OBSERVATION IX
Décollement pur ; déplacement complet.
Décollement périostique
René M..., 11 ans.
Pas d’antécédents héréditaires ni personnels intéressants à signaler. |
Le 28 janvier 1912, l'enfant qui s'était suspendu à l'arrière d’une voiture en marche, a la jambe droite engagée dans les rayons d'une roue.
ILtombe, est aussitôt relevé et incapable de se tenir debout doit être transporté à son domicile. Il est amené aux Enfants-Malades quelque temps après:
En découvrant l'enfant pendant qu'il raconte l'histoire de son accident, on est aussitôt frappé par l'existence d'une tuméfaction assez marquée el occupant la région du genou ainsi que l'extrémité inférieure de la cuisse droites.
Sa pariie antérieure est particulièrement saillante en bas. Au-dessus se voit une dépression en coup de hache. Pas d'autre déformation apparente.
On ne trouve pas trace de contusion, ni en cette région,ni
ailleurs et il n’y a pas de plaie.
- Le membre inférieur n’a pu faire aucun mouvement. Il est
actuellement dans l’immobilité absolue et toute tentation prudente de mouvement au niveau de l'articulation du genou arrache des douleurs à l'enfant.
On procèdeavec douceur à la palpation.. Celle-ci montre l'existence, en arrière, d’une saillie osseuse qui tend à soulever les téguments de la région poplitée. Elle est en continuité avec la diaphyse fémorale.
En avant, on sent au palper l’épiphyse inférieure reconnaissable encore, à un examen soigneux,aux masses des condyles fémoraux, Mais il est presque impossible de rapporter leur position au fragment supérieur sur lequel s'appuie Pépiphyse. Celle-ci toutefois semble être complètement refoulée en avantet avoir perdu tout contact avec la surface de séparation interfragmentaire.
La rotule est reconnaissable en avant de l'épiphyse.
Les doigts, s’enfonçant progressivement dans la dépression en coup de hache signalée,ne donnent aucundétail intéressant.
La pression à ce niveau est seulement douloureuse. Elle l’est également en arrière sur le fragment diaphysaire au point saillant indiqué.
En remontant sur celui-ci on ne trouve pas d'autre signe de fracture. Le squelette de la jambe,lui-même, paraît intact.
L'état du membre inférieur est bon. Il a conservé sa coloration normale. Le poulsest perceptible aux artères pédieuse et tibiale. |
Il n’y à pas, d'autre part, de troubles de la sensibilité du membre.
Radiographie, le 29.—Elle montre qu’il s’agit d'un décolle-
ment épiphysaire de l'extrémité inférieure du fémur droit.
Déplacement presque complet. La diaphyse est en arrière, l'épiphyse en avant. On note l'existence d’un décollement périostique sur la face antérieure de la diaphyse.
On tente la réduction par manœuvrés externes, sous anesthésie. Et l’on applique un plâtre en extension.
La radio faite quelques jours après montre qu'on a obtenu une assez bonne réduction. Il s’est formé, en avant, de l'os nouveau.
Le 22 février, ablation du plâtre.
Cal perceptible en avant, non exubérant .
Mouvements articulaires conservés.Flexion du genou dans de bonnes conditions. Station debout et marche convenables. La radio montre que la coaptation s’est bien maintenue. Il y a en avant, dans l’espace interfragmentaire, développement d'os nouveau.
Quitte l'hôpital le 27 février.
N’a pas répondu aux convocations qui lui ont été adressées.
LA À ù Ü
‘De l'étude que nous avons faite des décolleraanits épi-
A physaires de l'extrémité inférieure du fémur et de leurs
> résultats éloignés, en particulier, nous pouvons prati- | S quement tirer les quelques conclusions suivantes : k do La réduction précoce par manœuvres externes et " par flexion brusque du genou donne souvent des succès. ‘529 Lorsqu elle est DRE surtout, elle peut entraîner des troubles ostéogéniques importants pour l'avenir fonctionnel du membre. F #99 Une ostéotomie sus-condylienne peut alors être indiquée pour parer au développement ultérieur possible d'un valgus. | | |
4 Quelquefois la réduction sanglante sera indiquée.
5° L'opération secondaire après consolidation vicieuse consistera dans l’abrasion large du fragment diaphy-
saire saillant dans le creux poplité.
Vu : le Président de la thèse A. BROCA Vu ::le Doyen.
LARNAUDE Vu et permis d’imprimér :
Le Recteur de l’Académie de Paris,