‹ Contes populaires malgaches: recueillis, traduits et annotésChapitre 88 sur 117 · Voir page 17, note · texte numérisé non relu

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LE MARI ET SES DEUX FEMMES lj3

est pour le maître; le deuxième morceau est également pour le maître, il le mangera demain matin avec du riz. Le troisième, ajouta-t-elle ensuite, est pour nous deux, ses femmes. » — « Ce partage a été rapidement et bien fait, dit le mari enchanté. »

L'ESCLAVE ET SON MAITRE f

(Betsileo)

Un esclave et son maître partirent en voyage. L'esclave s'appelait Nenitra. Il portait une sagaie sur son épaule. Chaque fois qu'ils rencontraient une montagne sur leur route, l'esclave poussait son maître par derrière pour lui faire gravir la côte. Le terme de leur voyage approchait lorsqu'ils trouvèrent une nouvelle côte à gravir, derrière laquelle se trouvait le versant à descendre. Nenitra eut fort à pousser pour faire arriver son maître au sommet. Mais une fois en haut, il continua à pousser son maître pour descendre la pente opposée; et ils tombèrent par terre. La sagaie de l'esclave traversa le maître de part en part. Celui-ci, blessé, s'écria : « Hélas, Nenitra, le remords ne précède

i. Le texte de ce conte a été recueilli à Fianarantsoa,

L'ESCLAVE ET SON MAITRE Ijb

pas nos actes; il les suit. Si je t'avais placé devant moi, je ne le regretterais pas maintenant ; mais tu étais derrière moi. J'y ai pensé trop tard. » De là est venu ce proverbe : Le remords nous fait regretter nos actes et ne nous permet pas de les prévenir.

lu

MBAREK ET SORIA '

Ouvre-moi, ouvre-moi, Soria V Qui est là?

Moi, Mbarek 3 .

Qu'apportes-tu ?

Une chemise,

Un corsage.

Une ceinture,

Cinq francs 4 , Et des boucles d'oreilles.

Ouvre-moi, ouvre-moi, Soria !

Non, va-t-en, Mbarek. Mon amant, Amboasalamarazaka, est là; ne plaisante pas. Va-t-en

i. Traduit des Spécimens of Malagasy Folk-lore, n° 27, p. 413.

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