DES FRUITS DE L'EUCHARISTIE
Le Membre de l’Institut-Canadien.— Toute comparaison cloche par quelque côté. Celle que vous venez de me présenter me satisfait malgré :es imperfections. Je sens que rien n’est impossible à Dieu : c’est le principal. Toutefois, je ne vois pas pourquoi on nous prêche tant de communier si souvent. Est-ce donc qu'on ne. peut plus vivre sans communier ?
L'Instituteur— D'abord, vous savez la parole de Notre Seigneur : « Si vous ne mangez ma chair, et si vous nebuvez mon sang, vous n'aurez point la vie en vous.» Il faut donc communier pour vivre. Plus on communie, plus on s'approche de la source de toute vie, et plus l’on se sent vigoureux et fort. Les jours de l'homme sont courts. Ils fleurissent et passent comme la fleur des champs, dit Saint Bernard. Mais cette vie si courte est remplie. de misères. Du berceau à la tombe, nous creusons le sillon vrofond de la souffrance. Que de larmes dans unc vice d'homme À
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Partout où nous passons, partout ici-bas, où nous voulons aimer, -partout où nous.voulons jouir, partout nous laissons la trace profonde de l’amertume. La maladie nous poursuit ; les inquiétudes, les chagrins et les peines nous harcellent, l'ennui et les remords s’attachent à nos pas. La mort nous ravit les personnes les plus chères; l'ingratitude répond seule à nos bienfaits; les malheurs détruisent de fond en comble l'édifice de nos plus chères espérances. Et puis, nous supportons le poids du jour et de la chaleur. Tous, nous arrosons la terre de nos sueurs fécondes, parce que tous ‘nous sommes condamnés aux labeurs pénibles !
Ab ! qui donc nous consolera ; qui donc nous réconfortera, si ce -n'esc la douce Victime de nos autels ? Dans nos souffrances, dans nos douleurs, dans notre infortune et dans nos faiblesses ; dans nos misères ct jusque dans notre déshonneur, allons à Notre Seigneur Jésus-Christ, caché sous les espèces eucharistiques, allons au Dieu -consolateur ct rédempteur ! Lui-même nous en fait l'invitation pressante : « Venez, nous dit-il, venez à moi vous tous qui êtes .cuaroés, fatirués, vous tous qui souffrez, et je vous soulagerai.»
Nous avons perdu un parent, un ami, et nous pleurons : Allons au Dieu caché de l'Eucharistie ! Il a connu cette infortune, il a pleuré sur le tembcau de Lazare: il nous consolera comme il a .consolé Marthe et Marie. Nous sommes l’objet de la trahison, de l'ingratitude de ceux que nous avons aimés et protégés ; allons au Dieu caché dans nos tabernacles ! N'a-t-il pas été trahi, vendu, livré par Judas? N’'atil pas été lâchement abandonné par ses ‘apôtres à l'heure de la passion, et renié jusqu’à trois fois par Saint Pierre ? Sommes-nous victime de la calomnie. Qui jamais fut plus indignement calomnié que le Divin. Sauveur ? Allons le rece- “voir à la sainte table; demandons-lui la réparation de notre honneur, ou, plutôt, le courage de souffrir comme lui! Avons-nous des peines intérieures : allons au doux Jésus dans le sacrement de son amour. Îl abritera nos tortures morales sous son agonie de la grotte des Oliviers. Sommes-nous éprouvés dans nos biens, dans nos membres; sommes-nous réduits à la pauvreté, accablés d’affronts ? Allons à la Sacrée Victime de l’Eucharistie ! Jésus a tout. goûté, tout ressenti : il a des remèdes pour tout. Il n’a jamais vu le malheur sans en être touché ; il n’en a jamais été touché sans Le secourir, sans le soulager !
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