SACRILEGE
les boîtes qui les renfermaient , en présence du peuple qui faisait retentir l'air des cris réitérés de vive la République ! vive la Nation ! et de chants patriotiques. Après que le feu eut tout consumé , les cendres furent chargées dans le même tombereau , et conduites par le même cortège sur la grande arche du pont sur la rivière de Seine ? d'où elles furent jettées dans la rivière , aux mêmes acclamations du peuple.
« Cette fête expiatoire des jongleries perfides des prêtres et de la sottise de nos ayeux a été terminée par la séance ordinaire de la Société populaire 1.
« Fait à Corbeil, les jours et an que dessus. »
Suivent les signatures au registre.
» Les reliques de saint Exupère ou Spire, premier évèque de Bayeux, étaient conservées dans cette ville. Lors de l'invasion des Normands , dans le ixe siècle , on les emporta à Corbeil , pour les mettre à l'abri de leur fureur. Elles y étaient révérées dans la principale église de la ville, bâtie sous l'invocation de saint Spire. La pièce qu'on vient de lire nous apprend ce qu'elles sont devenues. Je l'ai trouvée dans les papiers de l'abbé Joseph- André Guiot , ancien curé de Corbeil , né à Rouen , mort en 1807 , curé de Bourg-la-Reine.