CHAPITRE
Dès cinq heures et demie du soir, les bataillons de la place Bellecour, exaspérés par cette journée d'attente, manifestèrent l'intention do se porter en avant. Madinier, qui venait de recevoir Tordre du président Fréminville, déclara aux officiers qui l'entouraient que Theure était venue d'agir ; il forma ses troupes en deux colonnes que devaient précéder quatre pièces d'artillerie provenant de l'Arsenal.
L'une de ces colonnes fut placée sous le commandement de Justin Badger, l'ancien chef de légion, assisté de Gingenne,le vieux maître d'armes du régiment de la Couronne, très populaire dans la garde nationale, qui l'avait élu chef de bataillon, et de Lenoir, officier du môme grade, qui avait également servi dans l'ancienne armée ; elle devait suivre la rue de la Charité et le quai du Rhône'. L'autre colonne restait sous les ordres directs du commandant général, que secondait avec activité un jeune architecte lyonnais, nommé Buisson'-', improvisé adjudant général; son itinéraire était le quai de Saône et la rue de la Boucherie. Les deux colonnes devaient obliquer, Tune à droite, l'autre à gauche, et combiner leur mouvement de façon à déboucher presque simultanément sur la place des Terreaux et à s'emparer de l'Hôtel de Ville.
Pour ne pas mettre trop vite à l'épreuve la fidélité des