REVENU
D'après la clause 118 de la confédération, la Province de Québec recevra du gouvernement fédéral une
allocation annuelle de $ 70,000
D'après la même clause, nous avons droit à une subvention additionnelle de 80 cents par tête, payable d'avance, ce qui donne, la population du Bas- Canada étant, en 1861, de 1,111,566, le beau
chiffre de 889,252
Nos revenus locaux, dont la confédération nous laisse la propriété exclusive et l'administration absolue, en vertu des clauses 9-2, 109, 110, 111 et 112, qui ont toutes été citées, produiront, en faisant les plus modestes estimés basés sur les revenus des dernières années, les diverses sommes suivantes :
Bois 105,000
Terres 300,000
Observons de suite que ce chiffre de $300,000 est bien au-dessous de la moyenne. En 1865, le revenu des terres s'est élevé à la somme de $830,992, dont au moins la moitié, savoir: $415,496, devrait représenter la valeur annuelle approximative des terres du Bas-Canada, puisqu'il y en a plus de disponibles ici que dans le Haut-Canada, et cependant nous n'avons fixé que $300,000, comme terme moyen, afin d'être certain de rester au-dessous du vrai et de n'être pas démenti dans l'avenir.
Autres revenus locaux, tels que : impôts sur l'administration de la justice, licences, amendes, confiscations, s'élevant à au moins 300,000
Total du revenu $1,664,252
Total de la dépense 1,099,790
$ 564,462 C'est donc une somme de $564,462 comme excédant de nos revenus sur nos dépenses, et dont nous pourrons disposer pour les objets qui nous seront les plus nécessaires. Il est impossible d'inaugurer le nouveau système sous des circonstances plus prospères. Cas chiffres sont basés sur des données officielles et sur les articles mêmes de la constitution ; personne ne peut les démentir, et, s'il y a exagération, c'est plutôt en moins qu'en plus. Il est bien vrai qu'en vertu de l'article 112 de la constitution, qu'on vient de voir, le gouvernement fédéral ne se charge de la
dette des deux Canadas que jusqu'au montant de $62,500,000, et que la Province de Québec et la Province d'Ontario, tout en étant déchargées du surplus de la dette vis-à-vis leurs créanciers, seront néanmoins tenues de payer et rembourser au gouvernement central l'intérêt sur ce surplus de la dette au taux de cinq pour cent par an. La dette publique des deux Canadas était, d'après les dernières statistiques officielles, de $67,263,994 ; le surplus sera donc de $4,763,994. Nous sommes sûr d'exagérer considérablement en plus, en prenant pour le Bas-Canada la moitié de ce surplus de $4,763,994, c'est-à-dire $2,381,997. Nous aurions donc, par ce partage, à payer annuellement en intérêts, sur cette dette, une somme de $119,035"; mais n'allons pas croire que cette dernière somme entamera le surplus de nos revenus que nous avons établi plus haut, à la somme de $564,462 ; car, dans l'énumération que nous avons faite de nos ressources et de nos revenus ordinaires, nous avons mis de côté, à dessein, pour nous en occuper ici spécialement, une autre source de revenus et profits très-considérables, tirée de l'article 113, déjà cité en entier. Les statistiques les plus sûres fournies sur le sujet établissent, en eiFet, ainsi qu'il suit, la valeur des propriétés laissées par le gouvernement fédéral aux Provinces de Québec et d'Ontario, qui s'en partageront les revenus entre elles :
Fonds de bâtisse, H.- C $ 36,200
Ecole Normale, B.-C , 47,777
Palais de justice, Aylmer, Montréal, Kamouraska.. 269,050
Société hommes de loi, H.-C 25,000
Compagnie chemins et barrières, Québec 42,600
" "' " Montréal 188,000
Fonds permanent d'Université '. 1,200
Institution royale 7.990
Fonds consolidé emprunt municipale, H.-C 7,294,800
Intérêts 2,429,540
Fonds consolidé emprunt municipale, B.-C 2,876,729
Intérêts 655,836
Société agriculture, H.-C 4,000
Octroi Législatif, B.-C 28,494
Prêt aux incendies de Québec 273,429
Fonds de Témiscouata 3,000
Education est 273,429
Fonds des Jurés 60,000
Fonds des municipalités 59,767
Fonds des revenus Education Supérieure 239,362
En lisant attentivement cette nomenclature de notre avoir, nous verrons que plus de la moitié se trouve dans le Bas-Canada, et que conséquemment, notre part des revenus sera d'autant plus élevée. L'intérêt de cet actif à six pour cent par an, donnerait un revenu annuel de $903,318, dont la province de Québec, pourrait avo'r au moins une bonne moitié, savoir à peu près $500,000. Mais mettons les choses au pire ; quelques-uns de ces revenus pourraient être lents à entrer ; disons même que le partage en sera injuste entre nous et le Haut-Canada et que nous n'aurons que la juste moitié. Pour faire la part de ces pertes et de ces inconvénients éventuels, supposons que cette somme de $15,026,366 ne rapportera, par impossible, qu'un intérêt de trois pour cent par an ; donc, à trois pour cent par an, nous aurons encore un intérêt de $450,880, dont au moins la motié appartiendra à la province de Québec, savoir $225,440. Ainsi nous nous trouvons avec un revenu extraordinaire, mais sûr de $225,440, pour rencontrer la somme de $119,035, étant notre part à payer des intérêts de la moitié du surplus de notre ancienne dette, ce qui nous laisse un surcroit de $106,405, à ajouter à notre excédant de $564,462, et en additionnant ces deux dernières sommes, nous avons, savoir :
Excédant, de nos revenus ordinaires sur nos dépenses
ordinaires $564,462
Excédant de notre moitié des revenus de nos propriétés communes sur les intérêts de la moitié du surplus de l'ancienne dette des deux Canadas 106,405
Total de l'excédant de nos recettes générales sur nos
déboursés généraux $670,867
En face de ce résultat si beau, tous nos hommes bien pensant et animés d'un patriotisme réel, tous nos vénérables Prélats n'avaient-ils pas raison de s'écrier, que la confédération était notre salut matériel, religieux et national ? n'avaient-ils pas raison de s'écrier que la confédération était le résultat heureux des efforts combinés de nos hommes d'état les plus éclairés, les plus habiles et les plus désintéressés ?
Ici doit venir une réflexion bien naturelle. Quel est l'intérêt, le mobile des rouges dans leurs déblatérations continuelles à propos de taxes directes ou indirectes ? Qui est-ce qui les pousse à mentir sans cesse depuis 1847, à propos de taxes et d'impôts ? Jamais ils n'ont parlé au peuple de choses sérieuses, grandes, propres à l'élever. Qu'on ouvre leurs brochures, qu'on parcoure leurs journaux et l'on verra que leur grand cheval de bataille a
toujours été taxes et impôts. Cette manie chez eux révêle une grande malhonnêteté et une grande hypocrisie ; elle est, de plus, l'indice d'une absence lamentable de cœur et de patriotisme ; elle montre encore que le parti rouge méprise profondément le peuple et n'a toujours cherché qu'à l'exploiter et à s'en faire un marchepied pour atteindre le but de ses ambitions effrénées. En fin de compte ces gens-là n'ont toujours cherché qu'à préjuger le peuple contre les gouvernants et l'autorité : en criant sovs et taxes. Ils croyaient le peuple descendu à leur niveau et c'est pour cela que toute leur politique a toujours roulé sur les préjugés et les intérêts matériels. Des idées religieuses, grandes et généreuses, ils n'ont jamais cherché à en répandre. Prenons par exemple, leur petit pamphlet ; qu'y trouve- t-on ? Il ne contient à proprement parler, que deux objections contre la confédération : le nouveau système d'après eux, va nous ruiner et nous conduire à la taxe directe ; en second lieu, les prétendues prodigalités des anciennes administrations vont encore nous mener à la taxe directe. C'est en vain que vous checheriez autre chose dans ce produit de cerveaux rouges. Nous venons de faire amplement et victorieusement justice de la première objection. Nous avons démontré que la confédération laisse à la Province de Québec d'immenses ressources, que nous ne pourrons jamais être taxés pour les dépenses du gouvernement fédéral et qu'il nous est radicalement impossible d'arriver à nous taxer directement pour nos intérêts locaux. Cette objection de de la part des rouges, ne repose donc que sur un mensonge, une odieuse fausseté. Quant à la seconde objection, c'est un véritable hors d'oeuvre. Nous le demandons à tout homme de bonne foi, qu'ont à faire ces stupides accusations contre les anciens gouvernements, à propos du nouveau régime sous lequelle nous vivons : Si la confédération est mauvaise, citez les clauses de la constitution et montrez nous en quoi elles sont préjudiciables à nos intérêts religieux, nationaux et matériels. C'est le seul moyen honnête et convenable de combattre une mesure que l'on croit mauvaise. Cependant vous n'en faites rien et vous vous contentez de divaguer à tort et à travers sans rien citer.
Croyez-vous le peuple assez ignorant, assez insensé, pour vous croire, et avez-vous la naïveté de penser qu'il vous suffit de mentir sur le compte des anciens gouvernements du Canada, comme sur le compte des Honorables G. E. Cartier et J. A. Macdonaîd, pour tourner la population contre un état de choses que n'ont pas amené ces deux ministres éminents, mais qu'ils ont eu la sagesse de croire acceptable, pour nous garder et nous protéger contre les Américains, les Féniens et leurs alliés du Bas-Canada c'est-à-
dire vous, Mess, les rouges, les annexionnistes et les ciubistes. D'ailleurs tous vos arguments reposent sur la contradiction et l'hypocrisie la plus pitoyable. Dans tous vos écrits, dans tous vos discours aussi vides de sens que pauvres de style, vous nous parlez sans cesse, de progrès, de libéralisme, de liberté et de bonheur du peuple ; ouvrez l'histoire des dix ou quinze dernières années du Canada et montrez nous un peuple qui a fait autant de progrès que nous ? Ouvrez encore nos comptes publics, nos budgets annuels, et dites nous où sont allés et à quoi ont servi ces emprunts, ces impôts, ou plutôt ces contributions contre lesquels vous criez tant, pour ameuter notre belle population agricole et ouvrière ?
Mais faisons ici quelques considérations sur l'économie politique. Vous ne savez pas, vous autres, messieurs les rouges, ce que c'est que s'endetter pour s'enrichir et développer les ressources d'un pays neuf, afin d'en augmenter la population et la fortune. Vous ignorez également la position géographique du Bas-Canada et les avantages qu'on pouvait tirer de cette position. Vous le savez peut être, mais vous n'osez le dire au peuple, afin de lui cacher ce qu'ont pu et fait pour lui, les hommes de génie que vous vous acharnez à calomnier. Notre dette publique s'est augmentée considérablement depuis 1850, cela est incontestable ; les impôts indirects prélevés depuis 1850, ont aussi toujours été croissants, cela est encore vrai. Si pourtant, vous vouliez dire au peuple, où sont allés, cette dette et ces impôts toujours croissants, vous savez fort bien que l'on vous répondrait qu'il faut bénir les hommes qui ont su tirer parti des immenses ressources naturelles que possède le Canada. Le pays, et nous parlons surtout du Bas-Canada, était resté pauvre et faible en 1760, lors de la cession du Canada à l'Angleterre. Durant la période de temps qui s'écoula de 1760 à 1850 ou à peu près, la population canadienne-française s'accrut considérablement, mais consuma presque toutes ses forces dans la lutte qu'elle eut à soutenir, pour s'affirmer et jouir de tous les droits que lui conférait le Traité de Cession. En 1850, ou un peu avant, ou un peu après, nous avions acquis la reconnaissance de notre autonomie et de nos droits politiques et civils, de la part de nos compatriotes d'origine étrangère. Ce n'est qu'alors que nous pûmes tourner nos regards vers le développement de nos grandes ressources matérielles et le perfectionnement de nos institutions domestiques. Le regretté Sir L. H. Lafontaine comprit cela, mais ne put qu'inaugurer faiblement l'ère nouvelle. L'honorable George Etienne Cartier, héritier naturel de sa politique arriva quelque temps après et sut comprendre la nouvelle situation, les nouveaux horizons ouverts
'devant nous et continuer, agrandir et compléter l'œuvre à peine -commencée sous Lafontaine, que de regrettables nécessités politiques et une trop grande susceptibilité avaient forcé d'abandonner trop tôt la vie publique. Lors de l'Union, nous n'avions ni système d'éducation, ni chemins vicinaux, ni routes de colonisation, ni chemins de fer, ni navigation, ni canaux en un mot, tout était à créer dans le pays. Consultez les comptes publics et vous verrez à quoi ont été consacrés la dette créée et les impôts prélevés.
Le Canada a donc dépensé et prêté aux municipalités, aux compagnies de chemins de fer et autres, pour améliorations publiques et dans l'intérêt général une somme de $73,909,993, somme qui naturellement ne peut représenter le chiffre de sa dette, vu que plusieurs millions lui sont annuellement et régulièrement remboursés.
Ces dépenses et ces prêts ont augmenté et centuplé la richesse publique et privée du pays, en donnant l'élan et un accroissement prodigieux aux intérêts de l'agriculture, du commerce et de l'industrie. En voulons-nous un exemple frappant ; qu'on consulte encore les statistiques.
En 1850, les produits de l'agriculture exportés, s'élevaient à une somme de $4,237,896 : Douze à quinze ans plus tard, après la complétion de nos voies de communications, nous exportions des mêmes produits pour une valeur de $18,236,476. Et toutes les branches de nos ressources naturelles s'accrurent dans les mêmes proportions ; citons encore par curiosité une couple d'exemples. En fait d'objets manufacturés, la valeur exportée en 1850, était de $26,708 seulement; en 1865, elle avait monté jusqu'au chiffre énorme de $1,094,714 !
En 1850, la valeur du bois exporté était de $5,442,937; en 1865 elle avait atteint le montant de $14,283,207. Et pendant tout ce temps d'accroissement rapide, l'augmentation de la population canadienne française suivait au moins la même proportion. Il n'est pas besoin d'ajouter que la valeur de la propriété a suivi la même progression ascendante. Tout le monde peut voir ces chiffres comme nous, dans les mille rapports des départements du ci-devant gouvernement canadien.
Il va sans dire encore, que la vente et la colonisation des terres publiques, l'ouverture de nouveaux territoires suivirent de près, sinon dépassèrent ces progrès merveilleux.
La demande augmentant suivant l'accroissement des produits et l'augmentation de la population, le prix des objets que nous avions à vendre, a, plus que triplé durant la même période. Jadis, l'avoine se vendait de douze à quinze sous par minot et
un bon ouvrier se considérait heureux d'avoir trente sous par jour ; aujourd'hui la classe agricole et la classe ouvrière, cesdeux piliers de tout état, ont vu leur travail quintuplé en valeur ; quelquefois, il a même de beaucoup dépassé cette proportion. Si le Canada s'était endetté pour des objets improductifs, comme par exemple, pour faire une guerre injuste, ou n'acquérir qu'un simple prestige moral, nous comprendrions les alarmes des rouges. Mais, qu'on ne l'oublie pas, le Canada a emprunté pour améliorer et s'enrichir, rien que pour cela. Suivant Jay Cook et tous les économistes remarquables, toute nation qui emprunte ou se taxe, afin de produire plus et d'exploiter ses ressources, naguère improductives, fait un acte de grande sagesse économique, qui doit nécessairement la conduire à la fortune. C'est précisément ce qu'a fait le Canada. Notre pays se trouvait exactement dans la position d'un agriculteur sans capitaux, mais possesseur d'immenses terrains fertiles non défrichés; si cet homme emprunte pour défricher, égouter et améliorer ses terres, non-seulement il ne s'appauvrit pas, mais il est sûr de s'enrichir considérablement. Ses propriétés une fois améliorées et rendues productives, acquièrent une plus-value au moins égale à la somme empruntée, et les riches rendements qu'elles lui fournissent, ont bientôt payé et les intérêts et le capital emprunté, et au bout de quelques années, notre cultivateur intelligent se trouve propriétaire de beaux domaines dont la valeur s'est au moins doublée et qui lui donne des revenus plus que suffisants pour tous ses besoins. Ou, encore, prenez un de nos artisans canadien-français qui sont si remarquables par leur intelligence et leur assiduité au travail ; cet artisan a un talent plus qu'ordinaire pour la menuiserie, la sculpture ou la peinture ; il possède, en outre, le grand avantage d'une belle réputation de probité, mais il est au début de sa carrière et n'a pas d'épargnes. Si ce jeune homme emprunte de l'argent et hypothèque son avenir, il pourra monter une boutique, un atelier muni de tous les instruments nécessaires à l'exploitation de son art ou métier ; il pourra faire de grandes entreprises et en peu d'années, on le citera comme un de nos Crésus. Et pourquoi î Parce qu'il aura emprunté pour améliorer, pour agrandir la sphère de son action et pour rendre plus productives ses connaissances en mécanique.
Nous le répétons, la position financière du Canada est identiquement la même que celle de cet ouvrier, de ce cultivateur entreprenant et industrieux dont nous venons de parler. Le pays possède un actif en propriétés de tous genres, qui représente au moins la valeur de notre dette publique, et, ce qui est
encore bien mieux, cet actif, ces propriétés fournissent au Canada des revenus considérables qui lui permettent de faire honneur à ses engagements, de payer toutes ses dépenses ordinaires et de consacrer une portion considérable de ces revenus annuels, à encourager par des libéralités vraiment royales, l'éducation, l'agriculture, l'industrie, le commerce, les hôpitaux et institutions de charité, les arts et métiers, en un mot, tout ce qui tend à l'agrandissement moral et matériel d'un peuple.
Les preuves vaudront encore mieux que nos paroles, quelque sincères et véridiques qu'elles soient. En référant aux comptes publics, nous trouvons la classification suivante de notre actif, de nos propriétés, qui toutes, consistent en des travaux publics d'une grande richesse, d'une grande valeur et qui rapportent au pays d'immenses revenus, tout en développant considérablement la» richesse privée, ou, en sommes avancées à des compagnies de chemins de fer, ou autres, ou aux municipalités, sommes qui, sans produire un intérêt considérable et direct au gouvernement,, augmentent cependant d'une façon prodigieuse, les ressources du gouvernement et du pays en général, par l'essor, le développement et les progrès rapides imprimés à l'industrie, à l'agriculture et au commerce.
Voici donc notre actif:
Travaux publics, savoir :
Canaux du St. Laurent $7,413,425,48
Canal Welland 7,386,545,53
Améliorations du canal Chambly
et de la Rivière Richelieu... 433,807,83 Canal de la Baie Burlington... 308,328,32 Améliorations du Lac St. Pierre 1,157,235,08
Travaux d'Ottawa i;208.368,37
Amélioration du Trent 558,506,20
Havres et Phares 2,564,686,70
Chemins et Ponts 1,723,697,21
Bâtisses d'Ottawa (Parlement) 2,071,095,17 Prêts au compagnies incorporées 142,154,52 Ouvrages et bâtisses divers 1,759,755,98
26,727,606,89 Dû par les fonds de bâtisse et du havre 857,866,64
Comptes de chemins de faire, savoir :
Chemin de fer du Grand Tronc $23,902.403,41
" " « Great Western.. 3,727,082,85
" " " Northern 3,504,526,90
Montant rapporté 31,134,013,16 Dû par le fonds de dépôt 890,849,34
Comptes du fonds de prêt municipal 13,255,956,10
Nous omettons, pour une valeur de deux ou trois millions de propriétés différentes qu'il serait trop long d'énumérer, mais que nous trouvons dans tous les comptes publics.
Nous devons observer pour la deuxième fois, que ce chiffre ne représente pas notre dette publique, qui ne dépasse pas comme nous l'avons dit plus haut $67,000,000, ou $68,000,000.
La vérité de notre assertion se trouve complètement établie par l'état de notre actif que l'ont vient de voir.
Comme on l'a, en effet, aperçu, toute notre dette n'a été contractée que pour des améliorations et des travaux publics, ou pour prêter aux compagnies et aux municipalités ; et tout l'argent emprunté est pour ainsi dire retourné dans la poche des contribuables.
N'est-il pas bien misérable celui qui cherche à préjuger, à aveugler le peuple au point de lui cacher les vérités précieuses que nous venons d'exposer, pour lui faire voir, dans les impôts prélevés pour subvenir aux besoins d'une dette aussi profitable, le résultat des intrigues de gouvernements corrompus, prodigues et vénaux ?
Il est vraiment désolant d'avoir à lutter contre de pareils adversaires et de les compter pour compatriotes. Heureusement, le peuple a ouvert les yeux et sait à quoi s'en tenir là-dessus ; il est assez intelligent et assez honnnête pour comprendre et avouer, qu'une taxe indirecte, qu'une contribution en quelque sorte volontaire, prélevée pour payer le coût d'améliorations et de travaux qui le font vivre et l'enrichissent, ne lui est ni préjudiciable, ni odieuse, ni nuisible, mais, qu'au contraire, c'est pour lui une obole donnée en échange de la prospérité et de la fortune. Il sait si bien cela, le brave peuple du Canada, qu'il a toujours continué à donner sa confiance aux hommes qui ont fait le pays grand et l'ont lancé sur la voie d'une prospérité inouïe. D'ailleurs, messieurs les rouges, n'est-il pas de la dernière inconvenance pour vous d'essayer à donner au peuple des leçons sur un sujet qu'il comprend bien mieux que vos prétendus grands hommes ; il sait bien, nous pouvons vous l'assurer, qu'il tient les cordons de la bourse publique et qu'il ne peut être taxé sans son consentement. Et cependant, voilà près de vingt ans que vous lui criez à tuetête, qu'il se laisse écraser de taxes, et vos criailleries n'ont jamais pu l'empêcher d'avoir confiance en nos hommes d'Etat.
Nous aurions pu, plus facilement, réfuter ou plutôt faire voir les mensonges et l'hypocrisie des rciges ; il ne nous était pas nécessaire d'expliquer tout le mécanisme financier du pays et les causes de notre dette pour prouver que le petit pamphlet rouge ne contient pas un mot de vérité ; si nous l'avons fait, c'était pour réduire une bonne fois pour toutes, à leur juste valeur, les hâbleries des rouges à propos de finances et de dette publique, et établir, par des documents irréfragables, l'ignorance crasse ou la mauvaise foi insigne de M. Dorion et de son parti.
Nous avions un moyen bien plus simple de les contredire et même de les vouer au mépris. Ces gens ont été quelques mois au pouvoir ; ils ont donc pu réduire la dette publique et faire cesser les impôts, eux qui ont tant crié contre la dette et les taxes. Eh bien ! le croira-t-on, loin de là, ils ont augmenté la dette publique et les impôts durant leur courte administration. Ouvrez les comptes publics de 1863, signés par le ministre des finances rouge, et vous y verrez que ces faux libéraux, ces sépulchres blanchis, ces ignobles charlatans, ont créé dans les revenus un déficit de $2,764,536, et ont, par conséquent, augmenté notre dette publique d'autant. Cela se voit à la page III des comptes officiels de 1863. Qu'on lise encore les estimés de l'année 1863, pour le service de 1864, on y verra encore comment les Rouges entendaient le progrès et l'amour du peuple : ils ont diminué les octrois de vingt pour cent sur l'éducation dans le Bas-Canada, de vingt-cinq pour cent sur la colonisation et de vingt-cinq pour cent sur les hôpitaux et les institutions de charité. Ils ne se sont pas contentés de réduire les octrois les plus favorables au peuple, ils ont voulu encore établir do nouvelles taxes qui retombaient principalement sur le pauvre peuple :
Par année.
Pour le droit de manufacturer du tabac $ 1 00.00
Pour permission de faire usage de presses à tabac, par
presse 20.00
Permission de faire usage de machines à couper le tabac,
chaque machine 20.00
Permission de faire usage de moulins à tabac en poudre,
chaque moulin 15.00
Pour droit de vendre du tabac en gros 20.00
" " " en détail 5.00
Sur chaque livre de tabac haché, en torquettes ou pressé,
etc., manufacturé dans le pays 0.10
Sur chaque livre de tabac moulu 0.10
" " haché et uniquement composé
de tiges 0.05
Sur toute autre description de tabac par livre 0.10
Pour le droit de tanner le cuir, par année 50.00
Pour l'usage de chacune des fosses, par année 1.00
Pour le droit de vendre le cuir en gros, par anné? 20.00
" " " en détail 5.00
Sur chaque livre de cuir de veau 0.06
" " •' à empeigne 0.05
" '' " à semelle, cuir fendu et cuir à
harnais 0.04
Sur chaque livre de toute autre espèce 0.05
Sur chaque livre de cuir importé, en sus des droits act. . 0.03
Il faut donc que les rouges aient beaucoup pillé, beaucoup corrompu et beaucoup volé, pour nous servir de leur style élégant !
Ils ont augmenté les taxes et appauvri ce pauvre peuple qu'ils aiment d'un véritable amour de crocodile, ils ont retranché les octrois faits pour le peuple et malgré cela, leur administration prodigue ou malhonnête a atteint un déficit d'au-delà de $2,000,000.
Pour donner une idée de leurs principes rigides, voyons une petite colonne de ce qu'ils ont gaspillé et volé.
Quelques-unes des dépenses inutiles ou injustifiables faites par le gouvernement rouge en 1862, 18b3 et 1864.
Octroi additionnel inutile pour les édifices d'Outaouais. $100,000
Excès de dépense sur le chemin Matapédia 50,000
Payé de trop aux vapeurs transatlantiques 392,000
Payé pour le service des remorqueurs, offert pour rien. 16,000 Payé pour ^e chemin du nord-ouest, en dehors du Canada 50,000
Pour achat de la voix d'un membre 32,640
Pour l'exploration du chemin de fer intercolonial que le
gouvernement ne voulait pas faire. . .' 1 0,000
Commissions d'enquête pour persécuter les employés conservateurs et caser les affamés ou banqueroutiers rouges, tels que Dessaulles et autres 100,000
Total $750,640
Les choses allant ce train, le pays courait vers sa ruine ; et si les rouges n'eussent pas été balayés du théâtre, ils auraient certainement amené la banqueroute avant trois ans.
On vient de voir qu'ils ont été malhonnêtes ; on va maintenant se convaincre au-delà de tout doute, qu'ils sont les plus hideux hypocrites que jamais parti politique ait produits. Dans leur petit pamphlet en question, ils posent en amis du peuple et font
semblant de s'apitoyer sur son sort parce qu'ils le voient d'avance écrasé sous le fardeau des taxes directes et indirectes, nécessitées par la Confédération, et ils entassent chiffres sur chiffres, mensonges sur mensonges, calomnies sur calomnies, pour le soulever contre le parti conservateur, qui a tant fait pour le bien du pays. Et pourtant, ces mêmes hommes en septembre 1863, voulaient imposer la taxe directe dans ce pays, afin de prélever assez d'argent pour satisfaire leur rapacité e. gorger leurs nécessiteux.
L'hon. L. Holton, ministre des finances de l'administratiorl McDonald-Dorion, disait en chambre à cette époque (septembre 1863), aux applaudissements de tous les rouges :
" J'incline à croire, que nous pourrions avec beaucoup d'a- " vantages, alléger le fonds général du pays, d'un nombre consi- " dérable d'items importants, laissant aux municipalités à les i( fournir au moyen d'une taxe locale. Nous devons aborder la <' question des taxes courageusement en face, et le moyen d'y << arriver, c'est de familiariser le peuple avec la taxe directe, <•' dont je viens de parler. Si plusieurs de ces items, qui sont (l d%un caractère strictement local, étaient pttyés à l'aide d'une <•' taxe locale imposée par les municipalités, nous aurions fait par t' là, un grand pas vers un système rationnel de taxes."
Les commentaires sont inutiles, après ce que l'on vient devoir, et si d'ailleurs, nous voulions parler, l'expression nous manquerait pour flétrir du stigmate de l'infamie, le front d'airain de ces gens, qui, après avoir pillé et volé le peuple, après avoir même osé parler de taxes directes pour le mieux pressurer, viennent maintenant outrageusement courtiser les faveurs de ce même peuple, lui mentir insolemment et le menacer de taxes lourdes et directes, qui seront impossibles sous le nouvel état de choses.
Nous n'avons pas cru devoir encore aborder la question des Finances de la Confédération elle-même, c'est-à-dire du gouvernement fédéral. Les ressources se composeront des ressources jadis possédées par chacune des provinces, excepté celies qui sont spécialement exemptées pour l'usage propre de ces provinces, comme on l'a vu plus haut. Toutes les dettes des provinces sont mises à sa charge et le Bas-Canada se trouve enfin libéré de sa dette qui a tant fait crier les rouges, à l'excepte des trois ou quatre millions dont nous avons déjà parlé. Nous ne pouvons, en aucune façon être appelés à contribuer aux dettes du gouvernement général : on sait la clause qui empêche ou prohibe toute taxation pour cette objet imposée sur nos terres. Il nous est donc inutile de toucher cette question. Mais comme nous tenons avant tout à faire un livre utile, nous allons citer les
clauses qui établissent les ressources, le passif et l'actif du gouvernement fédéral :
102. " Tous les droits et revenus que les législatures respectives du Ca- " nada, de la Nouvelle-Ecosse et du Nouveau-Brunswick, avant et à l'é- " poque de l'union, avaient le pouvoir d'approprier, — sauf ceux réservés " par le présent acte aux légistatures respectives des provinces ou qui " seront perçus par elles conformément aux pouvoirs spéciaux qui leur " sont conférés par le présent acte, — formeront un fonds consolidé de " revenu pour être approprié au service public du Canada, c'est-à-dire de ''la* confédération ou plutôt gouvernement fédéral de la manière et " soumis aux charges prévues par le présent acte."
104. " L'intérêt annuel des dettes publiques des différentes provinces " du Canada, de la Nouvelle-Ecosse et du Nouveau-Brunswick, lors de " l'union, constituera la seconde charge sur le fonds consolidé de revenu " du Canada, c'est-à-dire, du gouvernement fédéral."
108. " Les travaux et propriétés publics de chaque province, énumérés " dans la troisième cédule annexée au présent acte, appartiendront au Ca- " nada, n'oublions pas que Canada veut dire ici " Gouvernement Fédéral."
Voici cette troisième cédule :