Bulletin de statistique, juillet
11 i CONTRE L'ALCOOLISME
pas sédentaires, attachés au sol même, échappent à celles de la justice1 ; et ces lacunes les font manifestement moins probantes qu'elles ne pourraient l'être. — Mais telles qu'elles sont, il suffit de les rapprocher pour constater un parallélisme, presque constant, entre la consommation de l'alcool et la production du délit dans les mêmes régions et parmi les mêmes populations.
En moyenne « générale », il se boit dans les villes, par tête d'habitant, à peu près deux fois plus de spiritueux que dans les campagnes2; pareillement, sur 100.000 habitants, le nombre des délinquants, alcooliques urbains, est supérieur aux ruraux dans le rapport de 843 à 51. Même rapport de cause à effet si l'on compare entre eux les coefficients du calcul. Ainsi le rapport entre les délinquants alcooliques urbains et les ruraux se renverse dans deux ressorts judiciaires, ceux de Rouen et de Rennes1, et, dans ces mêmes régions, cultivateurs et pêcheurs normands et bretons boivent jusqu'à deux ou trois fois plus que leurs compatriotes des villes, même industrielles5.