CONVERSATION INTERROMPUE. — GARE DESSOUS
Caricature de F. Pasquin (Le Titi, L9 juillet 1879).
Celte image (ait allusion ;i on arrêté piis par les conseillers municipaux de la commune
de Soligny, chassant les Ignorantins pour leur substituer renseignement laïque.
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LK PAPE-HRRANT
i\ur l'air du •< Juif-Errant »)
Image-placard [feuille volante), par Alfred Le Petit, publiée et colportée vers 1885.
Quand le diable prospère, Il courut chaque ville.
N'est il pas offusquant De la Garonne au Don,
De voir notre Saint Père D'une liste civile
Chassé du Vatican, Quêtant en vain le don,
as trêve marchant Chaque gouvernement
Dans un monde méchant? Raillai! son dénûmeot.
LA SATIRE ANTICLÉRICALE AUTREFOIS
Seuls, les gens du village De Fouilly-les-Nounous.
En voyant son visage, Se mirent à genoux.
Tant ce vieux vagabond Avait l'air noble et bon.
« Du Denier de Saint-Pierre Il ne me reste rien ; Le monde, au cœur de pierre, Me chasse comme un chien.
Je m'écorche les pieds Aux cailloux des sentiers.
De chelive carrure Il montrait aux badauds.
Par mainte déchirure Sa chair, et, sur le dos, Portait, pauvre proscrit, La croix de Jésus-Chrisl.
« — Saint-Père, sur nos dalles
Daignez poser les pieds, El sécher vos sandales A nos humbles foyers.
Chez vos fils, sau* surseoir, Vite, entrez vous asseoir.
•■ — Vous qui paraissez être lu fidèle, un vrai saint, Evèque ou simple prêtre, Chanoine ou capucin, Dans Fouilly-les-Nounous, Père, bénissez-nous!
" — M'asseoir sur une chaise!
Le maître du clergé !
Sachez que Léon Treize N'a jamais siégé •jue sur des fauteuils lourd-.
De soie et de velours.
n — De quels nom- l'on m'attife!
Capucin! prêtre! moi !
Le Souverain Pontife !
Moi ! qui commande au roi !
Moi! qui suis enfoui lieu.
Presque l'égal de Dieu !
• — Saint-Père, de nos huches Tout le pain e>t à vous :
Videz toutes les cruches De Pouilly-les-Nounous.
Venez, divin vieillard.
Manger la soupe au lard.
« — N'ëtes-vous point cet 1 m«
Qu'un monarque, un tyran Vient d'expulser de Home.
El qui, depuis, errant, Cherche inutilement Un nouveau logement ?
« — La soupe au lard' au Pape Moi : comme un sacristain, Boire et manger sans nappe, Dans un couvqrl d'étain !
Moi ' que l'on vit mangeant Dans l'or et dans l'argent '
« — Oui, c'est moi Léon Treize,
Oui de Rome aux abois
Déménage, à mon aise,
A la cloche de bois!
C'est moi, peuple ignorant.
Qui suis le Pape-Errant.
« — Pour reposer vos membres, Daignez entrer, du moins, Dans une de nos chambres, Pour dormir sans témoins.
Nous \ous v couvrirons De larges édredons.
« — Une chambre de ferme, Au vicaire de Dieu !
M'écorcher l'épi derme, Dans votre mauvais pieu !
Le Pape, au Vatican, Dormait dans l'astrakan !
« — Poursuivez votre étape, Dans ce hameau deçà Nous croyions que le Pape Etait bien moins cossu.
Représentant un Dieu Pauvre et sans feu ni lieu ! »
o Braves gens, de vos offres Je suis reconnaissant:
Le peu d'or de vos coffres, Hélas! est impuissanl \ traiter dignement Le pauvre Pape-Errant !
Avant bu. pauvre Pape, Le malheur jusqu'au fiel, Léon s'envole et frappe A la porte du Ciel.
Saint Pierre, encore au lit, Se lève, ouvre, et lui dit :
« Villageois, mon royaume S'étend beaucoup plus loin Mue les vieux toits de chaume Dont vos mains prennent soin.
Je veux, siècle pervers, Régner sur l'Univers '.
« Ah ! c'est toi, Léon Treize,
Pontife des Chrétiens!
Tu peux, ne t'en déplaise, Retourner d'où tu viens.
Nous n'avons. Dieu merci !
Pas un seul Pape, ici '■ »
jamais l'indépendance, le bon sens ne désarment, et que quand l'esprit de la Réforme cesse de souffler en un pays, l'esprit de la Libre Pensée triomphe ailleurs.
Enfin ce fut la Commune, orgie d'images de toutes sortes, rééditant graphiquement les désordres et les scandales des prêtres et des béguines, portraiturant la Calotte ( i) et ses hauts dignitaires, représentant le pape laissant venir à lui les petits enfants en de bizarres postures, faisant d'horribles jeux de crayon sur les saints captifs (Darbov et Déguerry), et nous montrant le déménagement de Sa Sainteté le
(1) Ce qualificatif considéré comme injurieux avait été déjà employé au svni* siècle
et 1 1 1<- au svir», mais on ne lui attribuait pas, alors, un sens aussi irrévérencieux.
Dans les pamphlets de l'époque la calotte a encore une certaine tenue; c'est une façon
de v iser le parti du clergé. Il est vrai qu'à ce i tenl on ne criait pas, encore, de par
les rues : Hou! houl lu calotte, et : .1 l>as la calotte!
LA SATIRE ANTICLERICALE AUTREFOIS
Petit imàe'a/e ce n est pas a rej yens /a qui/ faut tout a/o/iner c 'est nous,
panures pasteurs aui vous conduiront au vrai salut ou a ta y/oircselon
votre q rue rosi te
Caricature belge de 1871, montrant l'étroite union du Second Empire français et du Cléricalisme romain.
' Dans la voiture, qui a pour cocher Napoléon III, le pape tend l'escarcelle en faveur du Denier de Saint-Pierre! Les journaux ultramontains, de Rome et d'ailleurs, en réponse aux souscriptions qui s'ouvraient alors un peu partout pour les blessés français, avaient fait appel à la bourse des fidèles pour le pape couché sur la faille humide des cachais.
Pape, tenant à la main le Saint-Esprit sous la forme d'un oiseau en cage, et serrant précieusement le Denier de Saint-Pierre mis en portefeuille sous le bras.
Rupture avec Rome, — En route pour Cbaillot. Ainsi la Commune avait pressenti ce qui devait arriver trente-cinq ans plus tard, ce que demandaient déjà en leurs livres, en leurs campagnes de presse, en leurs professions de foi, tous les républicains de 1868, — tel Jules Ferry, tel Naquet, tels Brisson, Ranc, Spuller!
On connaît le reste : triomphe du gouvernement de Versailles, réaction, à nouveau lutte pour ou contre l'enseignement clérical, et la levée des crayons soutenant les Gambetta, les Paul Bert, les Jules Ferry, avec les admirables Basiles d'André Gill, avec les Frères de Pasquin, avec tous les journaux à images qui, des années durant,
malgré saisies, procès et condamnations, ne cessèrent de défendre la Raison, la Science, la Société laïque, contre les entreprises sans cesse renaissantes du Jésuitisme.
Où êtes-vous, images de la Lune Rousse, de Y Assommoir républicain, de la Tribune anticléricale , du Fouet, de la Charge, du Titil
Où êtes-vous dessinateurs républicains aux convictions fermement assises, dont les crayons mis au service de l'idée laïque ne s'abaissaient jamais en d'ordurières attaques! Si vous illustrâtes, quelquefois, les hauts faits des Frh es f rapports, du moins vous ne faisiez que traduire en images les crimes hors nature de quelques pauvres malades.