‹ Contes populaires malgaches: recueillis, traduits et annotésChapitre 92 sur 117 · SA FEMME · texte numérisé non relu

SA FEMME

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Il y avait, dit-on, un homme qui revenait de la campagne avec un panier sous le bras.

Rentré chez lui, il dit sa femme : a femme, ne dis à personne que je viens de pondre un œuf, qui est dans ce panier. » — « C'est vraiment extraordinaire, répliqua celle-ci, que tu aies pondu un œuf. Mais ne crains rien, je n'en parlerai à qui que ce soit. » Quelques instants après, elle allait raconter le fait à sa fille, puis à son beau-père et à sa belle-mère. Ces derniers en firent part à tout le village. Le mari apprit bien vite que sa femme n'avait pu garder le secret. Il lui en fit des reproches : « Je n'ai plus

i. Conte Betsileo recueilli à Fianarantsoa.

l'homme qui veut éprouver sa femme 181

aucune confiance en toi maintenant, lui dit-il enfin, parce que tu as manqué à ta parole. » Il lui dévoila ensuite qu'il n'avait pas pondu d'œuf (les hommes ne le peuvent pas); mais qu'il avait inventé cette histoire pour voir le cas qu'il pouvait faire de sa discrétion. Et il lui montra le panier vide. Sa femme fut très honteuse d'avoir manqué à sa parole.

Ce conte a donné naissance au proverbe suivant : Prenez garde que vos paroles ne fassent comme l'œuf qui, quand il se casse, possède des ailes.

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