CHATS INJECTÉS APRÈS SECTION DE LA MOELLE CERVICALE
CHar 1. Section de la moelle entre les V et VI° cervicalés. — Injection intra-veineuse de ? ce. de bouillon de culture de staphylocoque doré. — Quarante minutes de survie. — État vacuolaire généralisé des épithéliums d’'Heidenhain. — Staphylocoques dans le rein.
17 juillet, 5 h. 20. — Section de la moelle entre la cinquième et la sixième vertèbres cervicales.
5 h. 30. — Injection de 2 ce. de bouillon de culture de staphylococcus aureus dans la veine tibiale gauche. -
6 h. 10. — Mort, autopsie. La vessie, très contractée derrière Le pubis, ne contenait pas une goutte d'urine.
Les ensemencements faits avec le sang du cœur, de la rate, du foie et des reins ont été positifs.
Les reins — Sont congestionnés — ne présentent rien de particulier à l'inspection ni à la coupe — (des fragments sont placés les uns dans l'acide osmique au 1/100 pendant 12 heures et ensuite dans l’al-: cool absolu, d’autres immédiatement dans l’alcool absolu et le Muller). |
Substance corticale. — Sous la capsule quelques petites hémorrhagies.
Glomérules. — Dans le plus grand nombre la capsule paraît saine,
l'endothélium n’a pas proliféré : les noyaux du bouquet glomérulaire semblent également sains ; leur nombre ne paraît pas augmenté. Quelques glomérules cependant contiennent entre la capsule et le bouquet une certaine quantité de poussière granuleuse qui se colore en rose jaune (sur les coupes au picro-carmin) ; rarement on y découvre quelques cellules rondes nucléées.
Tubes contournés, — L’épithélium des tubes contournés présente un état vacuolaire très prononcé, presque généralisé à toute la coupe. Tandis que les cellules des rares tubes restés sains se colorent vivement, le protoplasma en jaune roux, le noyau en rouge, les tubuli creusés de vacuoles présentent une teinte générale beaucoup plus pâle. Les cellules tuméfiées ont leurs contours peu nets. Dans un grand nombre de tubes le boursouflernent est assez prononcé pour faire disparaître totalement la lumière. Les noyaux de ces cellules se colorent très diversement ; d’une façon générale on peut dire que leur affinité pour la matière colorante est très diminuée, pour quelques-uns même elle a totalement disparu. Mais ce qui frappe le plus à l'inspection de la coupe, C’est un état vacuolaire presque généralisé de ces épithéliums : les vacuoles de dimension variable sont disposées dans quelques tubes
très régulièrement le long de la paroi, allernant avec les noyaux. La
lumière est le plus souvent obstruée par des boules claires et grenues dans des proportions très variables. — Dans l’intérieur de quelques tubes on voit quelques globules rouges : ces tubes sont entourés de capillaires dilatés, gorgés de sang. — Quelques amas de noyaux dans le tissu conjonctif. Tubes droits sont normaux.
TOPOGRAPHIE DES MICROBES. — Par la méthode de Gram on arrive facilement à colorer les microbes dans les coupes. — Ils siègent surtout dans la substance corticale, le plus grand nombre restant contenus dans les vaisseaux et les capillaires. — Par endroits on découvre de vérita-
bles amas de cocci dans le tissu conjonctif qui entoure les tubes con-
tournés. — Dans quelques tubes contournés on découvre également, soit inclus dans les cellules d'Heidenhain, soit dans la lumière mélangés aux débris de la désintégration cellulaire, des microcoques qui restent colorés en violet. — Les capillaires du bouquet glomérulaire en renferment aussi un certain nombre ; exceptionnellement quelques cocci colorés en violet sont mélangés aux débris granuleux qui séparent le bouquet de la capsule de Bowman.
Car. 2. Section de la moelle cervicale entre la VIe et VIF ver-
tèbres cervicales. — Injection intra-veineuse de 1°° de bouillon de culture de charbon. — 20 heures de survie. — Lesions de nephrite diffuse. — Bacilles dans le tissu conjonctif et dans les
tubes contournes.
99 juillet, 4 h. 4/2. —,Section de la moelle.
Hyaos
— 5h.1/4. — Injection de 1c° de culture de charbon dans la veine crurale gauche. MISE SE
Survie jusqu’au lendemain 23 juillet à 4 h. 1/2. — Autopsie.
Reins très pâles. Volume normal. — A la coupe, pas de différence de coloration entre la substance corticale et la pyramide. La vessie contenait quelques gouttes d'urine. :
Ensemencements du sang des reins, du cœur, de la rate et du foie ont été fertiles. — La culture de l'urine n’a rien donné.
Histocogie. — Glomérules sont peu lésés : légère diapédèse des noyaux de Ja capsule. — hémorrhagies intra-capsulaires. — Cellules endothéliales du bouquet glomérulaire normales.
Les tubuli contorti ne sont pas également atteints dans toute. l'étendue de la coupe. Un petit nombre seulement semblent sains. — Dans le plus grand nombre l'épithélium est tuméfié, granuleux, présente des vacuoles ; souvent il abandonne entièrement la paroi et obstrue complètement la lumière. Dans quelques-uns, l'acide osmique colore des lraines de granulalions graisseuses sur la portion basale des cellules d'Heidenhain. Dans les coupes colorées au picrocarmin les noyaux de ces cellules se colorent faiblement. — Dans le tissu conjonclif légère prolifération de noyaux réunis en petits amas. Vaisseaux congestionnés.
Tubes de la substance pyramidale ne présentent rien-de particulier.
MicROBES. — (Gran Weigerl). À un faible grossissement (Leitz, obj. 4., ocul. 1) où distingue dans la substance corticale, à plusicurs endroits, des amas ou des traînées qui sont restées colorées en violet. On n’en voit pas dans la substance pyramidale.
A un grossissement plus fort (Leitz, obj. Immersion 1/16 ocul. 1) on reconnait que ces masses violettes sont uniquement formées par la bactéridie; mais pour essayer d'étudier sa topographie, il vaut mieux s'adresser à des endroils de la coupe qui contiennent moins de bacilles. D'une façon générale, la substance corticale en contient un nombre beaucoup plus considérable que la substance pyramidale : dans celle-ci les bacilles se trouvent le plus souvent dans le tissu conjoncüf qui sépare les tubes, quelquefois dans l'intérieur même des capillaires, presque jamais dans la lumière même des tubes droits.
Dans la substance corticale, le plus grand nombre de bacilles se trouvent dans le tissu interstitiel lui-même et dans les vaisseaux.
Très rarement on en aperçoit dans les glomérules, et quand ils s'y trouvent ils sont contenus dans l'intérieur même du bouquet glomérulaire, exceptionnellement dans la lumière qui sépare la capsule du bouquet. Un certain nombre ont pénétré dans Les tubes contournés où ils siègent lantôt contre la paroi entre les cellules d’ Heidenbain, tantôt dans la lumière, mélangés à la substance granuleuse qui la nel souvent.
Cuar 3. — Section de la moelle VI® et la VII* cervicales. — Injection
intra-veineuse de À cc. de culture de pneumocoques.— 6 heures de survie. — Lesions de néphrite diffuse. — Pneumocoques dans le tissu conjonctif et les tubes conlournés.
24 juillet, 4 heure 1/2. — Section de la moelle.
À heure 3/4. — Injection de 1 ec. de bouillon de pneumocoques dans la veine crurale gauche.
Mort à 7 h. 1/2. — Autopsie.
Vessie réduite au mininum ne contenait pas d'urine.
Cultures faites avec Je sang du cœur, de la rate et des reins ont été fertiles.
Reins très congestionnés, volumineux.
HISTOLOGIE. — Congestion intense des vaisseaux. Lésions diffuses portant sur les glomérules, les tubes contournés, les vaisseaux et le tissu conjonelif.
Glomérules. — Prolifération des uoyaux de la capsule; entre le
bouquet et la capsule, hémorrhagies, quelquefois poussière granuleuse
qui se colore en jaune par acide picrique. Du côté des capillaires glomérulaires 1l n’y a pas de prolifération, mais dans certains #lomérules les cellules plates nucléaires du bouquet sont dégénérées ; elles sont réfringentes, les noyaux se colorent difficilement.
Les tubes contournés présentent partout la tuméfaction trouble; les
-— bords des cellules ne se distinguent plus, leur protoplasma est unitor-
mément granuleux dans toute l’étendue de la cellule, faisant cependant dans quelques cas une aurtole claire autour de quelques noyaux. Ceux-ci se colorent à peine. 1L n’y a pas ou presque pas de vacuoles. La lumière des rares tubes qui n’est pas complètement obstruée par la tuméfaction des cellules épithéliales l’est toujours plus ou moins par leur desquamation tolale ou leur désintégration. Les vaisseaux ainsi que les capillaires sont très distendus, gorgés de sang ; hémorrhagies E 17
sous capsulaires nombreuses, quelques-unes en pleine substance corucale atteignent jusqu'à trois fois le volume d'un glomérule. Peu de noyaux dans le Lissu conjonctif.
Les tubes droits sont bien moins atteints; cependant dans un certain nombre, l’épithélium a desquamé; leur lumière contient des globules rouges en a:sez grand nombre.
TOPOGRAPHIE DES MICROBES. — (Planche E. Fig. A.) — Quantité prodigieuse de pneumocoques. Dans la substance corticale on en découvre dans les vaisseaux sanguins, dans ceux de gros calibre et surtout däns les capillaires qui séparent les tubes contournés.
Les vaisseaux du glomérule intra et extra-capsulaires, vaisseau afférent et capillaires du bouquet, en contiennent un certain nombre. Ils semblent toujours contenus dans l'intérieur même du capillaire. On n’en découvre pas dans la lumière qui sépare le bouquet de la capsule. Dans le issu conjonctif les paneumocoques se rangent volontiers tout autour de la paroi, le plus souvent assez régulièrement pour simuler un ou deux cercles concentriques à cette paroï. Les tubes contournés eux-mêmes en renferment un très grand nombre. Tantôt ils infiltrent très irrégulièrement les cellules épithéliales, sans qu’il soit possible de leur assigner une direction quelconqne, tantôt, et celte direction s’accuse davantage dans les tubes contournés qui conliennent une plus grande quantité de microbes, ils s’'amassent dans la portion des cellules épithéliales attenant à la lumière, gardant en général une tendance à rester parallèles à la paroi. On en découvre quelques-uns dans la lumière même mélangés aux débris granuleux et aux noyaux des cellules d'Heidenhain qui ont subi la désintégration totale. Enfin par places, dans quelques tubes contournés, quelques pneumocoques semblent entourer assez régulièrement un ou deux noyaux.
D'une façon générale il semble que là où les microbes sont en plus grand nombre les tubuli soient plus profondément allérés : ils sont plus dilatés ; l'épithélium plus tuméfié, plus fusionné, prend moins la matière colorante ; il a une teinte lavée générale sur laquelle tranche à peine la coloralion légèrement plus accusée des noyaux. Dans quelques tubules les noyaux des cellules ne se colorent plus du tout.
Dans la substance pyramidale il est difficile de distinguer les tubes droits qui ont desquamé des capillaires qui les côtoient. Les microbes siègent en nombre très variable d’ailleurs, suivant les endroits de la
coupe, dans le Lissu conjonctif interstitiel et dans les capillaires. Quelques tubes droits qui ont conservé leur épithélium en contiennent également soil le long de leur paroi, soit plus rarement dans leur lumière.
GHaT 4. — Section de la moelle entre la NI° et la NII vertèbres cervicales. — Injection intra-veineuse de À ce. de culture du bacille d'Eberth. — 15 heures de survie.— Lésions de néphrite diffuse. — Pas de microbes dans les coupes.
. 29 juillet, 4 h. 1/2. —- Section de la moelle. 1h. 40. — Injection de ! cc. de bouillon de culture du bacille d'Eberth dans la veine cruraie gauche. — Survie jusqu’au lendemain 9 heures. — Antopsie.
. Vessie contenait une certaine quantilé d’urine, mais l'ensemencement a été négalif.
Les cultures faites avec le sang de de la rateet des reins ont été
fertiles et ont donné le bacille d'Eberth pur. — Culture du sang du cœur stérile.
Reins. Congestionnés, volumineux, de consistance moindre qu'à Pétat normal. A la coupe la substance corticale est plus pâle que la substance pyramidale.
HisToLoGiE. — Glomérules sains pour la plupart. Dans quelques-uns les noyaux de la capsule sont plus saillants, plus nombreux. Légère prolifération également du côté du bouquet capillaire : rarement un exsudat granuleux réunit la capsule aux capillaires. L'inflammation du glomérule est en somme rare, et quand elle existe elle est très modérée. Par contre, les tubes contournés sont lésés sur presque toute l'étendue de la coupe. Dans la plupart, l’épithélium, tuméfié, fusionné, remplit complètement le calibre du tube. Les noyaux des cellules épithéliales plus nombreux ont moins d’affinité pour les matières colorantes. L’élat vacuolaire existe presque partout, mais plus accentué à certains endroits. Les vacuoles sont généralement de petites dimensions, souvent plus petites que les noyaux des cellules épithéliales ; elles siègent en aussi grand nombre sur la partie basale de l’épithélium que sur la partie qui regarde l'axe du tube. Dans quelques tubes contournés, la lumière, au lieu d’être diminuée par la tuméfaction de l'épithélium, est au contraire très largement augmentée par la desquamation qui respecte cependant le plus souvent la portion de la cellule
attenant au noyaux.
EM I0e-
Les tubes droits de la substance Rirnttess sont sains : l’ épithélium est intact, la lumière très régulière. -
Dans le tissu conjonctif les capillaires sont volumineux ; on yÿ constate également une abondante prolifération de noyaux Silon dans la substance corticale au niveau du pédicule vasculaire du glomérule.
Microges. -- Les cultures faites avec le sang du rein ont été positives, cependant la recherche des bacilles poursuivie dans de nom-
breuses coupes par le Kuhne et le Ziehl ne nous a donné aucun résultat.
Car 5. — Section du bulbe. {Trachéotomie préalable et respiration artificielle continuée pendant 3 heures.) — Injection intra-veineuse de bucille d'Eberth. — Lésions diffuses.— Pas de microbes dans les coupes.
27 juillet, 4 h. — Section du bulbe.
4 h. 10°. — Injection de fce. de culture d’Eberth dans la jugulaire gauche.
Th. — Auropsie. — Vessie, ne contenait pas d’urine.
Ensemencement du sang, du foie et des reins a été fertile, celui du sang du cœur n’a pas donné.
Reins. — Pâles, petits ; à la coupe les deux substances corticale et médellaire sont te pâles; entre les deux arcades, des vaisseaux se dessinent nettement. Quelques stries hémorrhagiques.
Hisrococie. — Les glomérules ne présentent à aucun endroit de la coupe trace de prolifération et de diapédèse. Mais par contre, dans quelques-uns les cellules plates nucléaires du bouquet sont très réfringentes, les noyaux se colorent à peine d’une façon plus intense que le protoplasma qui les entoure.
Les tubes contournés, dilatés, présentent un état vacuolaire généra-
lisé très prononcé. Las cellules épithéliales sont tuméfiées, peu dis- .
tinctes les unes des autres, leurs noyaux ont absolument perdu leur affinité pour la matière colorante. Aussi le plus souvent ne distinguet-on dans le tube contourné qu'une masse granuleuse uniforme, plus ou moins farcie de vacuoles de dimensions très variables. Souvent donc quelques tubes, les noyaux des cellules épithéliales qui se teintent
encore légérement par la matière colorante sont entourés d'une auréole claire très régulière.
Tubes droits sont sains. : A
Les capillaires des deux substances sont très congestionnés, foyers =. hémorrhagiques qui prédominent dons la substance corticale; pas TS ae . d’amas de noyaux dans le tissu conjonctif.
Micropes. — Les ensemencements faits avec le sang du rein ont été fertiles; par contre, il ne nous a pas été possible, pas plus que pour le
chat 4, de colorer le bacille d'Eberth dans les coupes du rein.