‹ Contre la terreurChapitre 354 sur 400 · linpporl de Coiifhoii^ prrcité, p · texte numérisé non relu

linpporl de Coiifhoii^ prrcité, p

4. (ionon, Bihliof/ra/fhie de L>/on. pièce i U)8 (réponse du corps administratif:.

O. liffplittr/ dt' f'oui/infl, \). •J3.

DÉCOl RAGEMENTS ET DÉSORDRE 515

même qui avoue ainsi le service de police et d'espionnage depuis longtemps organisé, « le représentant avait pris la précaution de faire passer dans la ville par des personnes affiliées un très grand nombre de copies de cette sommalion ».

Elle était ainsi conçue :

Les représeyUanls du peuple CoiUhon, Maignet et Laporte aux liabilanls de Lyon,

La Convention nationale vient de rappeler dans son sein les représentants du peuple Dubois-Crancé, Chàteauneuf-Kandon et Gauthier et c'est nous qu'elle charge maintenant de réduire votre ville rebelle. Habitants de Lyon, réfléchissez! Nous vous sommons encore, au nom du peuple français levé contre vous^ d'ouvrir vos portes, de déposer les armes, de livrer les scélérats qui vous trompent, vous oppriment, vous perdent. A ce prix nous sommes vos frères. Que les hommes qui n'ont pas do crimes à se reprocher soient tranquilles, leurs personnes et leurs propriétés seront respectées. Le peuple et ses représentants ne connaissent de volonté que celle de la loi, et la loi ne frappe que les coupables. Nous donnons ordre de suspendre le bombardement jusqu'à quatre heures du soir ; si, a cette heure, votre réponse n'est pas arrivée, le feu du peuple reprend et ne cessera plus que la justice nationale ne soit satisfaite 2.

Séb. Laportr, Couthon, Maignet.

Avec moins de prolixité c'était toujours le même genre de proclamation, Couthon engageait nettement les Lyonnais à livrer leurs chefs.

Les corps administratifs séant à Lyon, réunis aux délégués du peuple français du département du Rhône-et- Loire, formant le Comité général de Salut public, répondirent aux représentants que le peuple de Lyon allait

1. On a vu, d'après ce que disait le gén^Tnl Hivaz, quel fond d'indiscipline présentait-' ce peuple français l<*vé contre Lyon-).

2. Bulletin ituprinn* des aulorilés, pièce 37, octobre. — Gonon, Diblio^ graphie de Lyon, pièce 1408.

516 l'insurrection de lyon en 1793

s'occuper de délibérer sur le contenu des dépêches, mais que le délai indiqué était insuffisant pour que le peuple puisse donner connaissance de sa délibération; que cependant, aussitôt qu'il aurait délibéré, les représentants seraient instruits de son vœu^

Couthon ne voulut pas attendre davantage et ordonna la reprise du bombardement pour quatre heures et demie du soir, le même jour, 7 octobre. Le bombardement ne recommença cependant qu'à six heures du soir.

Si les représentants avaient leurs agents, les Lyonnais avaient leurs amis. Aussi firent-ils circuler dans les troupes d'avant-postes de Sainte-Foy, les deux protestations qui suivent et dont les représentants prirent communication avec une violente fureur :

Le général coynmandant V armée Lyonnaise cantonnée à Saint'Jiisty Saint-Irénée^ Trion^ Loyasse^ etc.

Je viens de recevoir pour l'armée que je commande une adresse aussi absurde que ridicule. Les représentants du peuple s'imaginent-ils égarer aussi facilement les braves et énergiques Lyonnais que le peu de troupes amenées contre nous ? Peuvent-ils croire qu'une adresse insignifiante peut plus sur un peuple fidèle à sa patrie que les maux horribles dont ils nous ont accablés. Si un affreux bombardement, des combats et des veilles continuelles n'ont pu abattre notre valeur, combien devons-nous trouver insensée la ruse méprisable qu'on emploie actuellement ? Notre patrie, voilà notre ralliement ; la résistance à l'oppression, notre devise; et la mort, notre devoir !

Au reste la ville répondra plus énergiquement encore.

Du quartier général, le 7 octobre 1193. Le général Arnaud 2.

1. « En la maison commune, Lyon, 7 octobre 1793, l'an H de la République française une et indivisible. Signé : le président des corps administratifs, MoNïAïuoL (lire Montviol) ; Adam, secrétaire adjoint. * (Gonon, pièce n' 1411.)

2. Cullecliun Coste^ pièce 656 ; voir aussi Gonon, pièce 1411.

Aiix soldats de V armée française qui combat tes Lyonnais fidèles à la Patrie et à la Liberté

Nos principes sont les vôtres, notre amour pour la Liberté le même, ainsi que notre haine pour la tyrannie.

Depuis deux mois, nous combattons avec valeur, actuellement nous allons vous parler avec franchise.

Vous êtes égarés par de coupables représentants, ils vous ont dit que le peuple était souverain et ils veulent Tenchaîner; ils vous ont dit enfm que nous voulions la destruction de la liberté et nous voulons mourir pour elle.

Il est temps qu'un voile épais tombe devant vos yeux. Nous vous offrons, si vous venez parmi nous fraternité, secours, asile et amitié, et si, égarés par de faux principes et des vœux contraires à la Liberté, vous continuez de comballrevos frères et vos amis, nous défendrons nos vies, notre honneur, nos propriétés et notre patrie avec la valeur et la discipline qu'ont des hommes libres, encouragés par deux mois de siège et par

Tamour de la Liberté.

Pour l'armée sous mes ordres,

Le général Abnaud *.

Le chevalier de Melon donnait évidemment au détachement qu'il commandait une qualification fort exagérée, mais sa protostation n'en était pas moins pleine de fierté et d'énergie. Klle n'était pas sans habileté et si le siège avait été moins avancé, elle eût été peut-être écoulée avec quelque faveur par les officiers des volontaires dont beaucoup avaient servi dans lancienne armée... Elle ne devait cependant produire aucun résultat favorable à la cause lyonnaise.

Un de ses officiers, nommé Lambert, propriétaire à Sainle-Irénée ou à Saint-Just, crut devoir, par une naïveté excessive, adresser lui-môme une protestation à l'un des représentants qui avait été son camarade de collège. Il écrivit au verso de la première lettre de Melon :

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