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C’EST LE SALUT DU BAS-CANADA

I! faut se Défier des Ennemis de la Confédération

MONTREAL TYPOGRAPHIE D'EUSÈBE SENÉCAL, Rue St. Vincent, No. 6, 8 et 10,

PREFACOE. |

Depuis le 1+r juillet (1867) le Bas-Canada est régi par , un: nouveau mode de gouvernement. Il n’est plus le Bas-Canada, mais la ‘ Province de Québec ;”” avec ce vieux nom français qui nous a été rendu, on nous a donné un Gouverneur français et toutes les âmes vraiment patriotiques, ont tressailli d’allégresse et d’un noble orgueil, lorsque Îles journaux nous ont appris, que le canon de la vieille citadelle de Québec avait tonné sa grande voix pour saluer l’arrivée du premier gouverneur français depuis 1760!!!

On nous a séparés du Haut-Canada, nous nous appelons, la Province de Québec, nous avons un gouverneur Canadien-français, le deuxième depuis l'établissement du pays, nous allons avoir notre propre gouvernement et nos propres chambres, où tout se fera par et pour les Canadiens-français, et en français, Il faut être renégat, ou, ce qui revient au même, annexioniste, pour ne pas se trouver ému jusqu’au larmes, pour ne pas sentir son cœur battre d’une ioie indescriptible et d’une bien légitime fierté à la pensée de ces glorieux résultats du patriotisme et de l'énergie indomptable de nos hommes d'état, de nos chefs politiques qui, cent ans après la conquête du pays par l'Angleterre, ont décidé cette dernière, touchée de notre héroïsme et de notre loyauté, à nous rendre à nous mêmes, à nous restituer notre autonomie complète et à confier le. dépôt sacré de nos traditions nationales à un gouvernement choisi parmi nous et composé des nôtres.

A qui devons-nous ces immenses bienfaits ? à qui la nation Canadienne française reconnaissante doit-elle élever dans son cœur un monument d’éternelle gratitude ? C'est ce que nous allons examiner dans les quelques notes qui suivent. Nous avons cru qu’à la veille des élections un petit travail démontrant succinctement

l'excellence de la confédération, le caractère de ceux qui la soutiennent et la tendance et les principes ou plutôt l'absence de principes de ceux qui la po se nt, serait utile au pays et notamment aux Ganadiens-français povr les guider dans le choix de leurs représentants et leur faire connaître leurs véritables amis comme leurs véritables ennemis.

Nous le ferons sans parti pris comme sans passion. Etranger aux partis du jour, retiré de la vie publique depuis bien des années, ayant toujours suivi de près la marche des événements, nous nous croyons en état,— appuyé que nous sommes sur la boussole infaillible des grands principes religieux et sociaux qui seuls peuvent faire vivre les peuples et les conduire à l’immortali! *,—

‘apprécier et juger sainement les choses, comme nous pensons avoir acquis ie droit de dire franchement et impartialement la vérité à tout le monde.

Nous promettons la vérité et l’impartialité, e& nous tiendrons notre parole ; mais cela ne veut pas dire que nous serons froid et indifférent. Nous avons au milieu de nous des lâches, des hypocrites, des traîtres, qui font bien tout leur possible pour cacher l'oreille de l’âne et endormir la surveillance des vrais patriotes. Quelquefois, pourtant, ils s’échappent et percent, comme dans le guet-apens du Club St. Jean-Baptiste. Ma foi! si nous les rencontrons, nous ne pouvons nous engager à rester maîtres de nous et, si nous avons une cravache à la main, elle pourrait bien aller malgré nous labourer leur figure flétrie et déjà entamée par le crime.

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