‹ Contes sans prétentionChapitre 14 sur 41 · LE ROI DE KOMB · texte numérisé non relu

LE ROI DE KOMB

canon retentissant. — Un! ! dit la (bule« Et. à cet instant, comme si la parole de Dieu s'était fait entendre, tout écouta. Dans les Tuileries, il n*y eut plus un pas défaut, plus un mot de prononcé ; dans les rues, piétons, voitures, chevaux, devinrent immobiles; dans les maSsons , maîtres et domestiques deuieurèrent à leur place, tout se tut, tout s^arrêta, tout écouta; et le canon parla seul, dans cet immense silence, à huit cent mille âmes attentives et muettes I seulement, è chaque coup répondait un court et vaste tressaillement, car toutes ces voix comptaient ensemble les coups de canon, toutes ces voix disaient, deux ! trois ! quatre I si bas, qu'on eût dit la parole d'une seule personne, et elles s^entendaient cependant comme le cri d'une armée, tant le silence était profond. Ainsi le canon tonnant tout à coup, tint Paris immobile pendant cinq minutes ; puis lorsqu'on fut au dix-neuvième coup, on eût dit que l'attention unanime redoublait; au vingtième, la grande voix du peuple

sembla tremblante et émue en le comptant, et quand

te vipift-uoième édata, w cri lui répondit, ua qri joyeui^ et ùmneD^, un cri 4^8 l^uel se serait perdu le bruit de pulle canons; car c'était là le signal, et un héritier venait de naître à l'empereur Napoléon, et aussitôt la foule, penchée pour écouter, se leva autant sa joie ; Paris reprit sia marche r on 9e parla dans les maisons- Tout renoua.

Et l^on m'a conté que pendant ce grand moment, l'empereur Napoléon regardait son peuple à travers un rideau , après avoir r^fardé son en£smt : et je sais, parce que Tup de ses soldats me Fa dit, qu'il pleurait de grosses larmes, tant il était beu-^ reu:j.

Et nous, mes enfants, qui avons vu ce beau jour, laissez-nous nous en souvenir ; car cette année de notre vie fut belle pour nous écoliers, belle pour la France, et il semble qqe Dieu eût vpulp la marquer di) plus grand éclat pour faire sa kpm plus terrible , puisqu'il parut au ciel une magnifique comète qui rendit ^ussi la terrj féconde, p puisi «i cela m ym»

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importime pas, lâissë2!-m()i voiis dife eommeiit ces

grandes choses nous étaient apprises, à nous enfants. Dans fids grands lycées, pour nous accoutumer le cœur aux héroïquéâ actions^ aux combats sablimeâ , aux courages insurmontables, on Savait point recours aux histoires du t^tnps passé, et à Pheure de nos repas on tie mettait à la main du lecteur monté sur sa haute chaire, ni Thistoire grecque de Léonidas, di les Ëuneux oommentaires de César i on noUs lisait les bulletins de la grande armée ; et bien Souvent, il ih'est arrivé, (juand c'était moii tour de lecture, dé sentir ma voix s'enflammer aux récits du Moniteur; de me mettre soudainement debout dans ma chaire, commepour être aussi grand, de voir tous mes camades attentife, jusqu'à oublier leur dîner, silencieux, et rœil ouvert, m*écoutant avec avidité jusqu'au moment où j'arrivais à la phrase banale de cette époque : La victoire est complète. Et alors, un cri de : Vive l'Empereur ! éclatait sur ûos bancs, et quelquefois on nous donnait un congé , lorsque par exemple, il

avait conquis la capitale d^un royaume ou d'un empire.

Mais j'oublie Fenfant qui vient de naître. Qu'a>t41 donc fait de si intéressant, me direz-vous, pour nous parler ainsi de lui ?. .. Hélas I mes enfants, il a vécu, et par cela seul qu'il a vécu avec le nom de fils de Napoléon, sa vie a été une histoire pour le monde ; une histoire intéressante pour les rois et les peuples. Et puis, s^il ne fit rien, on fit tant pour lui, qu'à peine au berceau il occupait une grande place. Et d'abord, pour le nommer, on créa de nouveau ce nom de roi de Rome, qui, depuis Tarquin le Superbe, n'avait été porté que par Chariemagne. Pour lui, on commença un palais qui devait être plus magnifique que celui de Louis XIV ; pour lui, on força jusqu'à la nature ; et pourvu que votre bonne ait déjà passé l'âge de la jeunesse, elle a dû vous raconter que le roi de Rome allait à la promenade dans une belle petite voiture attelée de grands et beaux moutons blancs, dont les laines soyeuses pendaient jusqu'à terre. Je me les

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rappelle, moi, je me souviens de les avoir vus courir sur la terrasse du bord de Teau aux Tuileries, dociles comme des chevaux, caparaçonnés de rubans, tandis que nous les suivions avec des cris de joie; car nous disions alors : Vive le roi de Rome I II a vécu encore longtemps après. Qui nous eût dit que nos vœux étaient un souhait de malheur !

Il vécut ainsi dans la splendeur d'un roi jusqu'à Fâge où on est encore un tout petit enfant, et où, cependant, on commence à pleurer ou à rire pour quelque chose. Un jour, le Roi de Rome fut revêtu de son petit unifoime, sa mère le prit dans ses bras, et descendit dans la place du Carrousel. Il y avait trente mille soldats assemblés, les uns trop jeunes, les autres trop vieux ; la gloire de l'Empire en avait tant dévoré. Us défilèrent tous devant l'impératrice Marie^Louise et son enfant; et tous en passant prononcèrent un serment solennel, de mourir pour elle et pour lui. Le Roi de Rome, tout petit, mais qui voyait

que tous ces hommes l'aimaient, répondait à leurs

si CONTES l^ÔltR LEà EnIàNTS.

acdamfttiotis éû leUt^ envdyàat Ûh âès petites tiikiti^ des bai&ers ôt dés SDurlrëà. Ce j8ur-lS ; èëiii qiH étalent près de lui ferbllVèreht qu'il était fiet- et jôyéUi. Quelques jours àj^rèë, des vëiturés flë Vbyàge êtèdeni à la porte des îliilerieë^ et ébinmé tes eiitiemiâ àllaieat enTahir la ville, il fallait fuir; Gr^ té ^dè ]% vais vous dire n'est pas Un cxMè ihVëtitÔ à plWâir : c^estvrài^ aussi Vrai que ie pativre ëii&jllt est ttièi'L AU moment où Ton voulut le dedc^[Klre poûtr partit', il s'échappa en criant : le ne veux pA^ U.ii Je îië veux pasi.u* U fallut le poûrsiâviiB de ctonltfëéli chambre, et lorsqu'on eut pu ratteiâdi^> il s'eiltichà à un rideau de toutes ses |>etites fiorbeSi isàiigkHilInt et criant : le ne Veux pas sortir de mon chàtëàu dôà Tuileries; je ne Veux pas ! Mais on remporta inàlgîlS ses crisv et il n'est plus revenu.

FauMl vous dire^ mainl^ialit^ eommeht il il vé6tt loin de la France, lui dbnt la raiBon n'a pu troltHè ^ pour apprantdre à souffrir? Je ue sais d'il avait dflllS le cœur ou non^ comme on le prétond; un règltft

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