CHAPITRE XlII
vient désert ; les voix^ qui se croisaient en tous sens dans un brouhaha confus^ s'assoupissent^ et chaque place vide n'exprime que trop vivement Thorrible : cela fut 1
Une heure sonna. L'invalide entra dans le cabinet et dit d'un air grognon : « Monsieur devrait pourtant enfin quitter la fenêtre et manger^ sans quoi tout va se refroidir. — Est-ce que tu as de Fappétit^ cher cousin ? demandaisje. — Oh! oui^ répondit le cousin avec un douloureux sourire ; tu vas le voir immédiatement. » L'invalide le roula dans la chambre. Le dîner consistait en une petite assiette à soupe pleine de bouillon gras^ en un œuf mollet debout dans un coquetier et en un demi-petit pain blanc.
— Une seule bouchée de plus^ dit doucement et tristement le cousin en me serrant les mains^ le plus petit morceau de viande légère m'occasionnent les souffrances les plus insupportables , m'enlèvent toute énergie et me font perdre cette dernière étincelle de bonne humeur qui tâche encore de se réveiller par-ci par-là ^.
Je regardais la feuille de papier attachée au paravent, en me jetant dans les bras du cousin et le pressant vivement contre moi.
Oui, oui, cousin, s'écria-t-il d'une voix qui me pénétra jusqu'au plus profond de mon cœur; puis il ajouta avec une mélancolie navrante : Oui, cousin, et si maie nunc, non olim sic erif.
Pauvre cousin î
* Peinture exacte de ia situation où se trouvait alors Hoffmann. {Noie d'HUzig.)