‹ Contre RomeChapitre 63 sur 106 · ADIEU, CHARMANT PAYS DE FRANCE · texte numérisé non relu

ADIEU, CHARMANT PAYS DE FRANCE

— D'après les dernières nouvelles, les Chartreux fuiraient leurs persécuteurs, montée sur des automobiles d'un genre nouveau.

(Kladderadatsch, do Berlin, 10 mai 11)03.) 1. En français, dans l'original.

italienne annotant, pour ainsi dire au jour le jour, les faits, les expliquant, les éclairant par tous les moyens graphiques, tantôt par des séries de petits croquis, tantôt par de grandes satires en lesquelles elle se faisait comme un malin plaisir de tomber à bras raccourcis sur le pouvoir pontifical; — la caricature allemande fournissant les compositions, les illustrations hors page pour l'histoire illustrée, à écrire quelque jour, des rapports de l'Église et de l'État en Fiance, quand on aura compris que certains événements de notre vie politique et sociale gagneraient considérablement à être exposés aux masses sous la forme de tableaux clairs et concis, d'images synthétiques et expressives.

Dans cette campagne par l'image, il y a de tout : des idées drôles, des comparaisons amusantes, des pensées d'une philosophie profonde. La façon d'expliquer à Marianne qu'il n'est point chic de porter en même temps un bas noir et un bas tricolore, est une façon point banale de l'engager à séparer l'Église de l'État, tandis que la façon dont Pie X tient Marianne plus bas que la taille, en lui disant qu'il n'a jamais aussi complètement exploré le véritable centre du catholicisme, est d'une allure quelque peu libre.

En voyant Pie X qui laisse la République chasser les cléricaux, Grégoire Vil ne peut s'empêcher de lui reprocher son manque d'énergie et de volonté, mais avec raison Pie X lui observe que ce qui manque de nos jours, pour aller à Canossa, c'est un Henri IV.

« Je m'en vais, il y a des chances pour que nous ne nous revoyions plus », dit un curé gros et gras à un gamin de Paris qui lui objecte : « Comment ! vous ne reviendrez pas pour le Bœuf-Gras ! »

INSTANTANES PRIS A LA FRONTIERE Échange de< produits Franco-italiens... libres de toute entrée à la douane. (lllustrazione italiana, de Milan, 24 mai iyo3.)

LA FRANCE ET L IMAGERIE EUROPÉENNE

LA SÉPARATION DE L'ÉGLISE ET DE L'ÉTAT EN FRANCE Aïe ! holà là !

(La Parodia, de Lisbonne, 28 mai 11)03. i

Calembredaines illustrées qui furent de toutes les époques, qui toujours amuseront, et qui, provenant de journaux comme le Fiscbictto et le Pasquino, prouvent qu'il faut servir, de temps en temps, à la bourgeoisie italienne, la même nourriture qu'aux lecteurs français de La Calotte ou des Corbeaux.

J'ai dit, tout à l'heure, qu'un certain esprit de méfiance vis-à-vis de la France, relativement à la question cléricale, avait régné, à l'étranger, dès le lendemain de la Guerre. Pour s'en rendre compte, il faudrait parcourir avec soin tous les illustrés auxquels j'ai emprunté les éléments de cette enquête, et l'espace limité dont je dispose ne me permet point de le faire. Toutefois, une estampe est concluante, parce

qu'elle montre bien combien illogique apparaissait aux yeux de tous l'alliance avec le Vatican : c'est La République française et la Curie, publiée par les Humoristiscbe Blâtter,de Vienne, en 1891. Il y est établi clairement, sous une forme libre, je veux dire par-dessus la jambe, que ni l'une ni l'autre ne sont faites pour s'entendre.

De même, si l'on avait pu faire appel au témoignage de l'imagerie étrangère dès 1897, c'est-à-dire à partir du fameux discours dans lequel M. Léon Bourgeois, alors ministre et déjà philosophe profond, pour l'honneur de la France dénonçait l'audace sans cesse grandissante des congrégations, et jetait le cri d'alarme en démontrant éloquem-

Page 1