LES TOUT- PUISSANTS
— « Commenl nous venger le mieux de Loubet en ce qni concerne le rappel du mince !
— « De façon bien simple, cher frère : en rappelanl le Bon Dieu de France. »
(Ulk, de Berlin, LO juin L904.)
versel plus large, plus humain, c'est elle, dis-je, qui n'a cessé de prêter l'appui de ses crayons au ministère de défense républicaine constitué par Waldeck-Rousscau, défendant non seulement la société civile, mais encore les droits de l'Europe entière contre les envahissements scandaleux des cléricaux.
L'image du hloh de Vienne : Rcussira-t-il ? est concluante.
L'Europe était pour celui qui faisait rendre gorge aux Pfaffen.
LA FRANCE ET L'iMAGERIE EUROPÉENNE
J'ai dit que l'image ri e étrangère retraçait sous des formes différentes la lutte ouverte par la société civile contre les congrégations, et les événements qui se sont succédé depuis la rupture avec le Vatican, c'est-à-dire la séparation de l'Église et de l'État et les premières conséquences de son application. Elle donne donc, en quelque sorte, ayant eu surtout en vue l'actualité, l'histoire du Ministère Combes et du Ministère Rouvier.
Sur plusieurs images on verra apparaître.
POUR RACCOURCIR LA CHOSE - Adaptation à la politique, dune affiche allemande connue : La Fabrique continentale de vélocipèdes, à Hambourg.
Composition de F. Graetz (Der Floh, de Vienne. 1904). taS"nb?I Ceïfe 'a qUe"e dU Chat (£igUrant 'Ci '° Concordat>> à la,luolle le Prêtr« s'accroche
en personne, M. Combes, plus ou moins ressemblant, je m'empresse de le reconnaître, plutôt plus que moins, — la ressemblance n'est-elle pas chose de peu d'importance, en matière de caricature politique? — mais toujours sous une forme sympathique. Ici, chassant les insectes congréganistes avec les armes les plus diverses : coup de balai, seau d'eau, poudre insecticide; là se colletant avec le Jésuite; ici prenant les cafards dans les réseaux d'un filet; là, archange moderne, enfonçant sa lance dans la bouche du monstre clérical. Même en le caricaturant, les Italiens ne pourront renoncer à leur amour immodéré du calembour : on verra notre ministre transformé en épouvantait qui comb...at (!!) les artifices des Jésuites. Qu'ils le représentent, au moment de la défaite, conservant quand même son rôle de gardien vigilant de la République, ou qu"ils le transforment en une façon de diable moderne, diable laïque, il n'en sera pas moins pour
— Hélas I el dire que relie Fontaine donnait de l'eau si claire et si abondante!
Caricature de W. Lehmann
(Xebelspalter, de Zurich, i» juillet 1904).
LA FRANCE ET L IMAGERIE EUROPEENNE
Nouvelle mode de Paris (les oreilles tirées; à propos de l'affaire Syveton). — Le clérical Christophe Stranz lisant avec des gestes onduleux : — Les gifles sont des envoyées de Dieu. La main vivante est « la main morte »!
(Der Floh, de Vienne, 1904.)
* Jeu de nuits sur la gifle donnée d'un revers de main : de la main morte, et sur la fameuse mainmorte qui, dans tous les pays, fait la fortune des couvents.
eux un grand ministre français, bien mieux : le Bismarck du Kulturkampf français .
J'ajoute qu'il ne sera point seul à être portraituré sur ces images : on y verra apparaître Loubet, lors de la visite de Rome notamment, ou lors de la rupture avec le Vatican. Loubet et le pape joueront à cache-cache, sans se pouvoir rencontrer... naturellement, et cela, alors que des souverains protestants — tel Guillaume II, tel Edouard VII — ne manqueront pas une occasion de rendre hommage au pauvre captif. Qu'il soit avec le pape ou avec Merry del Val, Loubet est toujours représenté de sympathique façon; mais, à vrai dire, il n'apparaît guère dans la figuration des autres événements. Une fois seulement — ceci est à noter, — c'est lui que l'image place en face de Pie X, tous deux
— Différentes manières d'apprécier les visites de politesse. [Figaro, de Vienne, 9 juillet 1904.)
La R. F. vienl avec une verge en main, et le Pape, lui, sortant d'un puits comme la Vérité, brandit les foudres... de l'Église.
tenant en main un long saucisson, lequel est censé représenter les biens de l'Eglise.
La France, par derrière, coupe, tranche avec son sabre, et la plus grosse partie du trésor reste aux mains du Président.
On verra, en parcourant ces images, de quelle façon la fantaisie des caricaturistes s'est amusée à traduire, à interpréter un sujet qui, par lui-même, semble peu prêter au comique. Et comme, en réalité, on ne sépare pas choses ou gens sans couper... quelque chose, c'est toujours dans le sens du coupage que les dessinateurs ont traduit graphiquement la Séparation. Le Fiscbietto, lui, a eu une idée plus originale en figurant l'Église et l'État sous forme de sœurs siamoises, toutes deux étendues sur la table d'opérations, tandis que le chirurgien se prépare à scier la partie qui les relie. D'autres, il est vrai — tel le IV abrc Jacob, de Stuttgart — interprètent l'événement de façon plus dramatique. Marianne a des ailes et s'envole dans les airs, alors que les noirs cherchent vainement à la retenir, en s'accrochant à son péplum. Mais majestueusement la R. F. s'élève, toujours et plus, dans l'espace.
L'encyclique papale c'est un coup d'épée dans l'eau — c'était tout indiqué, — à moins qu'on ne voie apparaître les canons de l'Eglise,
LA FRANCE ET L'iMAGERIE EUROPÉENNE
des canons pour de vrai, qui mettent en déroute... qui? le canonnier lui-même, c'est-à-dire le pape. L'expulsion des congrégations se trouve traduite, par ces images, de multiples façons : une vignette du Fiscbietto ne représentera-t-elle pas Combes, le clystère en main,
se préparant à débarrasser la France de ce qu'il lui faut à toute force rejeter?
Ici, on voit moines et nonnes joyeusement réunis, passer la frontière en automobiles.
Qu'on le veuille ou non, le progrès est de toutes les fêtes. Jadis, sous la Révolution , c'était à coups de balai qu'on les expédiait au dehors; aujourd'hui, messieurs du clergé ont recours au moyen de locomotion le plus rapide.
Ailleurs, Dumanet colle toute la noire défroque dans des boîtes à bonbons :
cadeaux de la France à l'Italie, lors de la visite royale. Et comme le bersaglier est quelque peu étonné de ces robes destinées à être mangées, notre petit troupier, qui a