‹ Contre-poison [microforme] (volume 3)Chapitre 6 sur 10 · LES · texte numérisé non relu

LES

1fess8eZ

ns

Le forgeron, indigné.--C'est faux !

Le Membre de l'Institut-Canadien.—Chiniquy rapporte le fait d'un prêtre qui, à Longueuil, en présence d’une vingtaine de ses confrères, s’est permis de révéler le secret de ia confession.

Tous.--Chiniquy est un audacieux, un imposteur |

Le Membre de l’Institut-Canadien.——Prouvez-le !

L'Instituteur.—-Ce n’est pas difficile. Quelqu'un m'a raconté, aujourd’hui même, à la ville, ce que l’apostat Chiniquy a dit au sujet de ce fait de Longueuil. Or, je l’affirme, pour l’avoir entendu rapporter par des témoins dignes de foi, le prêtre en question ne dévoila pas le secret de la confession. Ce fut Chiniquy qui se permit de poser, à ce prêtre, une question à double sens, mais qui ne regardait pas la confession dont il ne fut pas même question dens cette circonstance. Chiniquy fut humilié et reçut une verte leçon. Voici d’ailleurs ce qui se passa à Longueuil.

Un prêtre arrivait de Kamouraska. Ses confrères lui demand:nt des nouvelles. (Comment est le seigneur un tel, dit quelqu'un.--[l est bien, répond le prêtre. Il va souvent à la pêche et à la chasse.—Et sa femme, dit l’apostat Chiniquy, que fait-elle pendant que son mari est absent ?--Elle s'occupe à la couture et à la lecture.--C'’est alors que l’apostat Chiniquy, (par un oubli que les prêtres présents n'ont jamais pu s'expliquer, car il avait jusque-là caché soigneusement la corruption de son cœur) posa une question que je ne puis rapporter. Le prêtre interrogé répondit qu'il ne concevait pas que M. Chiniquy pt s’oublier, dans une réunion respectable, jusqu'à parler ainsi. Si j'étais votre évêque, ajouta-t-il, je vous interdirais. Voilà la vérité. Voyez maintenant si l’apostat Chiniquy est misérable,

Le forgeron.—Le malheureux met aujourd’hui sur le compte des autres, les mauvais coups que lui seul aurait été capable de faire, si Dieu lui en eût laissé la liberté.

Le menuisier.--Oui, si Chiniquy n’a pas dévoilé le secret de la confession, c’est qu'il sait bien que Dieu ne le lui permettrait

pas.

L'Instituteur Sur la foi de témoins rosnectables, je vous ai

dit ce qu'il fallait penser de l'histoire racontée par Chiniquy au

ne NE

sujet de ce prêtre de Longueuil ; je vais maintenant vous prouver que cette histoire est moralement impossible,

Le Membre de l'Institut-Canadien.— J'écoute, parlez !

L'Tnstituteur.—L'Eglise enseigne à ses ministres que « Le con- « fesseur est tenu, par toutes les lois naturelles et positives, divi- (nes et humaines, de garder inviolablement le secret de la con- «fession. Celui qui violerait le secret de la confession commet- (trait une faute énorme, un crime qui rendrait à jamais un pré- Utre indigne de confesser. Ni la mort dont un innocent est me- (Unacé, mn la nécessité de prévenir un grand malheur, ne peuvent (autoriser le confesseur à violer le secret de la confession. Un «prêtre doit mourir martyr, plutôt que de révéler ce qu'il «sait de la confession d'un pénitent. Interrogé en cours «de justice, il doit répondre comme s’il ne savait rien, comme « S'Ù n'avait jamais entendu la confession du pénitent au sujet « duquel on l'interroge. La mort du pénitent ne délie point le « confesseur de l'obligation du secret.»

Non-seulement l'Eglise défend aux prêtres sous peine d’interdiction et même d'excommunication, de dévoiler directement le secret de la confession, elle va jusqu’à leur prescrire ce qui suit : « De ne pas parler de fuçon à se faire entendre de ceux qui sont «près du confessionnal. De ne pas dire que tel ou telle qu’on a « confsssé, n'avait que des péchés véniels. De ne pas dire qu'on «a refusé l’absolution à un tel ou qu'on lui a donné telle péniten- « ce, ou même que quelqu'un a commencé une confession géné- «rale. De ne pas dire que tel vice est commun dans une parois- «se, parce que le soupçon porte sur tous les habitants. De ne « pas prêcher sur certain péché qu'on aura connu par la confession « dans l'endroit même où l’on a confessé ceux qui l'ont commis, »

Voilà ce que l'Eglise enseigne aux Prêtres. Telles sont les obligations qu’elle impose, sous peine de péché grave, à tous les confesseurs.

Croyez-vous maintenant, monsieur de l'Institut, qu'un prêtre se permettrait de dire en face de vingt de ses confrères la moindre des choses qui pourrait révéler le secret de la confession ? Ne serait-il pas certain d'être rapporté à l'Evêque et de se voir privé

ouver

e COndivi- , CONnmet- \ pré- L meuvent Un qu'il cours mme sujet nt le:

rdic-e seuit :

sont on à u'on itenrénérois-- > ne ssion is, »

; les | les.

être noin- ? Ne rivé

on DT

de tous ses pouvoirs? Ne serait-il pas certain d’être l’objet du mépris de tous ses confrères ?

Le forgeron.—Pour supposer vraie, l’histoire rapportée par l'apostat Chiniquy, il faudrait supposer que le prêtre dont il parle aurait eu la certitude d'être en présence de vingt mauvais prêtres qui n'auraient eu aucun respect du secret de la confession. Or, cette supposition est impossible.

Le menuisier.—S’il y avait un mauvais prêtre là, il n’y en avait assurément pas vingt. Chiniquy aurait dû y penser avant de forger son audacieuse calomnie.

Le cultivateur.—D'ailleurs, a-t-on jamais entendu dire qu'un prêtre ait révélé le secret de la confession ?

L'Instituteur.—Il y a eu des mauvais prêtres. On en cite qui se sont déshonorés comme Chiniquy, mais on n’en peut nommer un seul qui ait dévoilé le secret de la confession. Et moi, je vous défie, monsieur de l’Institut, de trouver dans toute l’histoire, un seul exemple d’infidélité à la loi du secret du confessionnal. Vous aurez beau chercher, remuer ciel et terre, vous ne trouverez rien, absolument rien.

Page 1