SCENE XII
ANATOLE, l\r« GALANT.
M"" GALA^NT, e^ trant du fond nvec un flambeau. J'aurai demain toute ma toilette... ah ! c est loi, Anatole ? [Elle pose son flambeau sur la tabla à droite.)
ANATOLE. Vous v'ià déjà» ma tante.
M"^ GALANT. Comment!., déjà !..
ANATOLF. Non., je voulais dire : vous avez eu t<>rt de reveiir si viie.
M""^ GALANT. Ah ! tu crains que je ne me sois trop f.iiiguée.. . sois tranquil.e... j'ai pris un omnihus..,en citadine,je me serais trouvée seule... livrée à mrs eiinus... si les convenances eussent permis que tu m*accompagnasses, Anatole... {t>aissant le$ ymx) j'aurais pris une citadine.
ANATOLE. Ou une Lutécienne.
M*"" GALANT. A ton choix, Anatole... tu sais que j'ai toujours cherché à prévenir teà vœux... si je l'ai fait jadis. .. que ferai je aujourd'hui que tu es ma seule consolation... mon seul appui...
ANATOLE, oh !... vous avcz encore'monsieur Bonami.
ar^ GALANT. Comment peux-tu te comparer à ce vieillard respecta »!, il est vrai.., mais radoteur, et insupporia ijo !... tu es modeste, Anatole, beaucoup tro^> modeite... approche...
ANATOLE, à part. Je suis dars une chaussure étroite... c'est une position très-gênanto.
M""^ GALANT. Sais tu que tu ressembles à mon mari... en beau... en très-beau...
ANATOLE. Oh ! . - vous me flattez, mataiite, vous me flattez...
M"'*' GALANT. Tu as SOU of^aue surtout... mais bien plus doux... bien plus tendre...
ANATOLE. Après ça... ça n'a rien d'étonna-t... le même sang., c'est comme Qjademoiselle Henriette, elle a quelque chose de vous.
M"*" GAL\NT, sèchement. Henriette !..
ANATOLE. Votre voix principalement...
quel(|uefoisqHandeHeesidemauvaisehumeur, je cjois vous entendre.
M*"" GALANT. Mais moi !.. je suis toujours de bonne humeur a\ec toi!... Voyons ne parons plus d'Henrietle, ni de mon marî... parlons de nous... de notre avenir...
ANATOLE, à part. Ma chaussure semble àe rélrécr encore.
M""^ GALANT. Eh bien, n*as-tu rien à me dire. . .
ANATOLE. Non... et vous?
M""* GALANT Moi !
Air : Je i)oulai$ bîin.
Si tu voulais, {bis) A ma tristesse faisant trêve, Je te rappelerais mon rêVe, Sur ses détails je reviendrais.
Si tu voulais.
▲NATObB.
||«e GALANT.
Si tu voulais...
Te 90uvient-iJ du beau jeune homme?
Faudra-t-il donc que je le nomme?
Ge soio, tu me l'épargnerais, Si tu voulais.
ANATOLE
Si je voulais I... eh bien, après?
M"e GALANT.
Si tu voulais, Il était blond... il était frais!
AKATOLE.
Ohl oh!
U^" GALANT
Si tu voulais.
Comme tu le devinerais.
ANAIOLK.
Ah! ah!
»»■"« GALANT
Si tu voulais.
ANATOLE, à part.
Si je voulais.
M™« CALAST.
Si tu voulais ! {bis)
{Écoutant.) N'^ntcnds-je pas du bruit?
ANATOLE. Oui. (A part ) Je sui-s saiivé!
M®* GALANT. Sépjiroiis-nous un insianL..
mais tiMit à 1 heure ici... tuuiise légèrement pour in'Hvcrîir.
ANATOLE, à part. Je veux m'étrangler si je tousse !
M*"* GALANT. A bientôt. (EVe sort par la droite^ etJnfjiol'par le fundy chacun emportant son flambeau.)
scÈ.NE xni.
GALANT, seul, entrant par la gauche.
Il me semble qu'il y avait de la lumière ici... c'était sans d'»ute mon oncle qui allait se livrer aux douceurs du sommeil. Bonne nu t, respecta le oncle, bonne nuit... maintenant, obs urité complèie... tant mieux 1 j'en serai plus audacieux... Henriette mi)ins farouche. . . pourvu que je ne i'aitende pas en vain.
Air : Tiens, gentille dame.
Viens gentille fille, [bis) Mon cœur, mou creur bat... je grille De t'en faire don I Uàte-toi. ma belle; Ah 1 viens ! ah l viens donc I Ah I viens donc!
Ah ? mais pour quelle vienne, j'oublie qu'il faut donner le Mgnal... Étourdi... \ile le sigual... (// tousse.)