LA LEGENDE DE SAINT GERBOLD
de leurs maux, retrouva son anneau pastoral
dans le corps d'un poisson qu'on servait sur
sa table , revint à Bayeux , et la maladie cessa.
Les gens de la campagne appellent encore les
Bayeusains cllchards ou foireux, et c'est à cette
vieille tradition que Pathelin fait allusion dans
la farce de ce nom.
Hé dea , j'ai le mau Sainct-Garbot , Suis-je des foireux de Bayeux ?
Les playes Dieu ! Qu esse qui s ataque À meii cul ? Esse une vaque , Une niôque ou un escarbot ?
Jehan du Queniin sera joyeux.
Bée , par Sainct-Jehan , je bérée Voulentiers à li une fée.
Dans le Supplément au Glossaire de Du Cange , au mot Senescalcus ( Sénéchal ) , on trouve l'épitaphe suivante , qui a aussi rapport à cette tradition :
Cy gist TEncal Cranctot , Ly fut qui cacha S. Gerbot j Len mal le prit le jour de Pagues, D'enpeux sen ventre n'ut relague.
Ha Dieu ! Combien il chia !
Dite po ly Ave Maria.
LES TRESORS. Il
Le peuple croit qu'il y a beaucoup de trésors cachés dans la terre. Ce sont surtout les ruines des vieux châteaux, des églises, des monastères , qui recèlent ces richesses ; mais ils sont gardés par des esprits infernaux qu'il n'est point facile de tromper, et il n'y a que des sorciers fort habiles qui puissent en venir à bout. Des dupes et des fripons se réunissent ordinairement pour ces sortes de recherches, et il en résulte quelquefois des scènes assez plaisantes. Quelquefois aussi de funestes accidens en ont été le résultat.
En 1762, un nommé Richer fit faire des excavations dans un banc de sable à Saint- Vigor, afin de trouver un veau d'or qui y avait été enfoui lors de la destruction du temple de Belenus. Le sable s'affaissa, deux personnes furent tuées et une grièvement blessée. A Ver , on a fait, à diverses reprises, des fouilles sous la chapelle Saint-Gerbold , pour trouver une poule d'or et ses douze poussins. Sous la chapelle