‹ Contribution À L'Étude Clinique Des Névrites Et Des PolynévritesChapitre 13 sur 14 · PARTS · texte numérisé non relu

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Deux mois après l’apparilion de ces symptômes le malade cormmence à se plaindre de douleurs avec gonflement au talon gauche. Cette douleur s'étend au pied droit el au genou gauche affectant un caractère gravatif. Ces phénomènes douloureux coincidaient ou alternaient avec ceux du bras. A cette époque j'observai une véritable hyperpalsie de la peau ayant tout les caractères d’une infiltration gommeuse de la peau et du tissu sous- jacent ainsi qu'une périostite du crâne occasionnant une céphalalgie intolérable.

A la fin de l’ännée 1890 l’anesthésie et l’analgésie complètes à la face externe, partielles à la face interne des bras, avaient atteint les épaules. A la région scapulaire gauche il y avait.une zone d’anesthésie, Pendant toute cette période, malgré les troubles graves de ia sensibilité, la motilité était intacte.

En février 1891, on observe de nouveaux symptômes, l’analgésie s'étend des orteils jusqu’au ligament de Poupart, sur la face antéro-externe des membres inférieurs. En certains points, sans qu’on puisse savoir pourquoi, la sensibilité à la pression est conservée. Les bras sont toujours analgésiés, le plexus brachial palpé dans le creux axillaire. Il semble au malade que tous ses membres sont comme morts.

En juillet de la même année on note des altérations dégénératives des doigts de la mains avec une nécrose consécutive de tous les tissus dûs aux traumatismes fréquents chez le malade

par suite de l’anesthésie de ces parties. Le même processus né-

-crobiotique s'établit aux orteils. La maln droite perdit totale-

ment la dernière phalange de l'index, la dernière phalange du petit doigt. la dernière et une partie de la deuxième phalange

du médius. A la main gauche, le pouce et l'index perdent leur

ongle ; on ampute toutes les phalanges du médius. Les autres

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doigts restèrent intacts aux deux mains. Au pied les lésions épargnèrent le squelette ; aussi, n’y eut-il pas de mutilation mais simplement des difformités à cause de la rétraction des tendons fléchisseurs. | Peu à peu, leslésions cessèrent sous l'influence d’un traitement approprié (antiseptiques). Actuellement, le malade ne présente rien de particulier : bon élat général, état mental sain. Il peut mouvoir ses bras et ses jambes ; le sens musculaire est intact, pas d’ataxie. Seule, la sensibilité n’a pas reparue ; au tronc même elle est émoussée. Pas de réflexe plantaire ; mais le reflexe rotullien est normal. Pas de troubles de là vue ni du

goût. La céphalée est restée presque constante (1).

1. Nous devons la traduction de cette observation dont il n’existe en France que des extraits courts et mal faits à l’obligeance de notre

ami M. César Roux interne au Dispensaire Furtado-Heine.

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