‹ Contribution à l'étude clinique des formes anormales de septicémie éberthienneChapitre 7 sur 20 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Avant d'entreprendre la description de cette forme très anormale de septicémie éberthienne, qui fait plus particulièrement l’objet de cette étude, il nous semble nécessaire de jeter un coup d’œil sur les si nombreuses et si différentes manifestations pathologiques dues au bacille d’Eberth.

Si, en 1880, au moment de la découverte par Eberth du bacille qui porte son nom, on rendit celui-ci responsable de la seule dothiénentérie classique, les observateurs, armés de cet indiscutable critère qu’est la présence de l’agent spécifique dans les organes atteints, furent bientôt amenés à élargir considérablement le cadre des manifestations éberthiennes.

Alors, se multiplièrent les formes anormales de « fièvre typhoïde », et en 1896, la découverte par Widal du séro-diagnostic apporta une preuve de plus et permit au clinicien lui-même de dépister plus

souvent l’origine éberthienne d’affections à symptomatologie soit extrêmement fruste, soit extrêmement atypique.

Ces formes anormales déroutaient d’ailleurs les cliniciens, car, quoique, dès 1886, Neuhaus, puis Curshmann aient décelé le bacille dans les taches rosées, quoique Bouchard, Seitz, Berlioz, en aient constaté la présence dans les urines des malades, LA FIÈVRE TYPHOÏDE ÉTAIT CONSIDÉRÉE AVANT TOUT COMME UNE AFFECTION LOCALE À RETENTISSEMENT GÉNÉRAL.

Shotmüller, un des premiers, commença à ébranler la créance prêtée universellement à la loi de Wyssokovitch, Barjon et Lesieur (in Journal de Path. gén. et Physiol., 1902), attirèrent également l’attention sur les résultats positifs de l’hémoculture, et Courmont enfin (1902) montra la constance de cette éberthémie. |

Ces observateurs prouvèrent en outre que la présence du bacille infectant pouvait être décelée dans le sang, avant l'apparition de n’importe quelle manifestation viscérale pathologique.

La notion de septicémie éberthienne était née, et Bezançon et Philibert s’appuyant sur leurs propres observations, sur d’autres fournies notamment par Courmont, qui venait de perfectionner encore la technique d’ensemencement, par Widal, Lutier et Lemierre, purent écrire :

« La présence du bacille d'Eberth est constante

dans le sang des typhiques, si légèrement atteints qu’ils paraissent. » Cette notion ferme leur permit

SES om

d'adopter une conception pathogénique neuve et de conclure :

« DANS TOUS LES CAS L'INFECTION EBERTHIENNE EST UNE INFECTION GÉNÉRALE, AVEC OU SANS LOCALISATIONS SECONDAIRES SUR L’INTESTIN, et non une infection primitive, localisée au système lymphoïde intestinal, s’accompagnant secondairement de septicémie.

Cette conception adoptée également par M. le Professeur Audibert dans son livre sur le « Processus Eberthien » (1909), permet de ranger sur un même plan que la dothiénenterie les nombreux cas signalés dès 1886 « d’atteintes Eberthiennes localisées à un seul organe en dehors de toute typhoïde, affections qui ne sont, comme la typhoïde elle-même, que des modalités de la septicémie KEberthienne, modalités toutes en rapport évidemment avec :

1° La virulence du germe.

2° La résistance et les réactions de l’organisme en général et des organes en particulier.

Et c’est d’après ces données, et en nous plaçant avant tout au point de vue clinique, que nous allons tout d’abord classer brièvement les « Processus Eberthiens » pour situer exactement dans son cadre nosologique ce type si anormal de septicémie à bacilles d’Eberth, dont nous rapportons une observation.

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FRA PEUCCE

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