‹ Contre la terreurChapitre 116 sur 400 · Gonon, Bibliographie de Lyon^ pièce · texte numérisé non relu

Gonon, Bibliographie de Lyon^ pièce

150 l'insurrection de LYON EN 1793

Loire-Inférieure, du Calvados réunis à Caen, jurent guerre éternelle aux tyrans, aux traîtres, aux anarchistes, jurent de maintenir la liberté, Tégalité , laRépublique une et indivisible, jurent de n'employer les pouvoirs qui leur sont confiés que pour faire respecter la souveraineté du peuple * .

Une seconde proclamation parvenait toute vibrante d'enthousiasme, toute saturée d'illusions. Nous croyons devoir la citer m extenso :

Adresse de- l'assemblée centrale de résistance a l'oppression DES députés des COMMUNES ET ASSEMBLÉE PRIMAIRES DES DEPARTEMENTS RÉUNIS. SEANT A CABN ET ENVOl'ÉES AUX CITOYENS COMPOSANT l'asSEMBLÉE DU DÉPARTEMENT DE RHONE- BT-LOIRE.

Frères et Amis,

Au premier cri de la liberté menacée par de nouveaux tyrans, les Bretons se sont levés dans leurs communes, dans leurs assemblées primaires, ils ont nommé des députés pour former à Rennes un comité central. L'ancienne Neustrie prenait simultanément les mêmes mesures et bientôt les familles armées se sont rapprochées et les différents comités se sont confondus en une seule autorité centrale de résistance à Toppression, séant à Caen. Là nous avons pris les plus grandes résolutions pour maintenir Tunité et l'indivisibilité de la république et sauver la patrie des mains des scélérats. Nous avons suspendu le cours de la fortune publique qui s'écoulait dans leurs mains avides ; nous avons arrêté les insolents proconsuls qui infectaient et gangrenaient nos contrées. Nous avons organisé et dirigé les forces départementales que le peuple luimême précipite vers cette montagne fatale dont les laves auraient bientôt stérilisé notre sol, si nous ne nous hâtions d'en éteindre le volcan.

Six mille hommes sont en mouvement et marchent au secours de Paris contre Tanarchie. Ils sont indivisibles, car ils combattent pour la liberté, Tunité et l'indivisibilité de laRépublique ; ils sont indivisibles, car ils sont l'élite de nos départements, en état de délibérer comme de combattre, ils sont indivisibles, car

i. Gonon, Bihliogr. de Lyon^ pièce 1295.

l'arrivée de PRÉCY a LYON 151

ils ont Famour pur de Tordre des lois et le sentiment de toutes les vertus républicaines, ils sont indivisibles enfin, car Félix Wimpffen,le héros de Thionville, les commande.

Frères et amis ne perdez pas un instant, le temps presse, les scélérats ne dorment pas, déjà Tavant-garde de nos fédérés est à Evreux, à vingt-cinq lieues de Paris, les bataillons du Calvados et d'Ile-et-Vilaine y seront le 8 de ce mois, celui du Morbihan le 10, celui du Finistère le 14, la Mayenne et plusieurs autres sont en marche, et, du 20 au 25, tous seront sous les murs de Paris, aucun obstacle, aucun événement ne peut ralentir ni entraver leur marche. Nos frères de Paris attendent leurs frères du Midi, pour partager et leurs travaux et leurs succès, hâtez-vous, ils vous donnent rendez-vous sur la place du Carrousel. Hâtez-vous, nos frères de Paris nous implorent et nous tendent les bras, 3 ou 4.000 scélérats tout au plus les oppriment et les vainqueurs des Tuileries n'ontqu'à se montrer pour faire fuir les lâches anarchistes dont toute la force est dans la corruption.

Depuis longtemps nous tentons tous les moyens de correspondre avec vous, de vous communiquer nos pensées, nos sentiments, nos mesures ; nosefTorts ont été vains, les tyransont des yeux d'Argus ; si cette lettre et la déclaration qui raccompagne vous parviennent, au nom du Salut public, au nom de la Patrie, au nom de tout ce que nous avons de plus sacré, nous vous conjurons d'en faire circuler des exemplaires jusqu'à Textrémité dû Midi, de les répandre dans tous les lieux où les lois, la patrie et la vertu comptent quelques amis. Nous vous conjurons aussi d'employer tous les moyens imaginables pour nous faire connaître vos dispositions surtout la marche et la route de vos fédérés, afin que nous coordonnions nos mesures aux vôtres.

N'épargnez ni peines, ni soins, ni dépenses, quand nos ennemis dilapident des millions parjour pour nous anéantir, donnons sans compter quelques mille livres pour sauver le peuple français. Adieu, précipitez votre marche, concertez-la sur la nôtre, entrons ensemble dans les murs de Paris, nous y consacrerons Tunité de la République, nous y délivrerons nos frères oppressés, nous y sauverons la Patrie ou nous y périrons avec elle.

Signé : L.-J. Ronjoux, Louis Caill,

Président. Secrétaire'.

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