‹ Contribution à l'étude analytique du mercureChapitre 48 sur 82 · PARTIE THEORIQUE · texte numérisé non relu

PARTIE THEORIQUE

Le principe directeur est exactement le même que pour le dosage décrit dans la première partie. Nous utilisons toujours l’action minéralisatrice et réductrice de l’hydrosulfite de sodium en milieu alcalin vis-à-vis du mercure engagé dans des combinaisons plus ou moins complexes. Mais le problème est infiniment plus délicat que lorsqu'il s’agit d’un dérivé mercuriel dont on peut mettre en œuvre plusieurs milligrammes. La faiblesse des quantités de mercure en jeu oblige à recourir à des procédés de dosage extrêmement sensibles et plus particulièrement à ceux procédant par diaphanométrie. Or, il est bien évident que la moindre trace d’impureté peut retentir dans de très fortes proportions sur l’exactitude du dosage, à cause même de sa délicatesse.

Considérant, d’autre part, que les liquides organiques contiennent, par rapport au métal à doser, d’énormes quantités de matières inertes, minérales ou organiques, la sélectivité rigoureuse des procédés d’extraction du mercure apparait comme une des principales préoccupations à retenir.

La plupart des liquides biologiques sont riches en protides et, connaissant la remarquable affinité du mercure pour ces substances —— BARDACH (9), MALKESs 1108) les utilisent même comme agents de précipitation de ce métal; l'addition de cyanure de mercure sensiblement inodore à une solution albumineuse laisse bientôt percevoir une

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odeur d'amande amère, indice d’une libération de l'ion cyanhydrique après captation du métal par les albumines, -— il serait vain de l’y concevoir sous une autre forme que celle d’albuminates plus ou moins complexes. Ceci est également valable pour un liquide normalement non albumineux tel l'urine, car le mercure n’est éliminé par le rein qu'après avoir traversé l’organisme et être passé sous une forme analogue au moins partiellement.

Il est donc nécessaire de le détacher de ces grosses molécules en l’ionisant dans le milieu puis en le précipitant, cé que réalise au mieux l’hydrosulfite de sodium en milieu alcalin. ;

D'autre part, les liquides biologiques sont souvent riches en calcium, notamment l’urine, et l’alcalinisation entraîne une précipitation d’hydroxyde de calcium, isolé avec le précipité mercuriel et que l’on risque de retrouver au terme du dosage où sa présence proscrit toute précipitation en milieu alcalin en vue d’un dosage opacimétrique, à moins qu’un traitement convenable du précipité mercuriel ne permette de l’éliminer en cours de route.

Voici d’abord un aperçu de la technique dont nous avons poursuivi la mise au point : le mercure est précipité du liquide considéré par l’hydrosulfite de sodium en milieu alcalin et adsorbé sur un précipité de sulfate de baryum; celui-ci peut être recueilli par décantation, puis centrifugation, procédé que nous avions antérieurement rejeté à cause des pertes « par grimpage ». Ici, la pauvreté de l’adsorbat en mercure rend effectivement cette cause d’erreur négligeable. Le précipité déshydraté est traité par le brome pur et, après élimination de l’excès d’halogène, le bromure mercurique formé est extrait à l’éther. Le résidu d’évaporation de ce solvant est remis en solution dans une petite quantité d’eau et la liqueur obtenue soumise à un dosage opacimétrique.

Les avantages de ce procédé sont les suivants : les matières organiques qui ont pu rester dans le précipité devraient être simultanément solubles dans l’éther et dans l’eau pour se retrouver dans la liqueur finale, et il en est peu qui possèdent ces deux solubilités. Encore faut-il signaler que les substances solubles dans l’éther sont éliminées lors de la déshydratation du précipité qui se fait par l'alcool et l’éther; seuls les corps éthérosolubles for-

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més sous lPaction du brome pourront done accompagner le mercure, Les halogénures de calcium et de baryum, fort sênants lorsqu'on solubilise le mercure par l’eau de brome l’eau régale, sont théoriquement insolubles dans l’éther {, par suite, leur action perturbatrice se trouve écartée. 15 outre, lélimination. si pénible de toute trace d’hydrosulfite du précipité n’est plus nécessaire puisqu'il se trouve détruit par l’action oxydante énergique du brome qui intervient en large excès.

- Ce chapitre est consacré à l’étude de cette technique applicable à un liquide biologique en général. Pour vérification de sa valeur en tant que procédé de dosage du mercure nous donnons, en fin de chapitre, les ‘résultats obtenus à partir de solutions aqueuses simples de dérivés mercuriels. Les chapitres suivants envisagent plus spécialement sen application à divers liquides biologiques où la prédominance en telle ou telle substance inerte peut entrainer des modifications de détail ne changeant cependant en rien l'esprit du dosage.

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