‹ Contribution à l'étude clinique de la grippe – grippe à déterminations méningéesChapitre 6 sur 36 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Historique.

On ne trouve aucune description de grippe, de fièvre catarrhale épidémique, comme on l’appelait à cette époque, avant le xvi° siècle, il faut arriver jusqu’en 1510 pour trouver les traces d'une épidémie de fièvre catarrhale.

En 1580, une épidémie de grippe a régné à peu près sur toute l'Europe ; en Saxe, elle a été observée par Henisch qui signala de la prostration extrême, des lipothymies ; à la même époque à Rome des malades présentèrent de la somnolence et de l’assoupissement continuels ; ces faits appelèrent l'attention de Sennert.

L’épidémie de 1691 revêtit, d’après Ozanam, des for mes graves avec mouvements convulsifs et soporosité.

C’est dans l’épidémie de l'hiver 1729, qui fut très meurtrière dans presque toute l’Europe, et surtout à Paris et à Londres, qu’on nota de nombreux symptômes cérébraux

Die et méningés, c'est-à-dire des vertiges, des pesanteurs de tête violentes, du délire, de l’insomnie. Les mêmes symptômes furent remarqués dans les épidémies de 1733 34 ; puis en 1737, on trouve l'indication de symptômes ataxo— adynamiques qui constituaient pour les auteurs de ces époques, une forme maligne de la grippe.

Dans les épidémies qui suivirent, celles de 1743, 1702, 1775, 1779, aucun phénomène nerveux à ajouter à ceux déjà cités plus haut, si ce n’est des toux sèches et convulsives, des apoplexies.

Il faut arriver à l'épidémie de 1837, pour bien voir que ce n’est pas tant l’élément inflammatoire ou catarrhal qui domine dans la grippe, mais l'élément nerveux; l’affaiblissement général avec douleurs vagues et céphalalgie intense, les vertiges, les vomissements, peuvent se montrer même en l'absence de fièvre, et ne sont souvent pas en rapport avec l’intensité médiocre des autres symptômes.

Cette prédominance des symptômes nerveux avait été notée par Landouzy, Raige Delorme et Graves disait à propos de l'épidémie de 1847 : que le poison qui cause l’influenza agit sur le système nerveux et tout particulièrement sur les nerfs des poumons.

D'après le D' Peyton Blakiston, l’influenza est une maladie du système nerveux avec troubles consécutifs dans les organes de la digestion et de la circulation, et connue vulgairement sous le nom de fièvre nerveuse. Landau, dans ses relations de la grippe de 1837, pense, que le système qui est primitivement et plus particulièrement attaqué par la grippe est le système nerveux : de là Ja faiblesse musculaire généralisée et la céphalalgie très vive ressentie par les malades.

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Nonat signala dans la grande épidémie de 1837, des observations où le type méningitique est pour la première fois mis en évidence.

Dans le compendium de médecine pratique, nous trouvons l'expression suivante : grippe convulsive, délirante; ces deux formes ne représentent vraisemblablement pas autre chose que la variété méningitique.

Gintrac de Bordeaux signale aussi dans l'épidémie de 1837 des phénomènes pseudo-méningitiques au début de la grippe.

À Londres en 1847, la grippe, au dire de Peacook, a donné naissance à des névralgies, à des congestions céré brales et à des méningites.

Le D' Come, médecin principal de l’armée a décrit une endémo-épidémie de fièvres catarrhales observée à l’hôpital militaire de Thionville (1868-70 et parmi les formes graves, 1l range les manifestations cérébrales, délirantes et comateuses.

En général, l’épidémie de l'hiver 1889-1890 a été remarquable surtout par Le rôle du système nerveux dans la pathogénie des accidents qu’elle a présentés.

Bilhaut publie de nombreuses observations de grippes compliquées d’accidents cérébro-spinaux, méningés transitoires ou permanents. Parmi les formes nerveuses de la grippe, Gaucher a observé le cas d’une petite fille de six ans atteinte d’accidents d'apparence méningitique qui disparurent au bout de vingt-quatre heures ; il a constaté dans la convalescence des troubles caractérisés par de l’angine précordiale et de l’irrégularité des battements du cœur et du pouls {Semaine Médicale, mars 1890).

Juhel-Renoy a été témoin chez une petite fille d’acci-

nt dents nerveux tellement accusés, qu’on la crut atteinte de méningite cérébro -spinale ; elle guérit parfaitement et en très peu de temps. |

Sévestre relate deux observations de ce genre.

Ferrand dit également que dans certains cas, les accidents ont pris l'apparence d’un syndrome méningitique sans avoir en réalité la gravité et la durée d’une inflamma tion des méninges.

D’après cet historique, nous sommes tenté d’admettre que la grippe est une maladie infectieuse, épidémique, contagieuse frappant d'élection : d’une part, le système nerveux de la vie de relation (encéphale, méninges, bulbe et moelle) et d’autre part, la muqueuse respiratoire ou la muqueuse gastro- intestinale.

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