‹ Contribution à l'étude clinique des laryngites rubéoliquesChapitre 13 sur 26 · PÉRIODE D'INVASION · texte numérisé non relu

PÉRIODE D'INVASION

Étudions tout d’abord les accidents de la période d’invasion, la laryngite précoce ou primitive. Anatomiquement, il nous semble que cette laryngite n’est que l'extension à la muqueuse laryngée des phénomènes congestifs que l’on remarque le plus souvent sur les autres muqueuses. Il n’y a qu’une simple rougeur avec hyperhémie et gonflement de la muqueuse. A ce degré la laryngite ne doit pas être appelée une complication ; mais elle entraîne avec elle une modification de la muqueuse qui fait de cette membrane un lerrain {out préparé pour diverses formes de laryngites graves qui deviennent alors de vraies complications rubéoliques.

Au point de vue clinique, celte laryngite se traduit par une toux sèche, courte ou prenant déjà un caractère tout particulier de sonorité et de raucité ; elle peut même deve-

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nir dans certains cas quinteuse, férine. Quant à la voix, elle est le plus souvent normale, plus rarement enrouée, voilée, quelquefois même éteinte. On voit déjà que la lésion sera très variable selon les sujets. Il n’y a pas ou très peu de dyspnée.

En résumé, ici rien de bien saillant. Cependant chez les enfants impressionnables et prédisposés aux spasmes, il peut se développer des accès de laryngite striduleuse. Mais il n’y a pas à s'occuper des allures bruyantes que la maladie semble affecter, car rien par la suite ne les Justifiera. Trousseau avait déjà signalé ces accès. Nous dirons seulement que c’est surtout chez les jeunes enfants, au-dessous de sept ans, que se montre cette laryngite. Elle peut annoncer parfois le début de la maladie; mais elle est assez rare et en relation très probablement avec des conditions étiologiques spéciales, dues d’après Rilliet et Barthez au sexe et à l’âge des petits malades. Après quelques instants d’angoisses, dit Trousseau, plus terribles peut-être pour le cœur d’une mère que compromettantes pour la vie de l'enfant, les accidents se calment seuls.

Quelquefois, cependant, on constate des accès lépétés) caractérisés par une oppression formidable, accompagnée de toux rauque et d'inspiration sifflante ; en un mot les symptômes de la laryngite striduleuse. Or, on pourrait très bien la confondre avec cette dernière maladie, surtout lorsqu'elle apparaît avant l’éruption, ce qui est le cas le plus fréquent. Il ÿ a cependant des signes qui feront distinguer la laryngite grave dont nous nous occupons du faux croup. Et d’abord, dans le faux croup, les accès surviennent brusquement, sans être précédés de fièvre et de

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phénomènes du côté des voies respiratoires ; dans notre laryngite, au contraire, il y à eu avant l'accès de la fièvre, de la toux, souvent tous les phénomènes d’invasion de la rougeole. La rémission n’est pas complète après l'accès, tandis qu'elle l’est entièrement dans la laryngite striduleuse. Dans cette dernière, les accès sont peu fréquents et se montrent le plus souvent pendant la nuit ; dans la laryngite érythémateuse, ils se développent indifféremment le jour et la nuit et sont toujours plus fréquents. La laryn gite dont nous venons de parler est en quelque sorte une forme plus grave de la laryngite dont parlent Rilliet, Barthez et Trousseau.

Comme nous venons de le dire, ces accidents ouvrent quelquefois la scène, plus souvent ils éclatent vers le deuxième ou le troisième jour et précèdent l’éruption de 24 à 48 heures, Quelquefois encore, la toux rauque, sans accès de suffocation, peut être le seul prodrome de la période d’invasion. M. Moynier cite un cas dans lequel une toux férine, incessante, croupale fut pendant huit jours le seul phénomène précurseur.

Dans un autre fait, une hystérique eut pendant 72 heures une toux purement hystérique ; le lendemain la fièvre survint, puis l’éruption qui dura 4 jours ; à ce moment la toux reprit, mais fut exclusivement catarrhale.

Citons encore le fait suivant. Chez une fille qui avait eu la coqueluche un an auparavant, la toux des prodromes prit le caractère quinteux et sifflant propre à la coqueluche.

Quoi qu'il en soit de ces manifestations laryngées prodromiques, elles sont très fréquentes, si fréquentes même, dirons-nous, que lorsqu'en temps d’épidémie un enfant

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