‹ Contre-poison [microforme]Chapitre 13 sur 17 · TS · texte numérisé non relu

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paraîtra pour toujours. Faites, par exemple, que le Frère des Ecoles Chrétiennes et le Clerc viateur ne se fortifient plus du pair divin, ct vous n’avez plus cette éducation populaire si grande et si

forte, qui permet à l’ouvrier, au cultivateur, non seulement d’élever

masnifiquement leur condition par une instruction, je dirai presque

prodisicuse, mais de juger sainement des hommes et des choses et de comprendre l’inestimable bienfait de la foi. Oui! retranchez

la communion aux Frères des Ecoles Chréticnnes et aux autres

relisieux enseignants, et vous n'aurez plus ces dignes et nobles ou-

vriers, si nombreux aujourd’hui dans nos villes, et qui portent par-

tout avec eux jusque dans les conseils municipaux, jusque dans les

Chambres, avec une parole nette, claire et précise, un bon sens des

affaires, une science des besoins publics qui étonneraient, si tant

de biens à la fois ne s’épanouissaient pas nécessairement d’une édu-

cation donnée par le dévouement relisieux.

Le forgeron.—Merci, monsieur l’Instituteur, de ce beau témoignage rendu à la vérité! Chaque jour les classes orvrières, grâce au dévouement religieux, montent à la lumière. Le temps est. venu où pour rester dans le vrai et pour rendre hommage à la religion, chacun sera forcé de reconnaître chez la bonne partie des: travailleurs, des connaissances et une éducation d'un assez grand. prix. Car, enfin, quand, depuis plusieurs années, les religieux en-. scisnent la grammaire, l’histoire, la géographie, la littérature même. au moins dans ses éléments, les mathématiques et la religion à desmilliers d'enfants du peuple, co:1ment cette éducation ne porterait-elle pas ses fruits ? Et comme uu si beau résultat découle d’un dévouement nourri À la source même de l’Eucharistie, vons avez. une fois de plus raison d’en payer l'hommage à la sainte commu-nion.

L'Tnstituteur.—La communion! Elle est encore la force qui contient l’homme dans le devoir. Elle triomphe des passions brû-. lantes de la jeunesse. Elle tempère l'ésoïsme de l’âge mûr; elleaffermit la vieillesse dans le bien. On n’en finirait pas, si l’on voulait dire quelle puissante influence la sainte communion exerce partout, même dans la société !

Voltaire, tout impie qu’il était, n’a pu s'empêcher dans les Ques-tions sur l'Encyclopédie de rendre hommage au sacrement de nes: autels.

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« Voilà des hommes, dit-il, qui reçoivent Dieu dans eux, au mi- « lieu d'une cérémonie auguste, à la lueur de cent cierges, après ‘4 une musique qui a enchunté leurs sens, au pied d'un autel bril- « lant d'or. L'imagination est subjuguée, l'âme saisie et atten- -« drie ; on respire à peine, on est détaché de tout bien terrestre, « on est uni avec Dieu, il est dans notre chair et dans notre sang. -« Qui osera, qui pourra commettre après cela une seule faute, en «concevoir seulement la pensée ? »

Voclez-vous naintenant savoir ce que le célèbre protestant Lord Fitz-William pense de la communion? Permettez-moi encore de vous rapporter une page de ses Lettres à Atticus. « La vertu, la justice, la morale, dit-il, doivent servir de base à -« tous les gouvernements.

« Il est impossible d'établir la vertu, la justice, la morale sur -« des bases tant soit peu solides, sans le tribunal de la Pénitence, -« parce que ce tribunal, le plus redoutable de tous les tribunaux, « s'empare de la conscience des hommes, ct la dirige d’une manière « plus efficace qu'aucun autre tribunal. Z7 est impossible d'établir 4 le tribunal de la Pénitence sans lu croyance à lu Présence réelle, « principale base de la foi catholique,-—parce que sans cette 4 croyance, le sacrement dela Communion perd sa valeur et sa con- 4 sidération. Les protestants approchent de la sainte table sans «« crainte, parce qu'ils n'y reçoivent que le signe commémoratif du « corps de Jésus-Christ: les catholiques, au contraire, n’en appro- « chent qu’en tremblant, parce qu'ils y reçoivent le corps même de « leur Sauveur. Aussi, partout où cette croyance fut détruite, le « tribunal de la Pénitence cessa avec elle. La Confession devint « inutile, comme partout où cette croyancr existe la Confession de-

-« vient nécessaire; et ce tribunal, qui se trouve ainsi nécessaire—

-« ment établi avec elle, rend indispensable l'exercice de la vertu, de

.« la justice, de la morale.

Le forgeron.— Voilà donc une des plus grandes gloires du Protestantisme qui déclare que le sacrement de l'Eucharistie est un des fondements essentiels de la société. N'est-ce pas rassurant contre les indignes blasphèmes des petits esprits ?

L'Instituteur.— Napoléon I, au comble de la prospérité, rendait, ui aussi, hommage à la sainte Eucharistie. Entouré des compa-

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gnons de sa gloire, il leur fait un jour cette question: « Savez-vous. quel est le plus beau jour de ma vie?» Les uns nomment la. victoire de Marengo, les autres celle d’Austerlitz, celui-ci le triomphe des Pyramides, celui-là celui de Wagram. Il en est qui parient de son sacre, quand on posa sur sa tête l'illustre couronne de: France. « Messieurs, vous n’y êtes pas, répond Fempereur ; le jour «le plus beau de ma vie, c’est le jour de ma première commu- U ALAN.)

Au comble de l'infortune, Napoléon n'avait pas changé d'idée. Relégué sur 1: rocher de Ste. Hélène, ii vit approcher son heure der-pière : il pria le Dieu qui l'avait béni le jour de sa première ccmmunion, de le bénir encore au moment de sa mort. A cette heure suprême, 1l appela autour de lui tous les compagnons de sou exil et, reçut cn leur présence, avec fai et piété, le saint viatique.

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