‹ Contribution à l'étude clinique du phényléthylbarbiturate de brucineChapitre 34 sur 37 · OBSERVATION IV · texte numérisé non relu

OBSERVATION IV

M. Duc, 34 ans, agriculteur, présente des stigmates d’éthylisme; son foie est gros, il déborde les fausses côtes de trois centimètres. Il a un tremblement net des mains, des varicosités aux pommettes et un œdème assez important des paupières.

Depuis trois mois, sans épisode aigu, il se trouve très fatigué.

Il est, en même temps, irritable, insomnique; ceci est lié sans doute à la consommation exagérée de vin; il avoue en boire trois litres par jour.

On administre le phényléthylbarbiturate de brucine à la dose de trois pilules par jour, le matin, à midi et le soir.

Nous ne pouvons pas affirmer une amélioration de son asthénie ni sédation de ses phénomènes nerveux,

le malade paraissant toujours être dans le même état.

OBSERVATIONS V et VI

Chez deux convalescents de grippe, à qui nous avons donné le phényléthylbarbiturate de brucine à la dose

At

de trois pilules par jour, les résultats n’ont pas été nets et nous n’avons pas pu constater une action thérapeutique favorable.

En résumé, le phényléthylbarbiturate de brucine, dont nous avons étudié l’action thérapeutique sur 27 malades, nous a donné, dans l’ensemble, des résultats heureux, parfois même imprévus.

L'action tonifiante de la brucine a pu se manifester avec plus d'intensité, grâce à la sédation des phénomènes nerveux ou douloureux. Ainsi, des cancéreux inopérables ont pu dormir et voir leur état s’améliorer, provisoirement du moins; des récents opérés ont pu reprendre leurs forces plus rapidement. D’autres, des insomniques en particulier, ont retrouvé une vie normale.

Cependant, dans quelques cas, l'effet thérapeutique du médicament a été douteux, soit que, par négligence ou par les obligations de leurs professions, certains malades aient suivi le traitement irrégulièrement, soit aussi que nous ayons ordonné des doses insuffisantes (2 à 3 centigrammes par jour). En effet, lorsque nous avons donné 4 à 5 centigrammes par jour, nous n’avons pas enregistré d’insuccès.

Plusieurs fois, les malades sont venus nous trouver, nous demandant de refaire le traitement pour maintenir

leur amélioration.

MA Rural

Nous n’avons jamais observé la moindre intolérance et, en particulier, jamais de phénomènes de strychnisme. Certains malades, chez qui l’asthénie se présentait sans phénomènes d’excitabilité, ont été favorablement influencés par le phényléthylbarbiturate de brucine, ce qui montre que l’action sédative du médicament ne fait

courir aux sujets traités aucun risque de dépression.

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