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travers les élégances de l’art, ces grands esprits se développent avec une aisance pareiïlie etnous dominenten nous charmant, Voici que la plus séduisante des muses reçoit un hommage et un secours venus du fond d’une active retraite d'où nous arrivent tant d'exemples de courage et tant de sages et fermes conseils. Ne nous plaignons pas trop, nous autres rêveurs et rimeurs qui tenons par notre âge à ce passé et qui nous sentons protégés par lui. Mais je songe à nos successeurs, je me demande ce qui sortira pour les lettres et pour les arts des opulents loisirs que la politique actuelle ménage à ceux qui l’exercent. Peut-être encore des subventions.. Mais ce n’estpas de ce pain-là que vit une littérature. Pour connaître ses besoins, il faut être de la maison et la servir de sa personne; on ne la protège avec efficacité qu’en l’honorant. Ce qu’elle demande par dessus tout aux hommes d'État, c’est un amour sincère, le
respect et la liberte.
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Do 2 LL, CHAPITRE PREMIER M ee. MUSIQUE ET RÉVOLUTIONS REX 4 ; Les deux premières parties de ce petit livre 4 ls écrites sous l'Empire et publiées dans le Cor- ve | respondant de 1868 à 1869 ne sont pas exemp- È tes d’allusions politiques. Cette dernière parts Le comporte autre chose que des allusions : s ele parait sous la prie qui continue l'Em- ÈS
pire par ses plus mauvais côtes ; les formes sont differentes, le fond est pareil : c'est le même art, la même littérature, la même philosophie, c’est toujours le matérialisme. On y met aujourd'hui plus de franchise, plus de grossièreté, plus d’intolérance; il n’y a que cela de change. Mais pourquoi toucher à la politique à propos de la musique? le voici : la musique est l'art à la mode, l’art souverain de notre temps ; elle se mêle à tout : c'est elle entre tous les arts qui émarge les plus grosses sommes dans le budget de l'État et des familles, qui prend le plus de temps dans les plaisirs et dans les études de la plus nombreuse moitié du genre humain. C’est elle qui a marché le plus vite : en cinquante années, elle est arrivée de sa plus haute perfection à sa décadence. Get art essentiellement religieux, le grand art de Mozart et de Beethoven, se moque aujourd’hui de tout et delui-même; il nous livre sa propre caricature en des milliers de productions qu’il est impossible de qualifier.
Il excelle, s’ille veut, à endormir le sens moral:
c'est pour cela que l'Empire a tant poussé à la multiplication des orphéons, des socièles chorales, des fanfares, des {heäâtres lyriques et que la République continue. Mais la République a aussi la prétention de nous réveiller.
Nous allons voir ce qu’elle réveille.
Voici que la Marseillaise est instituée par
décret chant national de la France. C’est une
grande chose qu'un chant national; n’en a pas qui veut. Il y faut la collaboration de l’histoire ; le génie d’un poète et d’un musicien n’y suffisent pas; c’est le génie d’un peuple et sa destinée qui s'expriment dans une œuvre pareille.
Une faction parvenue au pouvoir, si puissante qu'elle soit, ne réussira jamais à transformer son chant de haine et de mort en hymne national.
Qu'est-ce que la Marseillaise dans l'his-
toire de France? Comme une foule de choses devenues funestes, elle a commence sans mau-
vaises intentions ; elle a eu un sort semblable
à celui des fameux principes de 89. Leurs au-
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