‹ Contestation de l'élection de Berthier, mai 1878 [microforme]Chapitre 42 sur 56 · SENS DUR · texte numérisé non relu

SENS DUR

Adolphe Lajoie,

Cultivateur, de St Barthelemy, dans le district de Richelieu, âgé de 40 ans.

| Lequel etc,, etc., dépose et dit :

Je ne suis point intéressé dans l'événement de ce procès.

Q.—Pendant l'élection dont il est question en cette cause, tenue en avril et mai 1878, étiez-vous un électeur dûment qualifié à voter à cette élection, et pour quelle paroisse du comté ?

R.--St Barthelemy.

Q.—Vous étiez électeur qualifié à voter ?

R.—Oui, mousieur.

Q.—Vous étiez catholique, comme vous l'êtes encore aujourd'hui, n'est-ce pas ?

Q.—Avez-vous eu occasion, en assistant à la grande messe les dimanches et les jours de fêtes, avant la votation, mais pendant cette élection, d'enteudre prêcher le Révd. M, Archambault, curé de St Barthelémy, sur la politique, et cette élection ?

12 —Oui, monsivur,

Q.—L'avez-vous entendu plusieurs fois ou une seule fuis prêcher sur ce sujet ? .

R.—- Dans ce temps-là, j'ai manqué la messe plusieurs fois, mais je me suis adonné là un dimauche, et il a prêché ce dimanche-là ?

Q.— Qu'est-ce que vous vous rappelez qu'il a dit ?

R.—Je suis qu’il a dit, en arrivant dans la chaire : ‘ qu’il n’était pas pour venir prêcher bien souvent, qu’il était le même homme, qu’il était le même prêtre, qu’il n’était pas pour en reparler souvent, qu'ou savait ce qu'on avait à faire, de travailler pour le bon parti.”

9,—Qu'est-ce qu'il a dit de se rappeler, à propos de ce qu’il avait dit dans les élections précedentes ; qu'est-ce qu'il a dit, à propos de ce qu'il avait dit auparavant ?

ÆR.—Il a dit de travailler pour le parti conservateur.

Q.— Qu'est-ce qu'il a demandé aux gens de se rappeler ? R.--De se rappeler qu'il était le même homme, le même prêtre.

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me prêtre.

Q.—Le même prêtre et le même homme que dans quel temps ?

R.—Pour la politique.

Q.—Eo avait-il déjà parlé auparavant ?

R.—Oui, souvent.

Q.—Qu'est-ce que vous avez compris que M. le curé voulait

vous dire, par ces paroles que vous venez de mentionner ?

R.—J'ai compris par ces paroles que je viens de mentionner, qu'il fallait être de son parti, être conservateur.

Q.—Pendant cette élection là, M. Lajoie, vous êtes-vous présenté pour vous confesser au révérend M. Brien ou au révérend M. Archambeault ?

R.—Oui, monsieur, à M. Brien,

Q.—Vicaire de la paroisse ?

R.—Oui, vicaire de la paroisse,

Q.—Vous êtes-vous confessé cette fois-ià ?

R.—Oui, monsieur.

Q.—Avez-vous cu une conversation avec le révérend M, Brien, uprès votre confession terminée, c’est à-dire après l'absolution ou la bénédiction donuée ?

Objecté à cette question comme illégale, en autant qu'elle tend à prouver dès faits se rapportant à la RE confidentielle qui ne peuvent être l'objet d’une preuve.

Objection maintenue quant à toute partie de la question tendant à obtenir du témoin une réponse qui pourrait divulguer ce qui lui a été dit durant l’accomplissement de l'acte de la confession, attendu que la divulgatiou d'une communication privilégiée ne doit pas être permise.

R.—Après que j'eus fiui, je me suis levé pour partir, et il m’a rappelé, et il m'a demandé pour qui j'étais; j'ai dit : “il y a trois aus, j'étais pour M. Sylvestre,” et il m'a demandé : ‘ à présent, êtesvous pour lui,” j'ai dit: “oui,” il a dit: ‘à présent, il faut changer ce parti là et prendre l’autre parti.” J'ai dit : “ j'ai toujours été de ce parti-là, et l’autre parti je ne connais pas l’homme qui se présente, je ne l'ai jamais vu, et M, Sylvestre je le connais comme il faut.” Il a dit: “ mon enfant, si tu es pour lui, eh! bien, tu n'es pas.

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ÆCupuble de faire tes l’âques.” J'ai dit: ‘ gurdez-'es, s’il n'y a pas anoyeu, je suis pour Jui.”

Q—Avaut cela, vous avait-il dit que, vous pouviez faire vos Pâques ?

.—QOui, movsieur,

Q —Etuit-ce avant la votation cela ?

dè.—-Qui, monsieur ; avant la votation,

Q —Etuit.ce après que les deux candidats fussent sur les rangs ?

Æ,—Oui, monsieur.

Le déf:ndeur déclare qu'il n'a pas de tran:question à poser au témoin, Et le déposant ne dit rien de plus,

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Gilbert Comtois,

Cul tivateur. de Ja paroisse de St Barthelémy, âgé de 54 ans. k

Lequel etc., ete , dépose et dit :

Je ne suis point intéressé dans l'évènement de ce procès. Q.— Pendant l'élection dont il est question en cette cause, tenue-

eu avrilet mai 1878, étiez-vous un électeur qualifié à voter à cette élection ? E KR. —Oui, wonsicur.

Q. —Pour quelle paroisse ? $ Æ.—-St Barthelémy.

Q.— De quelle religion étiez-vous ? * Æ.—Catholique, comme je le suis encore aujourd'hui.

Q.— Pour quel parti,et pour quel des deux candidats, étiez-vous à cette élection ?

R.—Pour M. Sylvestre.

Q.—Comment uppelez-vous le parti auquel appartenait M. Syl- à vestre, et auquel vous appurtenivz vous-même ?

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M. Syl-

R.— Libéral.

Q.—-Le dernier samedi avant la Semaine Sainte, pendant cette élection, majs avant la votation, vous êtes.vous présenté pour vous confesser au Révd. M. Brien, vicaire de la paroisse de St Bartheiémy ?

R.—Oui, monsieur,

Q.—Avaut de commencer votre confession, c'est-à-dire avant d'avoir fait aucune prière ou aucune déclaration à M. Brien, qn’estce qu'il vous a dit ?

Objecté à cette + À comme illégale, en auta nt qu'elle tend à faire la preuve de faits se rapportant à la confession, et de commu nications confidentielles qui ne peuve:t être l'objet d'une preuva deant cette Cour.

Objection maintenue quant à tou te partie de la question tendant à obtenir du témoin une réponse qui pourrait divulguer ce qui lui a été dit durant l’accomplissement de l'acte de la confession, attendu que la déclaration d'une communication paivil (giée ne doit pas être permise,

R.—1Il m'a demardé : “si j'étais encore le même homme.” J'ai dit: ‘ oui, je suis encore :& même homme.’ Cela vouluit dire, si j'étais toujours rouge, si j'étais toujours le même homme. Cela fait, dans œe cas là, on s’est laissé, Je suis purti et jui été entendre la messe.

Q.—Après vous avoir demandé si vous étiez toujours le niême homme, vous a-t-il nommé les deux candidits, où vous en a-til parlé ?

R.— Il m'en avait parlé auparavant. Je savais que c'était M. Sylvestre et M. Robillard ; et il savait pour qui j'étuis.

Q°—Vous a-t-il demandé, cette fois-là, de voter, pour aucun des candidats ?

R.—I1 m'a dit: “que si je voulais voter pour M. Robillard, qu’il me laisserait faire mes Pâques.” On s'est laissé de même. J'ai dit: “il n’y a pas d'affaires à faire.”

Q.—Quelles ont été les dernières paroles qu'il vous a dites, avant que vous sort iez du confessionnal, cette fois-là ?

R.—Ilim'a dit cela: ‘‘ si vous voulez faire vos Pâques, votez pour

RÉ neapr:

D. Robillard.” Je lui ai dit: “je vous ai dit que j'étais toujours le æmême homme, et je ne veux plus vous le repéter.”

Q--Avez-vous fait vos Pâques ? ’

R.— Non, monsieur.

… Q.—Vous êtes-vous confessé ?

ER. —Non, monsieur,

Q.— Pour quelle raison ne vous ‘êtes-vous pas confessé ?

R.—-Parceque je savais, qu’en me confessant, je n'aurais pas fait mes Pâques.

©.—Avez-vous entendu prêcher le Révdÿ M. Archambault, curé de la paroisse, pendant cette élection ?

ÆR.—Un peu, trop souvent pour bieu faire.

Q.—Bien ! qu'est-ce que vous vous rappelez de ses paroles, conœeruant la poiitique et cette élection ?

R.—Je m'en rappelle, parceque à tous les dimanches, en prô- @hant, il avait toujours ua petit coup de dent contre les rouges. Cela fuit que le monde était tanné ; quand le sermon arrivait, ils prenaient leurs chapeaux et puis sortaient, Ils étaient fatigués de cela, Moi, je ne suis jamuis sorti, parceque je savais que c'était mien, cela ne me fatiguait pas. C'était pour nous effrayer.

Q,—Qu'a-til dit à propos de la dampation d’un certain parti ?

R.—Pour la damuation, pour les rouges ?

Q —Oui, monsieur ?

ÆR.—II avait dit que tous les rouges étaient damnés. Etant dumdamnés c'était inutile d'aller à contesse, Cependant, moi, j'y ai été. J'ai dit : ce qu il nous a dit, c’est pour nous épeurer. J'ai, été à confesse, et j'ai fuit mes Quarante sieures,

OQ.—Les Quarante-heures que vous avez faites, étuit-ce RTE œctte élection là, ou après une élection antérieure ?

R.— L'élection de M. Sylvestre, auparavant. È

Q.—Pendant cette élection là, Ja de, nière, et “elle dont il est question en cette cause, vous u'avez pas communié ?

R.—Eh ! non ; je vous l'ai dit tout à l'heure ; je nai pas pu ‘me confesser.

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TRANSQUESTIONNÉ: PAR LE DÉFENDEUR

Q.—N'atil pas dit aussi que les bleus, qui commettaient des péchés mortels, étaient damnés comme les rouges ? R.—Le cette affaire là, il n’en a jamuis parlé.

Q.—Il en a parlé, toujours ?

R.—S'il en a parlé, je ne m'en remets pas.

Q.—Quand est-ce qu'il a dit cela, que les rouges étaient dam: nés ?

ÆR.—C'est dans l'élection de M. Sylvestre. Il a dit : ‘‘ les rouges c'est tout damué.” Il y en avait pas moins de cinq cents dans la paroisse,

Q.—Quelle élection de M. Sylvestre ; dans quelle année ?

R.--Dans l'élection de M. Sylvestre et de M. Tranchémontagne. Daus la dernière, il a seulement dit : “ remettez-vons de ce que je vous ai dit, mes enfants ; ce n’est pas nécessaire que je revienne toujours sur le même sujet.” ,

Q.—Lorsqu'il a dit ‘ mes enfants ”’; vous avez cru qu'il parlait aux rouges comme aux bleus ?

R.—Oui, monsieur,

Q.—-Qu'ils étaient plus damnés dans cette élecvtion-ci ?

ÆR.—Oui, monsieur.

Q.— Vous avez compris qu'il avait aussi été question des bleus comme des rouges ?

R. —J'al compris qu’il voulait qu’on vote du parti bleu, d’après ce que M. le Curé voulait dire.

Q.—-Mais vous avez compris qu'il vous appelait ses enfants. comme les autres ?

R.--Ce sont ses enfants pareils.

Q.—Tout ce qu'il vous a dit dans l'élection dont il est question en cette cause, c’est de vous rappeler ce qu’il vous avait dit auparavant, Il ne vous a pas dit autre chose ?

R.—-Oui ; je ne me remets pas d'autre chose,

Q.—Lorsque vous avez été pour aller à confesse, aviez-vous fait. le signe de la croix, avant qu'il vous parle de cela ?

R.—E£n me mettant à geuoux, il m'a demandé: “êtes vous toujours le mème homme ?”

Q.—Il ne vous a pas dit d'autre chose que cela ?

R.—Non, monsieur.

Q.—Vous jurez positivement qu'il ne vous a pas dit d'autre chose ?

KR.— Oui, monsieur.

« Q.—Mais ilne vous a pas dit qu'il savait que vous étiez rouge ?

R.—Nov, monsieur.

Q.—Il ne vous a pas parlé de rouge ou de bleu du tout ?

Æ.—Non, monsieur.

Q.—Il ne vous a pas dit que c'était parceque vous étiez rouge que vous ne feriez pas vos Pâques ?

R.—II a dit: ‘ si vous voulez faire vos Pâques, il faut que vous votiez pour M. Robillurd.” J'ai dit: dans ce cas là, on parle de rien, et on s’est luissé,

Q.— Mais vous aviez fait le signe de lu croix, dans ce temps-là ?

R.—Non, je n'allais pas à confesse, dans ce moment là, je n'étais pas décidé.

Q.—Vous n’alliez pas pour aller à contesse ?

R.—J'y avais été quelque temps auparavant, et il m'avait dit de revenir, Je n'allais pas pour commuuier.

Q.—Vous n'y allics que pour parler de ire Re Etait-ce exprès pour parler de politique ?

Æ.—Non ; j'avais d'autres affaires.

Q.—Mais pas pour vous confesser.

R.—Non; je n'y allais pas pour me confesser,

Q.— Pourquoi faire ?

R.— Parceque j'avais d'autres affaires,

Q.—Quelles affaires, pourquoi alliez-vous trouver le prêtre ?

R.--Il m'avait dit ‘ de revenir pour voir si j'étais toujours dans les mêmes sentiments, pour voir si j'étais toujours pareil.”

Q.—Vous avait-il dit cela longtemps avant ?

R.—Huit jours avant,

Q—Quand ost-ce que c'est, que vous avez parlé de cela, pour la première fois, M. Comtois, de ce que le prêtre vous avait dit ?

R.—Dans le temps des l’iques.

Q.—Cette année ?

tre R.— Pas cette année,

Q.— Quand est-ce que vous avez dit cela, ce qui s'était passé entre vous et votre curé ?

iez R,—Je ne l'ai dit à personne, comme cela, Q.—Vous jurez positivement que vous n'avez pas parlé de cela à personne ?

R.—Je n'ai jamais parlé des affaires de confession. J'ai dit, par exemple, qu'il fallait que je vins retourner à l’église pour faire mes age Pâques ; et j'y ai retourné.

Q.-—-Mais vous n'avez jamuis parlé à personne de ce que vous ous venez de dire, ce que le prêtre vous avait dit ? à de R.—J'ai dit qu'il m'avait dit de retourner à l'église. Q.—-C'est tout ce que vous ayez dit ; vous n'avez pas dit pourlà ? quoi, ni rien de tout celu ?

tais R,—J'ui dit que, pour faire mes Pâques, il fallait que je vios retourner à l’église, ka Q.—Je vous demande si vous n'avez pas dit à personne, cé que

vous avez rapporté que le prêtre vous avait dit ? R.—Je l'ai dit, > ex- Q.—A qui ?

R.—-A plusieurs de mes amis.

Q.—Quaud, pour ta première fois ?

R.: —-Dans le temps de l'élection.

Q.--Depuis ce temps-là, vous en avez pas parlé ? R.—Des fois.

Q'—Hier au soir, vous en avez pas parlé ?

R.—Je ne m'en remets pas.

dans Q.— Vous avez pris un coup avec les Pétitionnaires, hier soir ? R.—J'en use pas. | Q.—Vous ne vous êtes pas renfermé avec les Pétitionnaires *:

| pour parler de cela, hier au soir ? |

R.—Je ne les ai pas vus.

Q.—Avec qui avez-vous parlé de votre témoignage, hier au soir ?

R.—Je ne puis pas vous dire.

Q.—Pourquoi ne pouvez-vous pas le dire ?

R.—Certainement, on m'a parlé bier soir.

Q.—Avec qui avez-vous parlé ?

R.—Avec mes gens.

Q.--Avec qui, vos gens ?

R.—Avec M, Brousseau M, Marion, M. Lajoie, M. Brouillard, et d’autres, on était une dizaine,

Q.--Etiez-vous enfermé dans une chambre ?

R.—On était dans une chambre, et la porte était ouverte, RÉ-EXAMINÉ.

Q.—- Vous avez dit que M. Brien vous avait dit de revenir à confesse ; pourquoi, vous avait-il dit cela ?

R.—Parceque je lui avais dit, ‘que je nérouinis pas voter par M. Robillard, que je ne le connaissais pas.” Là, il m'a dit: “ si *o0s varie faire vos Pâques, votez pour M. Robillard : revenez me voir.”

Q.—Daus combien de temps ?

R.—Huit jours.

Q.—A quelles conditions deviez-vous revenir ?

R.—A condition de voter pour M. Robillard.

Q.—Vous y êtes retourné, malgré cela ?

R.— Oui, au bout de huit jours ; quand il m'a vu revenir, il m'a demandé ‘si j'étais encore le même homme,” je lui ai dit que oui.

Q.--S'il avait voulu vous confesser cette fois-là, vous seriez-vous confessé ?

R.—Non, je l'ai dit tout à l'heure, J'y ai été au bout de huit jours; je ne suvais pas s’il me confesserait.

Q.—C'est pour cela que vous croyiez inutile d'y aller ? ?

R.—Oui ; je savais que je ne me confesserais pas.

\Q.—S"il n'avait pas exigé que vous abandonniez votre parti; auriez vous fait vos Pâques, vous seriez vous confessé ?

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au-

R.--Non, monsieur, pas cette fois-là,car je seræis venu à jeun de chez nous. Je serais allé gour faire mes Pâques.

Q.—Vous aviez bu et mangé le matin ?

R,—QOui, je savais qu'il ne me confesserait pas, parceque je n'avais pas changé de dispositions,

Q.—Alors, vous veniez pour voir si votre confessour était luimême changé de dispositions à votre égard ?

R.—Oui, monsieur,

Et le déposant ne dit rien de plus,

me fm mm cames

Louis Roy,

(Suite de la déposition interrompue à la page 110.)

Avenant ce vingt-quatrième jour d'avril 1880, le témoin comparait de nouveau, et sa déposition est continuée comme suit :

Les Pétitionnaires déclarent se désister de la question précédente.

Q.—A quel parti apparteniez-vous pendant cette élection-là, et eu faveur de quel condidat étiez-vous ?

R.—J'appartenais au parti libéral.

Q.—En faveur de quel candidat étiez-vous ?

R.—Pour M. Sylvestre.

Q.--M. le curé Champeau connaissait-il votre purti politique, et sevait-il que vous étiez pour le candidat Sylvestre ?

R.—Je le érois, mais je ne suis pas capable de le jurer.

Q.—Vous êtes-vous, pendant cette élection, mais avani la votation, présenté pour vous confesser au Révd. M, Champeau, curé de la paroisse de Berthier, dans le but de faire vos Pâques, cette annéelà ? :

Q.—Oui, monsieur.

R.—Après votre entrée au confessionnal, où confessait le Révd. M. Champeau, qu'est-ce que ce dernier a fait avec le guichet du

cocfessional, dans le but de vous empêgher de vous confesser et de pe pas recevoir votre confession ?

Objecté à cette question, en autant qu’elle tend à prouver des faits relatifs à la confession.

Objection réservée par la Cour.

R.—Il l’a fermé.

Q.—Devant vous, à votre nez, comme l’on dit ?

R.—Oui, monsieur.

Q.— Pour quelle raison, ? vous a-t-il dit pourquoi ?

R.—U'est venu sur un à-propos de politique, c'est à cause que j'étais rouge, d’après ce qu'il m'a dit.

Q.—Après cela, avez-vous essayé de retourner à confesse dans le but de faire vos Pâques, et dites ce qui a eu lieu alors ?

R.--J'ai retourné quatre jours plus tard à M. le vicaire ; je ne me rappelle pas directement de son nom aujourd’hui, mais c'est le vicaire d'ici, toujours ; je me suis présenté à lui, et ii m'a dit: ‘- que quand même je mériterais l’absolution, il ne pourrait pas me la donner.

Q.—C'est avant de commencer les prières, qu'il a dit cela ?

R.— Oui, monsieur ; il m'a dit cela de suite, rapport que J'étais uu penitent de M. le curé, ii ne pouvait pas me donner la permission, et qu'il fallait qu'il vint écrire à l'Evêque.

0.—Atez-vous raison de croire que M, le vicaire connaissait alors de quel parti vous étiez ?

R.--Il me l’avait demandé,

Q.—Avant de vous dire cela ?

R.—Oui, monsieur, .

Q.—Et vous le lui aviez dit ? ‘

R.— Oui, je lui avais dit.

. Q.—Vous avait-il demandé si vous étiez un pénitent de M. le curé, ou bien s’il le savait ?

R.—Je pense qu'il me l'a demandé; je ne m'en rappelle pas bien, bien, mais toujours que la question en est venue,

Q.—Etait-ce le matin ou dans l'après-midi ?

R.—Le Jour de Pâques au matin.

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Q.—Vous vous étiez | Je dans le but de faire vos Pâques, ce matin-là ?°

R.——Oui, monsieur.

Q.—-Daos l'après midi, qu'est-ce qui s'est passé ?

R.—Après la messe, j'ai été diner chez mon garçon, ici au village, et je suis revenu entsadre les vêpres, et après les vêpres il m'a

pris uue 1dée de retourner à la sacristie ; je l’ai rencontré, et on est:

revenu sur la mêrne question du matin.

. 4, Q.—Pas dans le contessionnal ?

R—Non, dans la sacristie, et là il m’a demandé : ‘ si je venais pour aller à confesse.” J'ai dit que ‘ non, que je n'étais pas venu

dans cette intention-là, mais que je venais à l'occasion de ce qu'il

m'avait dit le matin, qu’il fallait qu’il vint écrire à l'Évêque pour

me donuer l’absolution, que sans cela, il ne pouvait pas me la donner.” Là-dessus j'ai dit : ‘je vais y aller moi-même."

Q.—Aller vous-même où ?

R.—A l'Evêque.

Q.—Lui avez-vous dit, quand vous partiriez pour y aller ?

R.—Le lendemain matin.

Q.—Alors, qu'est-ce qu’il vous a dit, après que vous lui avez dit que vous iriez voir l'Evêque ?

R.—1il a dit: ‘‘si vous étiez venu pour vous confesser, je vous aurais confessé .”

Q.—Il vous a dit cela après que vous lui eussiez dit que vous iriez voir l'Evêque ?

K.—Oui, monsieur.

Q.—Tl ne vous a pas dit cela avant que vous lui eussiez dit quevous iriez voir l’'Evêque ?

R.—Non; il me l’a dit après; il a dit: “je suis prêt,” je lui

‘ai dit: ‘“‘je ne suis pas beaucoup prêt, moi ; vous savez ce qu'on

a eu ce matin, ça m'a indifférencé ct j'aimerais bien à réfléchir, hormis que vous veuillez m'aider ” ; il m'a répondu: ‘“ qu'il m'aiderait,”” et il m'a dit: ‘‘ allez vous agenouiller quelque temps, et je vous confesserai tout-à-l'heure.”’ |

Q.— Et il vous a confessé ensuite ?

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