absolument inexacte. Il ne croit que dans les endroits humides, et le voyageur altéré aura plus tôt étanché sa soif dans une des flaques d'eau au milieu desquelles il pousse, qu'en fendant l'arbre pour boire le liquide jaunâtre qu'il contient.

3. L'expression malgache que nous avons traduite par boire du rhum, est homana toaka, littéralement manger du rhum.

4. Toute cérémonie mortuaire est accompagnée d'un repas dont lçs héritiers du défunt font les frais, Lç rhum en est

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à ses feuilles, et s'en servir dans le cimetière. Mais celui qui en prendrait une feuille pour l'emporter en dehors de l'enceinte de la terre des ancêtres serait immédiatement frappé de mort.

la boisson indispensable. On en use même quelquefois pour laver les ossements des ancêtres.

Il y a chez les Sakalaves du Boina (côte nord-ouest de Madagascar) une fête commémorative annuelle en l'honneur de leurs rois de'funts. La fête tombe généralement pendant la pleine lune d'octobre. Les rois et reines Sakalaves de la région se réunissent à Majunga pour la circonstance, et, au jour indiqué, accompagnés de leurs sujets, se rendent à YAnjomba (mausolée) qui contient les ossements de leurs ancêtres. Le plus noble des rois présents les sort de la boite où ils sont enfermés, les lave avec du rhum et les remet ensuite dans YAnjomba d'où ils ne sortiront encore que l'année suivante à pareille époque.

LE CAÏMAN ' (Betsimisaraka)

On dit que des vieilles femmes se rendent, le soir, sur le bord des rivières où elles se livrent à des caïmans.

Des sorciers, dit-on aussi, ont en leur pouvoir des caïmans avec lesquels ils s'entretiennent comme avec des hommes. Si le sorcier change de village, le caïman le suit, par eau, et se rend au nouveau domicile de son maître. Ces animaux mangent les hommes que le sorcier leur désigne. Il est inutile de leur tendre des pièges pour les attraper. Les charmes dont ils sont munis les gardent contre toute espèce de danger, contre la balle de l'Européen et l'hameçon du Malgache a .

i. Recueilli en 1887 à Vohimasina (Fénérive), petit port de la côte orientale au nord de Tamatave. Le texte m'en a été dicté par un Betsimisaraka.

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