LE « KULTURKAMPF » EN FRANCE
— Ce que l'on jette dehors par devant (c'est-à-dire ostensiblement, au grand jour), rentre par derrière (et derrière, on lit : Entrée défendue).
(Der Wahre Jacob, de Stuttgart, 1902.)
* Le Kulturkampf (combat pour la civilisation), est, on le sait, le nom qui fut donné à la lutte entreprise, en Allemagne, par Bismarck, contre le cléricalisme. Le mol ne s'est pas seulement généralisé en Allemagne; il s'est, en quelque sorte, francise et même universalisé. Cette image traduit les critiques faites à la loi sur les congrégations, grâce à laquelle les religieux expulsés comme congréganistes peuvent rentrer et enseigner tomme civils.
civilisation; alors que l'Italie venait de constituer sa nationalité contre e pouvoir temporel du pape (i).
Pendant des années, donc, et même après le fameux Article 7, qui fit couler tant d'encre et montra déjà tout ce qu'il faut redouter d'un fanatisme chauffé à blanc, l'impression générale de l'Europe fut que la France, fortement imprégnée de catholicisme, resterait toujours la Fille aînée de l'Eglise. Et cet état d'âme, vrai ou faux, fut exploité par tous ceux qui avaient intérêt à l'isoler du reste de l'Europe.
(1) Il n'est pas besoin de rappeler ici, je présume, le premier mot historique d'Emile Ollivier, qui fut aussi néfuste que le second : « L'Italie à Rome ».
LA FRANCE ET L'iMAGERIE EUROPÉENNE
Pendant des années, l'imagerie européenne se fit un malin plaisir de la représenter entretenant un flirtage en règle avec le vieux monsieur du Vatican; pendant des années, on fut surpris de la voir si bien en cour... de Rome, alors que tous les États étaient plus ou moins agités par les prétentions papales.
Cette sorte de cléricalisme à fleur de peau fut une des raisons du maintien de la Triplice, l'Italie se sentant naturellement portée vers l'Allemagne du Kulturhampf, bien plus que vers la France considérée comme amie de la Papauté.
A quoi doit-on le rapprochement italien — je parle, ici, à la fois, des élans de sympathie populaire et des avances gouvernementales, —
JESUITERIF.S
— Chassés d'une part, persécutés de l'autre, mal vus de tous, poinl ne uous est besoin d'invoquer la protection de l'Allemagne, puisque l'Italie nous garde si bien dans sa forteresse ! (La forteresse, c'est le Vatican.)
(// Fisckietto, de Turin. 1902.)
* Sur le casque prussien, on lit : Modifications <t la loi de Î872 sur les Jésuites.