‹ Contre la terreurChapitre 50 sur 400 · Histoire de la Hèvolulion de Lyon^ p. I.'i · texte numérisé non relu

Histoire de la Hèvolulion de Lyon^ p. I.'i

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qui devait assurer la tranquillité et protéger les propriétés nationales.

Cette mesure a alarmé quelques sections, les représentants du peuple ont cherché à les rassurer et ils n'attendaient pour les changer que d'avoir des renseignements positifs sur Tétat de cette cité; ils ont annoncé leurs dispositions à cet égard, ils ont engagé tous les citoyens à Tunion. Le malheur a voulu que cette révélation n'ait pas réussi, ils ont reconnu que les impressions qu'on leur avait données étaient fausses ; il leur est démontré que les sections ne désirent point une contre-révolution, qu'elles sont au contraire animées de patriotisme et de sentiments républicains, mais qu'elles provoquaient une prompte réparation des griefs et des abus dont elles avaient à se plaindre.

Les représentants du peuple se. sont en conséquence hâtés de se réunir au département et de donner ensemble les ordres tendant à faire cesser l'effusion du sang. Citoyens, vos opinions, vos cœurs sont maintenant connus, les inculpations dirigées contre vous par des personnes qui étaient accréditées par leurs fonctions, sont fausses ; les représentants du peuple s'empressent de le publier, ils en porteront l'assurance à la Convention nationale, ils regretteront longtemps que cette vérité fut mêlée de l'amertume que leur procure la malheureuse journée d'hier.

Fait à Lyon, le 30 mai 1793, Tan H de la République.

NiocHE et Gauthier,

Commissaires de la Convention,

Les trois corps administratifs de Lyon* décidèrent de se rendre sans retard à THôtel de Ville, où le Conseil du département allait reprendre ses séances. Par une juste récompense, le comité des sections était invité à exercer provisoirement les fonctions du Conseil général de la commune; il devenait la nouvelle municipalité.

Les boulangers de Lyon, encore très émus de la lutte dans les rues et prétextant la crainte de ne pas recevoir

i. I/adininistration du département, l'administration du district de Lyon l'administration du district de la campagne de Lyon.

rindemnité promise par Tancienne municipalité, ne paraissaient pas disposés à fabriquer du pain. Avant de quitter l'Arsenal, les corps administratifs rendirent un arrêté qui leur enjoignait de reprendre immédiatement leur commerce, promettant qu'ils toucheraient leur indemnité, mais les menaçant, en cas de désobéissance, des peines les plus sévères.

A dix heures et demie, les divers délégués sortirent de cet Arsenal qui avait été, en quelque sorte, le quartier général de la résistance, bien qu'on piH peut-être leur reprocher de s'être tenus éloignés du comJ)at et de ne pas avoir partagé les dangers des gardes nationaux sectionnaires.

En arrivant à la place des Terreaux, les corps administratifs, obéissant à un sentiment d'exaltation républicaine, ou simplement à un motif de prudence, s'approchèrent de Tarbre de la Liberté. Une foule considérable les suivait. On entendit alors le président de l'Administration du département, Dubost, répéter le serment « de maintenir la liberté, Tégalité, l'unité et l'indivisibilité de la République, la sûreté des personnes et des propriétés et la plus entière soumission à la loi ».

Les administrateurs du département, ceux du district de Lyon et du district de la campagne, les membres du Comité des sections s'écrièrent tous ensemble : « Je le jure! » en levant la main droite. La plupart des spectateurs applaudirent^.

Les administrateurs et les délégués pénétrèrent à onze heures dans « la maison commune », toujours suivis d'une foule considérable; ils reprirent possession du local affecté à l'administration du département. La séance s'ouvrit sous la présidence de Dubost. Nioche tenait à se justifier publiquement; il demanda donc la parole. Après

1. l'rocès-cerhaux des conseils f/é né r aux du département et des districts de Lyon et de la campayne de Li/on^ signé Dubost, Angelot et Pecollcl, Copstant Bregnier et Gonon.

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avoir gémi sur les malheurs de la cité, il assura TAssemblée (c qu'il allait rendre compte à la Convention de toute l'énergie que le peuple lyonnais avait montrée pour réprimer les attentats qui avaient été commis pour lui ravir la liberté* ». Son collègue Gauthier, Tancien avocat au présidial de Bourg, ne fut ni moins repentant ni moins afrirmatif, il déclara qu'il se réunirait à Nioche pour rendre compte à la Convention « des bons principes qui animaient les citoyens de cette ville- ».

Plusieurs membres de l'Assemblée, demandant à leur tour la parole, rapportèrent des nouvelles alarmantes : on signalait des émissaires malveillants, les uns dans la banlieue de Lyon, les autres déjà en route pour Grenoble et le quartier général de Tarmée des Alpes, tous affirmaient que les Lyonnais auraient à se repentir de la journée du 29 mai.

Il était urgent de rassurer les populations et d'entrer en relations amicales avec les départements voisins et surtout avec le général commandant Tarmée des Alpes 3. Cette proposition fut aussitôt adoptée et les corps administratifs arrêtèrent la proclamation suivante :

Frères et amis,

La malveillance a répandu dans vos contrées des impressions désavantageuses sur Tesprit qui anime les habitants de Lyon, on les a peints comme des contre-révolutionnaires qui cherchent à renouveler Je système de l'ancien régime et vous avez pu croire à ces bruits, sur le récit des événements fâcheux qui se sont passés dans la journée d'bier ; mais rassurez-vous, frères et amis, les habitants de Lyon n'ont que des intentions pacifiques, ils veulent la République Une et Indivisible.

C'est pour elle et la Liberté qu'ils ont combattu ; s'ils ont

1. Délibération du conseil général du département de Rhone-et-Loire, en surveillance permanente. Séance du jeudi 30 mai 1793.

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