‹ Contribution à l'Étude Clinique des Procidences du CordonChapitre 6 sur 31 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Les Procidences : question bien rebattue, sur laquelle il peut paraître prétentieux, à priori, d'apporter des notions nouvelles,

Cependant si l’étiologie ne s’est guère modifiée, si la pathogénie conserve les mêmes inconnues et pourrait appeler d’autres hypothèses, la thérapeutique a dû bénéficier des progrès réalisés en cette matière. Aussi, M. le Professeur RIVIÈRE nous a-t-il demandé de comparer les résultats actuels à ceux consignés dans la thèse de DAGORN, soutenue à Bordeaux en 1933, sur Le même sujet.

Les procidences revétent, en effet, un intérêt tout particulier; il nest que d'envisager le pronostic de cette affection.

Si les anciens auteurs accusaient des chiffres impressionnants de mortalité fœtale, de l'ordre de 60 à 90 %, il n'en est heureusement plus de même de nos jours. DAGORN ne trouvait plus que 30 % de décès environ. Ces chiffres n'ont guère diminué actuellement et nous apparaissent encore comme beaucoup trop élevés.

Un quart des enfants, ou peu s’en faut, qui présentent une Procidence du cordon, est donc voué à une mort cerlaine, bien qu'il s'agisse le plus souvent d'enfants assez beaux et dont rien d'autre ne peut être tenu pour responsable de leur mort.

Actuellement, où le problème démographique se pose avec acuité, cette morti-natalité mérite encore davantage que l'on s'y arrête et que l'on mette tout en œuvre pour la réduire encore.

Si la mortalité fœtale, dues aux procidences, a pu diminuer depuis le temps de M LA CHAPELLE, c'est que probablement la thérapeutique s'est améliorée, mais aussi que le diagnostic en à été fait plus souvent. Ainsi-M”° LA CHAPELLE n'accusait qu'une procidence sur 512 accouchements dans une de ses statistiques, mais elle s'empressait d'ajouter qu'il avait dû y avoir des omissions; dans une statistique ultérieure, elle donne le chiffre de 1 pour 147. RIBEMONT-DESSAIGNES donnait 1 pour 250; DA- GORN donne 1 pour 200. Pour notre part, nous avons trouvé 1 pour 100 environ, comme résultat à l'Hôpital André-Boursier. Il est vrai qu'un Hôpital draine toujours une forte proportion de dystocies ce qui suppose un chiffre moins élevé en clientèle privée. Il n'en reste pas moins vrai qu'on doit systématiquement y penser si l'on veut faire le diagnostic et adopter rapidement une bonne conduite.

C'est pourquoi tout notre effort portera sur le diagnostic des procidences et la conduite à tenir.

Pour mener à bien ce travail, nous avons étudié les 154 cas de procidence du cordon sur 16.550 accouchements qui se sont produits dans le service d'accouchements de notre Maitre, le Professeur Marc RIVIERE, à l'Hôpital André- Boursier, du 1* janvier 1932 au 31 octobre 1947.

Le terme de «Procidence » s'appliquant plus particulièrement à la descente du cordon au devant de la présentation, il risque d'y avoir confusion dans les esprits lorsque ce mot est employé d'une facon générale pour désigner aussi bien un cordon descendant à côté de la présentation sans la dépasser (latérocidence), qu'un cordon se trouvant au devant de la présentation alors que les membranes sont intactes (procubitus). C’est pourquoi nous proposons d’englober ces différentes formes de « Cordons qui descendent avant leur tour » (METZGER) sous le terme générique de « Concidences », réservant celui de procidence au cas bien particulier qu'il représente.

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ETIOLOGIE

"H existe, à l’origine des concidences, d’une part des causes efficientes, déterminantes, et d’autre part des conditions favorisantes.

Il est difficile de découvrir avec certitude la cause efficiente sauf dans le cas où elle est flagrante : la rupture intempestive, spontanée ou artificielle, des membranes, par exemple; mais toutes les autres causes efficientes sont souvent inconnues.

Par contre, les conditions favorisantes sont assez bien connues depuis longtemps. M"° LA CHAPELLE disait déjà « Tout ce qui contribue à rendre plus mobiles les membres et la totalité du fœtus, comme son petit volume et la surabondance des eaux de l’amnios, dispose nécessairement aux procidences. Une autre cause tient à la position du fœtus, lorsque par exemple elle est telle qu’elle l'empêche de s’engager dans l’excavation ».

Nous résumerons cela en disant que tout ce qui s’oppose à une bonne accomodation du fœtus prédispose aux concidences.

Nous basant sur nos observations, nous allons passer en revue les différentes causes et conditions favorisantes que nous aurons pu rencontrer et nous comparerons leurs pourcentages à ceux des autres auteurs, chaque fois que cela paraîtra intéressant.

Pour rester sur un terrain pratique, nous diviserons celles-ci en conditions fréquentes et conditions rares.

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